· Février, 2015

Billets de Brèves de Février, 2015

Guinée: Quelques suggestions au gouvernement guinéen pour améliorer son utilisation des médias citoyens

 A l'instar de nombreux autres gouvernements africains, celui de la Guinée aussi a ouvert plusieurs comptes sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook et Twitter #GouvGN #GN224. Il existe également des comptes individuels des ministres et de quelques institutions. La Présidence de la république a son compte twitter @Presidence_gn et son blog, tandis qu'il y a plusieurs pages Facebook correspondant au profil de M. Alpha Condé, le Président de la république.  Il y a aussi la page Facebook du Palais de Sékoutouréya, résidence officielle et bureau du président de la République guinéenne, appellation dérivée du nom de M. Sékou Touré, premier Président du pays dont le régime dictatorial a fait 50 000 victimes. Elle compte 5 “followers”! 

Cependant, à lire les informations publiées sur ces réseaux par les membres du pouvoir guinéen ou qui pour eux, on note que les contenus sont souvent les mêmes quelque soit le réseau utilisé. Dieretou DIALLO, une étudiante-salariée vivant à Toulouse, se félicite  de cette multiplication des comptes du gouvernement, de ses membres et des instituions publiques guinéennes sur son blog Veillées nocturnes au coin du feu – confidences d'une petite expatriée. Elle pense que cela pourrait améliorer les relations entre gouvernants et gouvernés.

Mais, elle trouve qu’ il y a encore quelques petits agencements que le Community Manager (CM) chargé du profil Twitter se doit de réaliser et donne quelques suggestions à apporter pour améliorer la qualité de la communication:

Pour avoir effectuer un stage de quelques mois sur le thème, à la suite duquel j’ai fourni un rapport sur l’importance des réseaux sociaux, la façon de les utiliser pour booster les relations marque/institution-clients (dans ce contexte ci, on supposera que les followers sont les clients), je peux sans prétention aucune fournir quelques rapides conseils pour aider à la gestion de ce compte dans l’hypothèse où son CM passerait par là:

  1. Tout d’abord, j’ai remarqué que les tweets du compte @GouvGn sont la plupart du temps des publications Facebook qui ont ensuite été partagées sur Twitter. C’est un faux pas (on parlerait de fashion-faux-pas s’il s’agissait de mode). Il n’est pas interdit de le faire mais Facebook et Twitter représentent deux plateformes complètement DIFFÉRENTES non seulement dans leur conception mais aussi dans leur vocation. C’est donc une erreur de créer un même contenu pour les deux réseaux sociaux.
  2. Twitter est un site qui mise sur l’instantané, l’immédiat, le précis, le ciblé : d’où les 140 caractères et le fil d’actualité (Time-Line) rafraîchi chaque minute avec de nouvelles actualités. Le follower s’attend à ce qu’on lui livre l’information tout de suite pour qu’il puisse passer à un autre tweet sans tarder. Alors que Facebook est dans une optique plus large, une diffusion dans le temps plus étalée (dans notre fil d’actualité Facebook on peut retrouver des publications diffusées la veille ou  il y a deux jours, ce qui est quasiment impossible sur Twitter à moins de ne suivre que 2 personnes). Pour un même sujet donc, il est en général conseillé de fournir deux contenus différents pour les deux plateformes : un court, précis pour Twitter et un autre où on peut s’épancher en explications pour Facebook. Le follower sur Twitter et votre « ami/Likeur » de Facebook n’ont pas les mêmes attentes sur la façon de recevoir l’information. Il est crucial de le comprendre. D’autant plus que rien ne garantit que votre follower cliquera sur le lien que vous lui proposez pour lire la suite de vos propos sur Facebook. Il peut estimer le parcours à faire trop long et c’est donc à vous de lui rendre la tâche facile. C’est mieux de réserver ce genre de tweets pour les informations importantes, les déclarations, les discours auxquels on ne peut toucher sous peine d’en modifier l’essence.
  3. En second lieu, sur la plateforme Twitter il est recommandé de fournir une information imagée autant que possible. Un contenu avec photos en guise d’illustration (et tout récemment on a la possibilité de joindre une vidéo à notre tweet)  générerait plus de clics.
  4. Il faudrait envisager d’authentifier les comptes.
  5. En dernier lieu, il est important de garder une certaine cordialité dans les échanges avec les followers (si vous décidez d’interagir avec votre communauté), ne pas s’emporter pour rien et se livrer à une razzia de blocages. Quand on est CM (surtout celui d’un compte aussi important que celui d’un gouvernement) il faut avoir le dos large, accepter les critiques.

Mexique : une démocratie pervertie par ses médias

Fernando Vázquez Rigada analyse le rôle des médias au Mexique, un pays où, selon lui, la démocratie “est pervertie” car elle n'y fonctionne que formellement, un pays dans lequel les institutions politiques ne représentent pas la société comme elles le devraient.

Fotografía extraída del blog de Fernando Vazques Rigada, utilizada con autorización

Photographie du blog de Fernando Vazquez Rigada, utilisée avec son autorisation

Il ajoute que la responsabilité des médias mexicains est immense dans ce domaine. Au Mexique, il existe de très nombreux médias, mais quantité ne veut pas dire qualité, surtout lorsque l'on considère le lien étroit qui unit pouvoir politique et système médiatique :

L'État mexicain dépense chaque année une quantité de ressources extraordinaire pour les subventions des médias. Nous savons que le pouvoir exécutif fédéral y consacre environ 6 milliards de pesos par an [NDT: environ 350 millions d'euros]. Mais ce chiffre n'inclut pas les autres administrations, ni les 31 États, ni le District Fédéral, ni les 2 457 municipios, ni les 16 delegaciones de Mexico. Ne sont pas comptabilisées non plus les dépenses des partis politiques. C'est un chiffre qu'il faut au moins multiplier par dix.

Les médias mexicains doivent donc recevoir près de 70 milliards de pesos [NDT: environ 4 milliards d'euros] d'argent public chaque année. Cela représente 191 millions de pesos par jour. Presque 8 millions de pesos par heure.

Voilà ce qui explique l'immense déficit d'information dont souffre actuellement le Mexique. 

Fernando conclut que leurs liens avec le pouvoir politique et la dépendance économique vis-à-vis de celui-ci empêchent les médias d'informer librement le public et de jouer leur rôle d'observateurs du pouvoir, afin d'en pointer les failles et d'ouvrir le débat politique.

Vous pouvez suivre Fernando Vázquez Rigada sur Twitter.

L'article présenté ici a fait partie de la quarantième édition de #LunesDeBlogsGV le 23 février 2015.

Deux nominations latino-américaines pour les prix Index on Censorship

Afiche de los premios Index a la libertad de expresión

l'affiche des prix Freedom of Expression Awards

La plate-forme de communication, Courage pour Tamaulipas  et le caricaturiste équatorien Xavier “Bonil” Bonilla, sont les seuls latino-américains retenus pour les prix décernés par Index on Censorship  qui récompense les organisations et les personnalités qui luttent contre la censure.

Les prix ont été créés par Index on Censorship, une organisation internationale qui se consacre à la défense de la liberté d'expression. Les prix sont décernés dans quatre catégories: le journalisme, l'art, les campagnes et l'activisme numérique. Sur un total de 2000 candidatures, seules 17 sont qualifiées pour la compétition finale.

Bonilla, qui est nominé dans la catégorie Art, a été la cible d'amendes et de diverses batailles juridiques en Equateur. En 2013, le président Rafael Correa a adopté une loi permettant au gouvernement de contrôler certains contenus produits par des journalistes. Parmi les premières victimes il y a le journal El Universo ainsi que Bonilla lui-même. Tous deux ont du retirer un dessin et payer une amende.

Quant au site “Courage pour Tamaulipas”, il est en compétition dans la catégorie de l'activisme numérique, et dans son cas, le public peut voter en cliquant sur ​​le lien suivant. Le site mexicain a été créé dans un des quartiers les plus dangereux pour le journalisme. Depuis 2010, six journalistes ont été tués, et a violence des cartels de la drogue dans la région a entraîné un black-out médiatique. Maintenant, la violence liée à la drogue est rapportée anonymement par les citoyens.

L’Argentine établit un registre d’interprètes de langues autochtones

Enia Pilagá de la provincia de Formosa - Imagen de Laura Schneider

Ethnie Pilagá de la province de Formosa, en Argentina – Photo : Laura Schneider

[Tous les liens de cet article renvoient vers des pages web en espagnol.]

À la suite de l’affaire de la ressortissante bolivienne Reina Maraz, de langue quechua, détenue en Argentine pendant trois ans sans en connaître la raison, la Cour de la province de Buenos Aires a approuvé la création du Registre d’interprètes de langues autochtones.

Une étude de l’Institut national des affaires autochtones (INAI) menée en 2004-2005 en se fondant sur le Sondage complémentaire des peuples indigènes, reconnaît l’existence de 38 peuples originaires d’Argentine :

Los pueblos con mayor población a nivel nacional en orden descendente son: el pueblo Mapuche con 113.680, el pueblo Kolla con 70.505 y el pueblo Toba con 69.452 habitantes. En cuanto a los de menor población, se encuentran los pueblos Quechua con 561, los Chulupí con 553, los Sanavirón con 528, los Tapiete con 484 y por último, el pueblo Maimará con 178 habitantes.

Les peuples les plus représentés sont les Mapuches (113 680), les Kollas (70 505) et les Tobas (69 452) ; les moins représentés sont les Quechuas (561), les Chulupís (553), les Sanavirones (528), les Tapietes (484) et enfin les Maimarás (178).

Des initiatives similaires existent au Pérou avec le Registre des interprètes de langues indigènes ou autochtones et en Bolivie avec la Loi générale des droits et politiques linguistiques dont l’objectif est de :

1. Reconocer, proteger, promover, difundir, desarrollar y regular los derechos lingüísticos individuales y colectivos de los habitantes del Estado Plurinacional de Bolivia.

2. Generar políticas públicas y obligaciones institucionales para su implementación, en el marco de la Constitución Política del Estado, convenios internacionales y disposiciones legales en vigencia.

3. Recuperar, vitalizar, revitalizar y desarrollar los idiomas oficiales en riesgo de extinción, estableciendo acciones para su uso en todas las instancias del Estado Plurinacional de Bolivia.

1. Reconnaître, protéger, promouvoir, diffuser, développer et réguler les droits linguistiques individuels et collectifs des habitants de l’État plurinational de Bolivie.

2. Concevoir des politiques publiques et des obligations institutionnelles pour leur mise en œuvre, dans le cadre de la Constitution politique de l’État, des conventions internationales et des dispositions légales en vigueur.

3. Récupérer, vitaliser, revitaliser et développer les langues officielles menacées de disparition en établissant des actions visant à promouvoir leur utilisation dans toutes les instances de l’État plurinational de Bolivie.

Faire l'appel tous les jours, pour ne pas oublier les étudiants d'Ayotzinapa

Depuis la disparition, en septembre dernier, des 43 étudiants d'Ayotzinapa au Mexique, un groupe de citoyens motivés par le journaliste et producteur mexicain Epigmenio Ibarra a décidé de lutter pour que l'affaire ne sombre pas dans l'oubli en faisant l'appel des noms de chacun des étudiants portés disparus en ligne, tous les jours, à 22 h, heure du Centre du Mexique.

Au Mexique comme ailleurs, qu'ils soient Mexicains ou étrangers, les gens se sont joints au mouvement.

Nous les nommons toutes les nuits. Nous continuerons à le faire jusqu'à ce que nous ayons conquis la vérité et obtenu justice. 

Chaque nom est habituellement accompagné d'une illustration faite par les illustrateurs pour Ayotzinapa, un mouvement qui a pour but d'humaniser la mémoire des étudiants. Certains ajoute la phrase « Parce que si nous oublions, ils gagneront », afin de rappeler l'importance de conserver la mémoire des disparus.

Non à la clôture de l'affaire. Nous irons de l'avant, nous jetterons une ombre sur EPN. 22 h L'appel. 

L'appel continue de gagner du terrain. 

 L'appel quotidien par @epigmenioibarra continue d'obtenir jusqu'à 500 retweets par étudiant disparu

Chaque nuit, les RT de l'appel du premier nom au 43e  atteint des milliers de personnes sur leur timeline. C'est un autre petit groupe qui marche avec nous. Continuons ensemble.

Et tous les jours également, il y a un appel à l'action afin que chacun se joigne au mouvement, avec les mots-dièse suivants: #YaMeCansé (#jesuisfatigue), #AcciónGlobalporAyotzinapa (#ActionmondialepourAyotzinapa), #NosFaltan43 (#43NousManquent), entre autres.

Groupe: Contre l'apathie et l'oubli et parce que #43NousManquent, joignons-nous à l'appel #NousSommesAyotzinapa avec @epigmenioibarra

Ceux qui oublient leur histoire sont condamnés à la revivre. Prêts pour l'appel avec @epigmenioibarra 

Au Niger, les jeunes ne se résignent pas après les attaques de Boko Haram à Bosso et Diffa

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Jeunes hommes au Niger – CC-BY-2.0

C'est une première : Boko Haram a mené une attaque sur le territoire du Niger, mais la jeunesse nigérienne ne le supportera pas.
L'assaut de Boko Haram contre Bosso et Diffa, deux villes du sud-est du Niger à la frontière avec le Nigeria a été repoussé par les forces armées du Niger et du Tchad. Boko Haram aurait perdu 100 combattants dans les affrontements, mais quelques heures plus tard un kamikaze se faisait exploser dans la ville, tuant 5 civils. La réaction de la jeunesse du Niger a été prompte. Les lycéens de Niamey (la capitale du Niger) se sont rassemblés pour condamner les attaques contre leur pays et exprimer en haoussa leur soutien à leurs troupes combattant à la frontière :

 

Pérou : visite de la Casa de Aliaga

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Image de Wenceslao Bottaro, utilisée avec autorisation.

Sur son blog Blucansendel, le journaliste argentin Wenceslao Bottaro explore le tourisme et de nouvelles alternatives de communication et de promotion des sites touristiques. Ainsi, il nous montre sous forme graphique ce que l'on peut trouver en face de la Plaza Mayor de la Cité des Rois (Ciudad de los Reyes), nom sous lequel la capitale péruvienne Lima fut fondée.

À la Casa de Aliaga, vous pourrez apprécier l'histoire et les tendances architecturales du XVIème siècle :

Apenas entrar, la primera impresión es deslumbrante. Hay mucho para ver y asombrarse: los muebles, las colecciones de objetos, las escaleras, las lámparas, el patio. Todo lo que es madera está trabajado obsesivamente en los detalles.

De las paredes cuelgan pinturas, en las vitrinas se exhiben piezas de vajilla, documentos genealógicos y de la época de la Independencia. Lámparas de todo tipo se combinan con la luz del sol generando una extraña atmósfera en las habitaciones.

Vous êtes éblouis dès l'entrée. Il y a beaucoup à voir et de quoi être étonné : les meubles, les collections d'objets, les escaliers, les lampes, la cour. Toutes les boiseries sont minutieusement travaillées dans les moindres détails. 

Des tableaux sont accrochés aux murs ; de la vaisselle, des documents généalogiques et des documents de la guerre d'indépendance sont exposés dans des vitrines. Différents types de lampes s'allient à la lumière du soleil pour imprégner les pièces d'une atmosphère étrange.

Bottaro a également écrit des articles sur d'autres sites du centre historique de Lima qui méritent d'être visités : “le changement de garde au palais présidentiel, le Musée de l'Inquisition, le bar historique Cordano et si vous voulez vous amuser avec des enfants, le Parc de l'eau ” (Circuito Mágico del Agua).

Plus d'articles de Wenceslao Bottaro sur les voyages, sur les réseaux sociaux : Twitter, Facebook et Instagram.

Ce post fait partie des 30ème #LunesDeBlogsGV (blogs du lundi sur GV), publié le 24 novembre  2014.

Libération du tortionnaire sud-africain Eugene de Kock : l'apartheid et ses démons

Surnommé “Prime Evil” (le “premier mal”), Eugene de Kock était officier commandant d'une unité spécialisée dans la contre-insurrection au sein de la police sud-africaine, responsable d'enlèvement de la torture et du meurtre d'un grand nombre de militants anti-apartheid pendant la période de l'apartheid. Il a bénéficié dernièrement d'une mesure de libération conditionnelle après avoir purgé 20 ans d'une peine de 212 ans de prison.

Pierre de Vos, professeur de droit constitutionnel sud-africain, réagit à cette libération en soutenant que le temps est venu de faire face aux démons de l'apartheid, sans limiter cette confrontation à De Kock, qui l'a défendu :

What De Kock did was monstrous – far more monstrous than anything an ordinary beneficiary of apartheid did. Whether he deserves to be granted parole is, therefore, at the very least, debatable. But singling out De Kock as particularly evil is also comforting for those of us who benefited from apartheid and continue to do so because of its lingering effects.

It’s an archetypal example of “Othering”. We pinpoint one wrongdoer (the torturer in the attic) in order to obscure our own complicity in upholding and benefiting from the system in whose name De Kock committed his crimes.

Supporting the prosecution and conviction of De Kock and his continued incarceration, and insisting on depicting him as uniquely evil, allow us to avoid having to confront the fact that the system itself was evil through and through.

It helps us white South Africans who lived through apartheid (or whose parents did) to retain the idea that we were, for the most part, “decent” people – lawyers, accountants, government clerks, railway workers, doctors, school teachers, insurance brokers – who read and discussed the merits of good books and movies with friends, who went to the opera and the symphony concert, who swooned over the yodelling Briels, who cried when that dog was killed in that children’s movie, who treated our servants with condescending kindness. In our own minds we would never, ever deliberately endorse cruelty and violence towards others.

Yet, we benefited from the system whose very raison d’être was to oppress and exploit others and to uphold and defend the sham superiority of whites and what is ironically termed “Western civilisation” – the same “civilisation” that produced Hitler, Stalin, Vietnam and Iraq, and embraced and benefited from slavery and colonial oppression.

Les actes perpétrés par De Kock étaient monstrueux – bien plus que tout ce qu'un bénéficiaire quelconque de l'apartheid a pu faire. Il est donc pour le moins discutable qu'il mérite de bénéficier d'une mesure de liberté conditionnelle. Ceci dit, isoler De Kock pour sa nature particulièrement mauvaise permet également de rassurer ceux d'entre nous qui ont profité de l'apartheid et qui continuent à le faire en raison des effets persistants de ce système.

Il s'agit d'un archétype illustrant un mécanisme d'“altérité”. Nous identifions un responsable (le bourreau caché dans le grenier) de manière à mettre un voile sur notre complicité dans le soutien apporté au système, dont nous profitions, et au nom duquel De Kock commettait ses crimes.

En appuyant les poursuites et la condamnation de De Kock ainsi que son maintien en détention, et en persistant à le dépeindre comme le seul représentant du mal, nous évitons de faire face au fait que c'est le système lui-même qui était intrinsèquement mauvais.

Pour nous, Sud-Africains blancs ayant traversé l'apartheid (ou dont les parents ont connu cette période), nous nous confortons dans l'idée que nous étions, pour la plupart, des honnêtes gens – avocats, comptables, fonctionnaires de l'Etat, cheminots, médecins, maîtres d'école, courtiers en assurance – qui lisions et discutions avec des amis à propos des mérites de bons livres ou films, qui fréquentions les opéras et et les concerts symphoniques, qui nous pâmions à écouter les tyroliennes des musiciens Briels, qui pleurions en voyant un chien tué dans tel film pour enfant, qui traitions nos domestiques avec une bonté condescendante. Dans notre esprit, nous n'aurions jamais cautionné délibérément la cruauté et la violence contre autrui.

Pourtant, nous avons profité de ce système, dont la véritable raison d’être était d'opprimer et d'exploiter les autres et de soutenir et de défendre la fausse supériorité des blancs et ce qui était ironiquement considéré comme la “Civilisation occidentale” – cette même “civilisation” qui a engendré Hitler, Staline, le Vietnam et l'Irak, et qui a adopté l'esclavage et l'oppression coloniale pour en tirer profit.

10 illustrateurs africains pour la jeunesse à découvrir

Jennifer Sefa-Boakye présente une sélection de 10 finalistes du Golden Baobab Prize for African Illustrators [Prix Baobab d'or des illustrateurs africains] :

Vers la fin de l'an dernier, Golden Baobab, organisation littéraire pan-africaine basée au Ghana, nous a présenté une sélection d'illustrateurs de talent, dont le travail va des contes populaires Ashanti, réalisés en animation 3D aux paysages urbains finements dessinés du Maroc, en passant par les fresques murales inspirées des salons de coiffure de Durban. Décerné en novembre dernier, le Prix Baobab d'or des illustrateurs africains était l'un des six prix de la fondation reconnaissant les meilleurs auteurs et illustrateurs africains de littérature pour la jeunesse au cours de l'année dernière.

Les destinations touristiques argentines classées par activités sur les médias sociaux

Wenceslao Bottaro présente les destinations touristiques les plus remarquables en termes d'activité sur  le réseaux sociaux. Dans la deuxième édition du classement “Destinations touristiques et réseaux sociaux d'Argentine 2014″, il nous précise également que ce classement est important parce que c'est un peu une radiographie du travail que les principales destinations touristiques dans les provinces argentines réalisent sur les réseaux sociaux. En suivant l'évolution de leurs performances, on voit ceux qui travaillent et investissent sur le Net, produisent des contenus originaux, mettent en place des stratégies de promotion et de diffusion, sont attentifs aux tendances actuelles et surtout ceux qui laissent passer des opportunités de se positionner en proposant un lieu correspondant aux désirs des voyageurs potentiels.

Gráfico extraído del blog Blucansendel, utilizado con autorización

 Graphique extrait du blog Blucansendel,  utilisé avec autorisation

Dans le classement, la province de Misiones où se trouvent les Cataractes de l'Iguazú occupe la première place sur Facebook avec plus de 730 000 fans et un accroissement interannuel de plus de 600 000 nouveaux fans, suivi par la province de Salta avec 359 702 fans, Tucumán (267 636), Córdoba (227 091) et Mendoza (226 354). Situation différente sur Twitter où la province de Tucumán occupe la première place avec 29 200 suiveurs, unique destination qui dépasse la barre des 20 000. On trouve ensuite Córdoba avec 18 900 suiveurs.

 On peut également accéder à la première édition du classement, correspondant à l'année 2013.

Pour suivre Wencesleao sur Twitter.

Ce post, remanié,a participé aux trente deuxième #LunesDeBlogsGV ( les lundi du blog GV) le 8 décembre 2014.

Nouvelles menaces sur la législation en cybersécurité en Afrique

Access, un organisme international de défenses des droits humains se soucie des menaces croissantes sur la cybersécurité et la protection des données en Afrique. Ephraim Kenyanitto explique:

Il était d'abord prévu que la Convention soit adoptée en Janvier 2014, mais cela fut reporté pour modifications suite aux plaintes émanant du secteur privé, des organisations de la société civile, et des experts en protection des renseignements personnels— qui ont tous été très peu associés à sa rédaction. Mais un certain nombre de pays ont promulgué une nouvelle législation après qu'elle fût améliorée en Juin.

Comme l'a fait remarquer Access dans l'analyse des deux versions de la Convention, celle-ci comporte des aspects positifs mais gagnerait encore à être renforcée. Elle demande aux Etats de tenir compte des droits humains dans la mise en oeuvre de la législation en matière de cyber-sécurité, mais aussi les encourage à exercer plus de contrôle sur les données privées des utilisateurs. A titre d'exemple, la Convention autorise les gouvernements à traiter les renseignements personnels lorsque cela “est dans l'intérêt publique,” une notion vague et confuse.

Timor oriental : Rui Araújo est le successeur de Xanana Gusmão au poste de premier ministre

Cartaz eleitoral do CNRT com Xanana Gusmão das eleições  de 2012 em Dili. Foto arquivo: Manuel Ribeiro

Affiche électoraldu CNRT(dir.), avec Xanana Gusmão, pour les élections de 2012 à Dili. photo d'archive: Manuel Ribeiro

L'ancien ministre de la Santé du Timor-Oriental, Rui Araújo, a été désigné par la présidence de la république pour assumer la charge de premier ministre.

 Le Président Taur  désignant Rui Maria de Araujo  comme premier ministre – Opini Timor http://t.co/nzLiId4lvR

 Le successeur de Xanana Gusmão devrait prendre son poste cette semaine selon l'agence Lusa.

Nous félicitons le Dr. Rui M. de Araujo,  nouveau premier ministre de la république démocratique du Timor oriental pic.twitter.com/jTpoRNbfvC

 Rui de Araújo est membre du comité central du Fretilin, le plus important parti de l'opposition à l'actuel gouvernement qui est soutenu par le Congrès National pour la reconstruction du Timor oriental (CNRT), le Parti Démocratique (PD) et Front Mudança (Front du changement, FM).

Boko Haram a tué au moins 81 civils à Fotokol, dans le nord du Cameroun

Northern Cameroon border, where Boko Haram operates

La frontière nord du Cameroun, où opère Boko Haram

Le 4 février, Boko Haram a mené une attaque particulièrement effroyable contre la ville de Fotokol dans le nord du Cameroun, située à la frontière avec le Nigeria. On craint la mort de centaines de civils, 81 ont été confirmés le 8 février par le Ministère de la Défense. Les ONG locales estiment à près de 370 le nombre de civils tués. Des témoignages sur place évoquent des rues jonchées de vingtaines de cadavres égorgés. La ville de Fotokol a récemment connu plusieurs batailles entre Boko Haram et les armées camerounaise et tchadienne : en mars, août et octobre 2014. La blogueuse camerounaise Noelle Lafortune écrit que l'attaque pourrait signaler que Boko Haram est en train de perdre du terrain dans la région :

Au front, la peur est en train de changer de camp. L'entrée en scène de l'armée tchadienne en appui aux armées camerounaise et nigériane semble être décisive, eu égard à la panique qui s'est emparée de Boko Haram.  La puissance de feu des forces coalisées a mis en déroute Shekau et sa bande. 

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