Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Kenya : Les ravages de la sècheresse font émerger l'importance de l'exemple

Une sécheresse prolongée a amoindri la production agricole dans les zones rurales du Kenya, affectant des millions de familles qui vivent de l'agriculture, de la pêche ou de l'élevage. Comme dans d'autres zones rurales en Afrique, quand les désastres et les épreuves arrivent, les jeunes sont les plus vulnérables.

Toute la Corne de l'Afrique [en anglais tout comme tous les liens ci-dessous] a été victime de sècheresses durant les décennies passées, mais cette période actuelle est particulièrement dure, et certains l’ attribuent à de nombreux problèmes environnementaux.  Le cheptel, estimé à 100 000 têtes, a péri à cause du manque d'eau, et le gouvernement Kenyan estime que 10 millions de personnes font face à des pénuries alimentaires. La malnutrition est un problème tout comme les maladies liées à la consommation d'eau non potable.

Voici une courte vidéo de Gorta [en anglais], l'organisation contre la famine basée en Irlande, qui témoigne de comment une famille s'adapte aux conditions dans la vallée du Rift, l'une des régions du Kenya les plus affectées.

Sécheresse au Kenya – la persévérance d'une famille de Gorta TV sur Vimeo.

Quitter sa maison

La sécheresse a forcé les éleveurs à quitter leur village pour chercher de l'eau et de la nourriture pour leurs animaux. “Dans la plupart des cas, ceci veut dire que des femmes fragiles, des enfants et les personnes âgées sont laissés à eux même dans les villages” écrit Ebby Nanzala Wamatsi pour le blog Women News Network. Des jeunes peuvent être laissés, pour entretenir les champs secs, mais si de rares pluies arrivent, elles peuvent créer le cycle vicieux de l'eau, mais aussi d'emporter les récoltes, avertit le journal kenyan Daily Nation.

Menace de violence

D'autres problèmes arrivent aussi quand toute une famille s'en va. Quand beaucoup de gens quittent leurs terres traditionnelles de chasse et de culture ou élevage, cela peut créer des conflits dès que les éleveurs se hasardent dans des territoires utilisés d'habitude par d'autres communautés, et intensifier ainsi des tensions. Le braconnage, le vol de bétail et le banditisme sont en hausse, effrayant les victimes potentiels puisque les assaillants utilisent des armes plus sophistiquées. Le blog Kenya Watch raconte que 400 personnes sont mortes en 2009 selon les estimations à cause de la violence.

Un massacre particulièrement horrible s'est produit en septembre dans un village appelé Kanampiu dans la vallée du Rift. 35 habitants, y compris des femmes et des enfants, ont été tués par des maraudeurs.

Bonjour le Kenya! by Mara 1

Photo Bonjour le Kenya! par Mara 1 sur Flickr

Les problèmes d'éducation

La migration en dehors de la région natale force les enfants à abandonner l'école, et rend difficile pour eux d'y retourner. Le niveau d'éducation est un important baromètre de leur revenu futur. Pour ces enfants qui vont a l'école dans la vallée du Rift, dans le nord du Kenya, certains ont peu d'espoir. “Beaucoup d'enfants, plus de 1000 originaires de la région de Baragoi [dans le Samburu] ont déménagé avec leurs parents et ne retournerons pas à l'école d'ici peu,”a prédit Joseph Leparua du Groupe de support au Développement du Samburu à un reporter de IRIN News.

Pire : la cantine scolaire est parfois le seul endroit où les enfants sont sûrs de trouver à manger, selon un reportage de CBBC.

Cohésion de la famille et du village

En dehors des problèmes de sécurité alimentaire et de sécurité personnelle causés par la sécheresse, les jeunes doivent aussi se soucier de la cohésion de leur famille élargie. Faith Akiru, une femme qui travaille au Kenya avec l'association Catholic Relief Services (CRS) et vit aux États-Unis, a grandi parmi les éleveurs Turkanas dans un village de 1000 habitants dans le nord-ouest du Kenya. Elle raconte, sur le site de CRS, comment la sécheresse a affecté son village.

A cause de la longue sécheresse au Kenya, les animaux ne peuvent plus satisfaire nos besoins journaliers, rendant ainsi ma famille et d'autres villageois Turkana extrêmement vulnérables. Nous avions subi une sécheresse quand j'étais petite, et je me souviens avoir eu faim pendant plusieurs jours. Nous allions à la rivière pour récolter des fruits sauvages et des plantes. Ces plantes ont un goût très amer, donc, nous attendions là-bas pour les cuire jusqu'à ce qu'elles ne soient plus amères. Environ une fois par an, nous recevions aussi des dons de nourritures.

Maintenant, il est plus dur encore de survivre à la sècheresse parce que les razzias de bétail augmentent. Les gens utilisent des armes pour les razzias, cela rend difficile la protection de nos troupeaux. Ma famille n'est pas en bon état. Je leur envoie de l'argent, mais même s'ils peuvent l'utiliser pour se procurer de la nourriture, tout le monde autour d'eux a faim. C'est un peu délicat pour eux de manger quand tous les autres autour d'eux ont faim, et je ne peux pas non plus envoyer assez pour nourrir tout le monde.

Elle indique qu'en tant que femme diplômée qui a un revenu, elle se sent l'obligation de donner en retour à sa communauté en aidant les jeunes filles à faire face aux subtilités de la vie moderne.

J'ai beaucoup de responsabilités. Il y a beaucoup à faire pour moi au village. Cinq filles Morulem ont reçu leur brevet et sont allées au lycée. J'ai été la seule à finir l'école, et je suis maintenant la seule fille diplômée d'université de mon village.

Je sens que je suis un modèle pour eux. J'ai besoin d'avoir un bon boulot, comme ça, quand je retourne au village, ils pourront savoir comment mon éducation a changé ma vie. Je parle au jeunes filles à Morulem de l'importance de l'éducation et je les informe sur différents métiers. Et je leur dis que comme tout autre être humain elles peuvent aller à l'école et avoir une meilleure vie que celle qu'elles ont maintenant. Une partie de ma responsabilité est aussi de lutter contre les mariages prématurés et forcés qui forcent beaucoup de filles à devenir de jeunes mères d'enfants qu'elles ne peuvent élever.

2 commentaires

  • La négligence et l’absence de réponses adéquates ne font qu’aggraver les effets de ces catastrophes naturelles !”… sans compter la politique hydrologique qui “déshabille Pierre pour habiller Paul”. Le Sud Ouest de la Chine (Yunnan, Sichuan…), au pied de l’Hymalaya, est une des régions où l’eau est la plus abondante. Cette sécheresse serait incompréhensible si n’était pas rappelée l’existence de dérivations de l’eau pour alimenter des régions à plus fort potentiel économique. En un mot, les campagnes et ses habitants doivent encore se sacrifier sur l’autel de la très sainte croissance économique dont on voit tous les jours un peu plus les conséquences désastreuses.

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site