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Fidji : D'où vient toute cette eau ?

Les blogueurs de Fidji ont commencé à témoigner sur les graves inondations qui ont recouvert d'eau la majeure partie de la partie occidentale de la plus importante île du pays. Le débat qui anime la blogosphère a également mis en cause la capacité du gouvernement à faire face à la situation.

Le gouvernement militaire de Fidji a décrété l'état d'urgence et imposé un couvre-feu du crépuscule à l'aube dans plusieurs régions de Viti Levu, la principale île fidjienne, à la suite d'inondations causées par des pluies torrentielles – le niveau de l'eau atteignant parfois trois mètres selon les témoignages – qui ont détruit un nombre incalculable d'habitations, au moins un pont, et fait jusqu'à sept victimes. Lundi 12 janvier, le gouvernement a annoncé qu'au moins 9 400 personnes avaient été accueillies dans des écoles transformées en abris de fortune.

Ce n'est pas tout. A titre préventif, le gouvernement a diffusé des alertes sur l‘eau, qui peut ne pas être potable, sur des dégâts infligés aux cultures, sans parler des conséquences sur le secteur du tourisme.

Commençons par la prière pour les îles Fidji publiée sur le blog Babsiga [en anglais].

Alors que d'impressionnantes et impitoyables inondations touchent une grande partie des îles Fidji, c'est l'occasion de s'entraider entre voisins et c'est souvent ce qui se passe à Fidji. Dans les temps difficiles, les gens peuvent devenir généreux et les obstacles mis en place par les comploteurs et magouilleurs s'amenuisent. Certains bien sûr peuvent se montrer opportunistes et c'est pour cela que deux villes fidjiennes se trouvent actuellement sous couvre-feu, afin de prévenir d'éventuels pillages. Nos prières accompagnent tous ceux qui sont touchés par les inondations intervenues en basse altitude et en bordure des rivières. Pendant ce temps, la politique politicienne suit sont cours et nous prions pour que la compassion, le bon sens et une écoute attentive accueillent les débats et commentaires, qui vont bon train ce mois-ci au sujet de Fidji.

Rizan détaille sur son blog un moyen de résoudre le problème des crues des rivières en période de fortes pluies.

C'est reparti, d'importantes inondations affectent la partie ouest des Fiji. C'est ce qui arrive chaque fois que des trombes d'eau tombent du ciel, entraînant une montée puis une crue des eaux des rivières, qui envahissent les villes de l'ouest. Je pense que le fait de draguer les rivières au début de chaque saison cyclonique suffirait à réduire les risques d'inondations. Le coût économique du désastre est autrement plus important que celui du dragage des cours d'eau.

Un peu plus loin, Rizan parle d'une tradition aussi insolite que dangereuse au sein de la jeunesse fidjienne, pendant les inondations.

 Le pire c'est l'article du Fidji Times d'aujourd'hui, qui explique que les Fidji sont probablement le seul endroit au monde où les habitants se ruent vers les catastrophes naturelles au lieu de les fuir. Et c'est tout à fait vrai. Chaque fois que nous avons été touchés par des inondations, la télévision retransmet en général des images d'enfants nageant joyeusement dans les flots pendant que d'autres personnes dérivent sans but en bateau comme si tout allait bien. Je ne serais pas surpris de voir les gens sortir leurs planches de surf et leurs jet-ski si un raz-de marée venait à toucher nos côtes. Les îles Fidji sont toujours en pleine saison cyclonique et nous sommes sûrs d'avoir davantage de pluies et d'inondations au fil des jours. La pluie est une bénédiction pour certains et un fléau pour d'autres. Je pense personnellement que c'est une chose utile car nous avons tous réclamé de la pluie ces derniers mois et semaines, pendant que sévissait une vague de chaleur. Les gens se desséchaient, tandis que d'autres nageaient dans un état comateux au milieu de lacs de sueur ; la pluie va donc vraiment nous faire un peu de bien.

De la gestion par Anastasio Somoza des conséquences du terrible tremblement de terre de Managua, au Nicaragua, à la réaction tardive du président américain George Bush face à l'ouragan Katrina, les citoyens du monde entier jaugent souvent l'efficacité de leur gouvernement à leur réaction pendant les catastrophes naturelles. Plus d'un blogueur fidjien s'est demandé pourquoi le gouvernement avait réagi avec tant de retard face à la crise.

Sur le blog Fidji Today [en anglais], Peter Firkin pose la question suivante au gouvernement militaire du pays : Mais où êtes-vous, bon sang ?

Quand un pays est victime d'une catastrophe naturelle, toutes les ressources disponibles sont censées être utilisées afin de venir en aide aux sinistrés. En premier lieu, les vies doivent être protégées ; viennent ensuite les biens et les infrastructures. Les graves inondations actuelles qui sévissent dans l'ouest ont fait des victimes mais la population a néanmoins dû se débrouiller toute seule. Sans vouloir offenser le Dismac (le Bureau national en charge des catastrophes naturelles), celui-ci souffre d'un manque évident de personnel et de ressources pour faire face à des situations d'urgence de cette envergure. On attendait de l'armée qu'elle profite de l'occasion pour montrer l'utilité de ses nombreux effectifs et pour remplir son rôle de « protection de la population ». Cela aurait fait gagner au régime des soutiens qui lui font défaut, tout en mettant en lumière les côtés positifs de l'armée. Mais ça ne s'est pas passé comme cela. Les militaires sont restés les fesses collées à leurs sièges alors que le pays avait besoin d'eux pour la première fois depuis le coup d'Etat. Mais où êtes-vous, bon sang ?

En réaction, Sarote fait ce commentaire [en anglais] :

Je peux vous dire où elle est, cette foutue armée… elle s'attache à s'occuper d'elle-même. L'armée n'est pas là pour protéger les gens mais pour assurer les arrières d'un criminel aussi nul qu'idiot (le Premier ministre auto-proclamé Frank Bainimarama), qui ne cesse de verser de l'argent afin de rendre la vie des militaires la meilleure possible, car sans eux, il n'est rien…

Selon le blog Soli Vakasama [en anglais], la catastrophe prouve que le gouvernement actuel n'est pas de taille à diriger le pays.

Comment ce régime illégal et traître va-t-il s'y prendre pour faire face au désastre ? A moins que l'on ne soit dans une situation où, quand les choses deviennent difficiles, des complications s'ensuivent. Mise à part la désastreuse usurpation de la nation et l'incompétence la plus totale qui caractérise la manière dont elle est gouvernée, les inondations, l'état des infrastructures et le nombre de déplacés montreront l'étendue de leur courage.

Remercions le Seigneur pour ne pas avoir dû affronter un ouragan dévastateur, qui aurait fait des dégâts bien pires encore.

Quel est le plan en cas de catastrophe naturelle ? S'il en existe un, a-t-il été mis à jour ?

Une fois encore, ce régime illégal n'a mis en place aucun plan d'évacuation liée à une situation d'urgence et de catastrophe naturelle, ni montré qu'il savait comment réagir dans de telles circonstances, ni comment mettre un tel plan en œuvre, que ce soit en cas d'inondations ou d'incendies devenus incontrôlables.

Le nouveau blog IG-Fiji [en anglais], [IGF signifie Gouvernement interim de Fidji], qui a été « créé pour suivre de près et réfuter les allégations répandues par des sites anti-gouvernementaux publiés actuellement aux Fidji », affirme que des blogueurs anti-gouvernementaux essaient de rendre Bainimarama responsable de choses sur lesquelles il n'a aucun contrôle.

Nous avons une nouvelle fois été présentés aujourd'hui de façon erronée par RFN [Raw Fji News] et SV [Soli Vakasama]. Sur le site de SV, on constate que les blogueurs blâment l'actuel gouvernement pour les inondations et les victimes qu'elles ont occasionnées. On peut débattre de la responsabilité du gouvernement jusqu'à ce que les vaches rentrent seules à l'étable, mais il faut bien reconnaître que le gouvernement n'a pas le pouvoir de contrôler la météo.

Sur le forum Fiji Board Exiles, real jack  [en anglais] estime que le gouvernement et l'armée sont à pied d'œuvre depuis que le début des fortes pluies.

Le cabinet doit aussi accepter de déclarer que le programme national de mobilisation en cas d'urgence est prêt à jouer son rôle – cela signifie qu'ils peuvent effectivement faire face à la situation – la police, l'armée et autres aides de l'Etat sont à présent mobilisées au sein du DISMAC afin de réagir de manière coordonnée, la chaîne de commandement s'étend de la direction du DISMAC jusque sur le terrain.

Ils ont déjà commencé à monter des centres d'accueil et à y envoyer des provisions de nourritures et de médicaments.

Il y a aussi des unités de sauveteurs de la police et de l'armée qui parcourent les zones inondées afin d'évacuer les personnes, jusque-là bloquées, vers ces points d'accueil.

L'armée est mobilisée, tout comme la police, et les hommes sont sur le terrain depuis deux nuits (vendredi 9 janvier).

Le blog Raw Fiji News soutient que le gouvernement militaire des Fidji pourrait s'être mis lui-même en difficulté en engageant l'année dernière une querelle diplomatique avec la Nouvelle-Zélande et l'Australie.

Les “grands frères” des îles Fidji que sont l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont toujours été les premiers à porter secours après une catastrophe naturelle, mais le comportement hostile et puéril de Frank empêche les deux pays de fournir une aide financière directe au régime fidjien. Les deux Etats vont verser des fonds à des ONG comme la Croix-Rouge et d'autres, afin de les aider dans leurs opérations d'assistance mais, encore une fois, leur aide sera limitée et ils s'abstiendront de remplir les coffres liés au coup d'état de Frank, car ils savent très bien que le dictateur gardera l'argent pour lui.

LoyalFijian  [en anglais] se demande pourquoi il y a tant d'inondations et prédit un avenir sombre.

Une mauvaise gestion du drainage et la déforestation à grande échelle sont sans doute en partie responsables, mais à la fin de la journée, il est tombé tant d'eau que des inondations étaient inévitables.

Comme si ce n'était pas suffisant, une autre dépression tropicale a été annoncée, qui se dirige vers les îles Fidji, apportant probablement son lot d'averses torrentielles.                                                                                                                                                                        

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