
Farine de manioc et de pommes de terre emballée. Photo de Bonface Orucho. Utiliséé avec permission.
Ce récit a été écrit par Bonface Orucho et initialement publié par Bird Story Agency le 28 juillet 2026. Cette Ce version révisée est republiée ci-dessous dans le cadre d'un accord de partage de contenu. Il fait également partie de la série Spotlight d'août 2026 de Global Voices,“droit des peuples eb français.” Vous pouvez soutenir cette couverture en faisant un don ici
Le blé a longtemps dominé les boulangeries africaines. Mais à l'intérieur de la boulangerie Kirsten de Nairobi, les étagères présentent de plus en plus de pains, de gâteaux et de pâtisseries fabriqués à partir d'ingrédients naturellement sans gluten tels que le manioc, millet, et sorgho.
La boulangerie est un exemple d'un changement plus large qui se déploie à travers l'Afrique, où l'évolution des préférences des consommateurs crée de nouvelles opportunités commerciales pour les entrepreneurs, les scientifiques de l'alimentation et les fabricants afin de transformer les cultures indigènes en produits alimentaires de qualité supérieure.
L'appétit croissant pour les aliments sans gluten n'est pas uniquement motivé par une nécessité médicale, comme la maladie cœliaque, qui rend les gens intolérants au gluten, explique Judith Moraa, nutritionniste basée à Nairobi :
De nos jours, les gens choisissent des aliments sans gluten non seulement parce qu'ils sont atteints de la maladie cœliaque, mais aussi parce qu'ils sont sensibles au gluten et subissent des réactions allergiques après avoir consommé des produits qui en contiennent.
Elle a noté que l'élimination du gluten n'est pas, en soi, une stratégie de perte de poids, expliquant que de nombreux consommateurs associent à tort le blé à la prise de poids alors que ce sont les autres facteurs, tels que l'excès de calories provenant des matières grasses et des sucres ajoutés lors de la préparation des aliments, qui sont à blâmer
Pour les consommateurs qui tolèrent le gluten, Moraa affirme qu'il n'y a aucune raison médicale de l'éliminer complètement. Cependant, elle ajoute que les cultures indigènes naturellement sans gluten, comme le manioc, le millet et le sorgho, offrent de précieux avantages nutritionnels car elles sont riches en fibres alimentaires qui favorisent la digestion.
Ces préférences alimentaires changeantes se traduisent de plus en plus par des opportunités commerciales.
Le marché mondial des produits de boulangerie sans gluten était évalué à environ 2,6 milliards de dollars américains en 2025 et devrait atteindre 7,38 milliards de dollars américains d'ici 2034, selon Fortune Business Insights, reflétant la demande croissante de produits de boulangerie spécialisés.
Bien que l'Europe et l'Amérique du Nord continuent de dominer une grande partie du marché, les entreprises africaines positionnent de plus en plus les cultures indigènes comme des alternatives locales capables d'approvisionner à la fois les consommateurs nationaux et les marchés Internationaux.
Pour de nombreux fabricants de produits alimentaires africains, les cultures indigènes offrent des avantages qui vont au-delà de la nutrition. Le manioc, millet et le sorgho peuvent souvent être approvisionnés localement, réduisant ainsi la dépendance au blé importé tout en renforçant les chaînes de valeur agricoles nationales. Bon nombre de ces cultures sont également plus résistantes à la sécheresse et aux changements climatiques, ce qui les rend de plus en plus attrayantes alors que les gouvernements recherchent la sécurité alimentaire parallèlement au développement industriel.
Rendre les ingrédients africains sans gluten compétitifs
Rendre les ingrédients africains sans gluten compétitifs
Des chercheurs développent déjà des technologies qui pourraient rendre les ingrédients africains sans gluten plus compétitifs sur le marché international.
A l’Université de Pretoria, Daddy Kgonothi, chercheur en sciences alimentaires, a mis au point un concentré de protéines de haricot marama modifié, en instance de brevet, conçu pour améliorer la qualité et l'accessibilité des produits de boulangerie sans gluten.
Les haricots de Marama légumineuses résistantes à la sécheresse et riches en nutriments originaires d Afrique australe, sont utilisés pour relever l'un des plus grands défis techniques et commerciaux auxquels est confrontée la boulangerie sans gluten: reproduire la structure, l'élasticité et la texture moelleuse que le gluten apporte naturellement au pain. Kgonothi a noté :
Un nombre croissant de consommateurs atteints de la maladie cœliaque ne peuvent pas consommer d'aliments contenant du gluten, comme le pain, et dépendent donc de produits sans gluten alternatifs. Cependant, de nombreux produits sans gluten disponibles dans le commerce sont chers en raison du grand nombre d'ingrédients nécessaires pour obtenir la qualité de produit souhaitée.
L'invention, issue des recherches doctorales de Kgonothi et actuellement au stade de prototype avec une demande de brevet déposée, est destinée aux fabricants de produits alimentaires produisant des produits de boulangerie sans gluten. Il a ajouté :
J'espère que cette invention atteindra finalement les parties prenantes concernées, en particulier celles activement impliquées dans l'industrie des biens de consommation courante (FMCG).
Transformer les pommes de terre en aliments sans gluten
Des chercheurs sud-africains explorent également des moyens de transformer des pommes de terre rejetées pour des raisons esthétiques en aliments sans gluten de qualité supérieure, créant ainsi de nouveaux marchés pour des produits qui seraient autrement gaspillés.
Selon Potatoes South Africa, environ 140 000 tonnes de pommes de terre d'une valeur d'environ 759 millions de rands sud-africains (46,92 millions de dollars américains) sont rejetées du marché formel chaque année parce qu'elles ne répondent pas aux normes esthétiques des détaillants, bien qu'elles soient propres à la consommation.
Des chercheurs étudient actuellement comment ces pommes de terre peuvent être transformées en farine sans gluten et en d'autres produits à valeur ajoutée. A L'université Stellenbosch ,Tanja du Toit, chercheuse en sciences alimentaires, a mis au point des pains, des muffins et des crêpes sans gluten à partir de farine de pomme de terre reformulée, surmontant ainsi l'un des plus grands obstacles techniques de la boulangerie sans gluten. Elle explique :
La farine de pomme de terre est naturellement sans gluten, ce qui représente une énorme opportunité pour le développement de produits, notamment avec des pommes de terre de qualité inférieure, car les défauts des pommes de terre sont masqués lorsqu'elles sont transformées en farine.
À l'Université de Pretoria, des chercheurs ont également mis au point des plats cuisinés sans gluten, notamment des lasagnes au bœuf et aux pommes de terre, à partir de pommes de terre de qualité inférieure.
Des essais auprès des consommateurs ont révélé que la volonté d'acheter les produits augmentait considérablement une fois que les consommateurs apprenaient qu'ils contribuaient à réduire le gaspillage alimentaire, ce qui suggère que la durabilité devient un facteur important des décisions d'achat, parallèlement à la demande croissante d'aliments sans gluten pratiques
Les chercheurs pensent que de telles innovations pourraient créer de nouvelles chaines de valeur pour les pommes de terre auparavant considérées comme des déchets, améliorant ainsi les revenus des agriculteurs tout en approvisionnant le marché en expansion des produits alimentaires sans gluten.
Les opportunités commerciales
Les gouvernements commencent également à mettre en place les fondements institutionnels du secteur
Le Nigeria a récemment obtenu l'approbation de la Commission du Codex Alimentarius pour diriger l'élaboration d'une norme internationale pour les farines de racines et de tubercules, notamment la farine de manioc, d'igname et de patate douce.
Des évolutions similaires émergent sur tout le continent. Le manioc est de plus en plus transformé en farine sans gluten en Afrique de l'Ouest et centrale, tandis que le sorgho et le millet trouvent de nouvelles applications dans les aliments de spécialité en Afrique de l'Est et australe
Le teff Ethiopian s'étend également au-delà de son marché régional traditionnel. En février, British International Investment a investi 5 millions de dollars américains dans Lovegrass Ethiopia pour développer la production d'aliments à base de teff destinés aux marchés nationaux et d'exportation, soulignant la confiance croissante des investisseurs dans les céréales indigènes.
La culture commence également à se répandre au-delà de l'Ethiopie, l'Organisation kényane de recherche agricole et d'élevage (KALRO) ptestant des variétés de teff tolérentes à la séchheresse à Marsabit dans le cadre des efforts visant à renforcer la résilience climatique tout en préparant les agriculteurs à servir le marché mondial en expansion des aliments sans gluten.
Fonio,cultivé dans certaines régions d'Afrique de l'Ouest, attire également l'intérêt commercial à mesure que la demande de céréales alternatives riches en nutriments augmente
L'opportunité commerciale s'étend également aux produits finis destinés aux consommateurs. Le producteur sud-africain Colleen's Handmade Sauces s'est récemment implanté aux Émirats arabes unis par l'intermédiaire du détaillant d'épicerie en ligne haut de gamme Kibsons, illustrant comment les fabricants africains exportent de plus en plus d'aliments sans gluten et à étiquetage clair, ainsi que des ingrédients.
Cette dynamique commerciale est de plus en plus visible lors de salons professionnels tels que l'AMASS Food Expo à Nairobi, où les meuniers, les fournisseurs d'ingrédients, les fabricants d'équipements et les transformateurs alimentaires accordent une attention croissante aux farines spécialisées et aux ingrédients africains à valeur ajoutée.
Le développement de nouveaux produits s'accélère également. Des entreprises comme Mugala Naturals élaborent des barres de céréales à base d'ingrédients indigènes, notamment le teff et l'amarante, afin de répondre à la demande croissante d'aliments naturels sans additifs artificiels.
Ces développements dans la production et la recherche alimentaires placent le continent en position idéale pour diriger l'industrie artisanale des ingrédients à l'avenir.






