
Dans le village de Zenam Kelouri, des soldats nigériens mènent une démonstration de force dans le cadre de leur lutte contre Boko Haram. Image de VOA/Nicolas Pinault sur Wikimedia Commons (Domaine public).
Par Adanna Omeye
La sécurité nationale est étroitement liée au développement d’un pays. Sans un système de sécurité efficace, une nation risque de voir diminuer les investissements étrangers, de connaître une instabilité économique, des violations des droits de l’homme, la fuite des compétences, et surtout, des pertes de vies humaines et leurs biens.
Malgré ses riches ressources naturelles et sa population diversifiée, le Nigeria est toujours confronté à de sérieux problèmes de sécurité. D’après l’indice mondial de la paix en 2024, le pays occupe la 147e place sur 163 au niveau mondial, et la 38e sur 44 en Afrique. Ces classements révèlent un climat de violence et d’instabilité constant, ce qui freine le développement du pays.
Points saillants du programme « Espoir renouvelé » du Président Tinubu
Le Président Bola Ahmed Tinubu a célébré sa deuxième année à la tête du pays, le 29 mai 2025. Selon The Cable News, son programme « Renouveau de l’Espoir » axé sur le renforcement de la sécurité nationale pour garantir paix et prospérité a enregistré plusieurs résultats majeurs : la neutralisation de 543 criminels violents, l’arrestation de 17 469 individus et la libération de 9 821 otages. Par ailleurs, les forces de sécurité ont saisi 11 118 armes ainsi que 252 596 munitions de calibres divers. Afin d’améliorer leurs capacités opérationnelles, le gouvernement fédéral a également acquis plus de 25 hélicoptères et avions, ainsi que plus de quatre navires militaires.
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Hausse du taux de criminalité et multiplication des attaques à travers le pays
Au-delà de l’absence de guerre et de conflits, la paix implique également l’absence de criminalité. Malheureusement, cet aspect de la paix reste un défi au Nigeria, en raison de l’augmentation du taux de criminalité à travers le pays.
Selon l’Indice mondial du crime organisé, le score de criminalité du Nigeria est passé de 7,15 en 2021 à 7,28 en 2023. Le pays se positionne désormais au 6e rang mondial, au 2e en Afrique et au 1er en Afrique de l’Ouest pour la prévalence de la criminalité. Cette situation s’explique principalement par l’insurrection, la traite des êtres humains, les enlèvements, l’extorsion et le racket de protection. Parmi ces fléaux, Boko Haram, un groupe djihadiste militant actif dans le Nord-Ouest du Nigeria depuis plus de 20 ans, représente une menace particulièrement grave.
Ce groupe islamiste militant reste l’un des plus meurtriers au monde, cherchant à renverser le système démocratique laïc du Nigeria pour l’instaurer sous la loi islamique. En 2024, le Nigeria figure parmi les dix pays les plus touchés selon l’Indice mondial du terrorisme (GTI). En 2023, le pays a connu sa première hausse des attaques violentes depuis trois ans, ainsi que le plus grand nombre de morts liées au terrorisme depuis 2020. Cette montée de la violence s’explique en partie par les affrontements entre Boko Haram et sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), actifs dans le Nord-Est et le sud du bassin du lac Tchad.
On May 12, 2025, Boko Haram insurgents attacked a military base in the Marte Local Government Area (LGA), resulting in the deaths of both soldiers and civilians. In a remarkable demonstration of leadership, Borno State Governor, Babagana Zulum, personally visited the crisis zone and spent the night in the embattled town, coordinating relief and security efforts. His action drew widespread praise, including from former presidential candidate Peter Obi, who posted on X saying:
Le 12 mai 2025, des insurgés de Boko Haram ont attaqué une base militaire dans la zone de gouvernement local (LGA) de Marte, faisant plusieurs morts parmi les soldats et les civils. Faisant preuve d’un leadership exemplaire, le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, s’est rendu sur place et a passé la nuit dans la ville assiégée pour coordonner les opérations de secours et de sécurité. Cette démarche a été largement saluée, notamment par l’ancien candidat à la présidentielle Peter Obi, qui a publié sur X :
The security situation in Borno State is concerning and very unsettling. What is happening in the Marte area of the state is not just a local emergency; it is a national alarm bell that must not be ignored. Governor Babagana Zulum, by choosing to spend the night in a town under threat, has once again demonstrated what leadership should look like: present, proactive, and people-centred. His courage is not for commendation alone; it is a challenge to those in authority to match words with decisive action.
La situation sécuritaire dans l’État de Borno est très préoccupante. Ce qui se passe dans la région de Marte dépasse le cadre d’une simple urgence locale : c’est un signal d’alarme pour tout le pays. En passant la nuit dans une ville menacée, le gouverneur Babagana Zulum a montré un leadership exemplaire, à la fois présent, engagé et proche des habitants. Son courage n’est pas seulement à saluer, il doit aussi encourager les autorités à passer des paroles aux actes concrets.
Parmi les autres États affectés par l’insurrection de Boko Haram figurent Yobe, Adamawa, Gombe, Bauchi, Kano, Niger et Kaduna. La notoriété du groupe s’est particulièrement renforcée après l’enlèvement de plus de 250 écolières à Chibok en 2014. Depuis 2007, le Nigeria a déploré au moins 11 299 morts liés au terrorisme.
Au-delà des violences liées aux groupes insurgés, d'autres enjeux sécuritaires majeurs subsistent, notamment les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs. En janvier 2024, ces affrontements ont fait au moins 30 morts et plus de 100 blessés. L'État de Benue a été particulièrement touché par une escalade de la violence : 11 personnes ont perdu la vie lors d’une attaque contre la communauté d’Afia, tandis que 42 autres ont été tuées dans des attaques coordonnées visant quatre localités supplémentaires — Tyolaha, Tse-Ubiam, Ahume et Aondona.
Les mouvements séparatistes ont provoqué d’importantes perturbations économiques, tandis que les activités d’hommes armés non identifiés, le vol massif de pétrole, le sabotage des pipelines ainsi que les enlèvements et actes de banditisme représentent autant de menaces supplémentaires pour la stabilité nationale.
Les impacts envers les citoyens et l'économie
La nécessité de renforcer la sécurité nationale du Nigéria ne saurait être trop soulignée, compte tenu de ses répercussions sur l’économie. Dans les régions du Centre-Nord et du Nord-Ouest, où l’insurrection est la plus répandue, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays est passé de 1 087 875 en octobre 2022 à 1 302 443 en mars 2024. Ce déplacement réduit non seulement le potentiel productif des communautés touchées, mais perturbe également la scolarité des enfants pris dans les conflits. Par ailleurs, l’insécurité décourage les investissements, tant étrangers que nationaux. Aucun investisseur ne souhaite opérer dans un environnement imprévisible et dangereux.
L’insécurité affecte également le quotidien des populations, les contraignant à vivre dans la peur et à adopter des modes de vie restreints. Un exemple frappant est la décision du gouverneur Mohammed Bago d’interdire les dreadlocks dans l’État du Niger, dans le but de lutter contre le culte et les pratiques sectaires. Bien que cette mesure parte d’une bonne intention, elle suscite souvent un fort mécontentement au sein de la population, car elle est perçue comme une atteinte aux libertés individuelles.
L’administration du Président Tinubu a réalisé des progrès importants dans la lutte contre l’insécurité, en combinant des approches militaires et non militaires. Cependant, il est essentiel d’adopter des actions plus efficaces, des stratégies mieux adaptées et des méthodes plus robustes pour répondre de manière urgente et appropriée aux problèmes d’insécurité profondément enracinés au Nigéria.






