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Bulletin de veille Netizen Report : L'Indonésie essaie de bloquer Vimeo pour ses contenus à caractère sexuel

Capture d'écran de la Galerie 5 de la vidéo de l'exposition "DisrobedIII" présentée sur Vimeo.

Capture d'écran de la Galerie 5 de la vidéo de l'exposition “DisrobedIII” présentée sur Vimeo.

Le bulletin de veille Netizen Report de Global Voices Advocacy offre un aperçu international des défis, des victoires et des tendances émergentes en matière de droits de l'Internet dans le monde entier. Le bulletin de veille de cette semaine commence en Indonésie, où le ministre des communications Tifatul Sembiring a annoncé la semaine dernière via Twitter que Vimeo serait interdite en raison de vidéos jugés pornographiques sur le site. Le quotidien The Jakarta Globe a annoncé que certains fournisseurs d'accès locaux ont obéi à l'ordre, mais que d'autres ne l'ont pas fait, ce qui a provoqué une controverse parmi les utilisateurs de Vimeo et les défenseurs d'un Internet ouvert.

Souvent considéré comme plus raffiné et plus axé sur l'art et les documentaires que YouTube, la télévision alternative Vimeo interdit expressément les contenus pornographiques et “sexuellement explicite”, mais n'interdit pas la nudité. Comme de nombreux sites, Vimeo propose un mécanisme d'alertes communautaires qui permet aux utilisateurs de signaler un contenu qui violerait ces conditions d'utilisation ou bien d'autres usages abusifs. 

Selon un dossier rendu public [indonésien], le Ministère cherche à empêcher les utilisateurs de regarder des vidéos semblables à  “Art of Nakedness,” “Nudie Cutie,” et “Beautiful of Nakedness [sic]”. Cette mesure ne surprend pas les observateurs, qui relèvent que le ministère a ordonné le blocage de milliers de sites porno ou à contenus sexuels depuis la prise de fonction de M. Sembiring, mais on ne sait pas pourquoi le gouvernement n'a pas demandé aux FAI de bloquer des vidéos spécifiques, plutôt que le site dans son ensemble. D'autres soutiennent que M. Sembiring, en sa qualité de chef de file du Parti de la justice et de la prospérité, a ordonné l'interdiction en raison d'un clip mis en site sur ce site, une satire d'une récente publicité télévisée pour le parti. 

La liberté d'expression: l'Iran commence peut être à alléger la censure du régime

Les Iraniens n'ont pas accès aux sites de Google et aux pages Wikipedia en farsi sur la révolution iranienne de 1979 et son chef suprême. Le blocage intervient quelques jours après que le ministre des Communications Mahmoud Vaezi ait annoncé un partenariat entre le gouvernement iranien et des institutions universitaires pour “mettre au point un système de filtrage intelligent pour ne bloquer que les sites dépravés et immoraux.” Ce changement a été décrit comme une manière de ‘desserrer” la censure, même si le ministre n'a pas précisé quels seraient les sites classés comme ‘dépravés ou immoraux’. Le filtrage intelligent – le contrôle du contenu HTML pour bloquer des sites en temps réel – a longtemps été présenté comme une alternative au blocage des sites comme Facebook, mais les responsables n'ont rien dit à propos de la levée du blocage sur ces sites.

Se sentant offensé par les commentaires sur Twitter après l'assassinat du président de la province de León, Mme Isabel Carrasco, le ministre de l'Intérieur de l'Espagne M. Jorge Fenández Díaz a dit : “Nous devons lutter contre la cybercriminalité et promouvoir la cybersécurité, afin d'assainir les médias sociaux indésirables.” Plusieurs partis politiques ont mis en avant des propositions pour des restrictions des médias sociaux, mais de nouvelles lois n'ont pas encore été déposées.

“Si vous dites quelque chose ne serait ce qu'un peu critique sur le gouvernement équatorien, vous risquez le retrait du droit d'auteur”, a écrit Maira Sutton de l'Electronic Frontier Foundation dans une étude publiée cette semaine. Depuis 2010, un cabinet espagnol d'avocats a recueilli des demandes de violation de droits d'auteur (dans le cadre de la loi américaine US Digital Millenium Copyright Act) auprès des entreprises, y compris Twitter, Vimeo, Google, Scribd, et Dropbox exigeant qu'elles suppriment des images, des documents et d'autres documents concernant des affaires gouvernementales en Équateur de leurs plates-formes. Dans la plupart des cas, les sites ont respecté cette demande.

Dans une récente interview, le directeur adjoint de l'organisme russe de communication,  Roskomnadzor [fr] Maxim Ksenov a affirmé [fr] que le gouvernement pouvait bloquer Twitter ou Facebook en “quelques minutes.” Le premier russeM. Vladimir Medvedev a publié rapidement un communiqué raillant M. Ksenov et remarquant que les fonctionnaires de l'Etat “parfois doivent réveiller leurs cerveaux”. Néanmoins, les autorités russes semblent avoir ordonné le blocage au niveau des pays de comptes nationalistes ukrainiens sur Twitter, comme signalé plus tôt cette semaine par Mashable. Le Roskomnadzor a pris diverses mesures récemment [fr] visant à réprimer la liberté d'expression en ligne, y compris la mise au point d'une liste noire des portails de médias de l'opposition au mois de mars.

Aamir Atta rapporte sur le blog ProPakistani que les applications de médias sociaux comme WhatsApp, Viber et Skype pourraient bientôt être bloquées dans la province du Sindh, au Pakistan, afin  de “maintenir la loi et l'ordre.” Le gouvernement du Sind avait proposé une interdiction similaire en octobre 2013, invoquant des raisons de sécurité. Cependant, les experts disent que, comme la majorité des adresses IP au Pakistan ne fonctionnent pas par province ni par ville, un blocus de contenus des médias sociaux pourrait ne pas être possible.

Violences : un avocat chinois censuré pour partage d'informations politiques

Un avocat de Pékin, Me Xiang Nanfu, a été arrêté pour avoir publié des milliers d'informations sur Boxun.com, un site Internet basé aux États-Unis qui sert de forum de discussions sur des sujets politiquement sensibles désapprouvés par le gouvernement chinois. Dans une confession de neuf minutes diffusée sur la télévision en circuit fermé appartenant à l'Etat, Me Xiang a admis avoir publié des informations, que, selon lui, il a inventées ou “exagérées” afin d’ “attirer l'attention sur moi-même et aussi pour de l'argent, ainsi que pour me créer des relations”. Il est le dernier d'une d'une certaine de dissidents qui ont été forcés de faire des aveux sur des forums publics.

Droits d'auteur : Les Etat-Unis montre du doigt l'Inde et la Chine sur l'application des droits d'auteur

Les États-Unis ont cité à la fois l'Inde et la Chine comme pays ne faisant pas assez pour protéger les droits de propriété intellectuelle. L'Inde, en particulier, a refusé de recevoir l'étiquette de “pire coupable”, ce qui conduit à des sanctions commerciales de la part du Bureau du représentant américain au commerce.

Depuis 2008, un an après la signature de l’Accord de libre-échange entre les États-Unis et la Corée, le gouvernement sud-coréen aurait émis des notifications de procédures de retrait à tout-va pour violations de propriété intellectuelle présumées. L'organisation des droits numériques, OpenNet Corée, dénonce maintenant la décision de la Commission coréenne de normalisation des communications de censurer Grooveshark, une application de musique en ligne, sans obtenir l'approbation judiciaire comme l'exige la loi coréenne.

Activisme Netizen : Zone 9, les blogueurs de Libération Ethiopie

Dans l'édition de la semaine dernière de GVFace, la série hebdomadaire de débats en vidéo de Global Voices, le blogueur et auteur de Global Voices en amahric, Endalk Chala, a traité du maintien en détention [fr] de neuf blogueurs et journalistes en Ethiopie, dont plusieurs sont ses amis proches également traducteurs au sein de la communauté de Global Voices.

Evolution positive

Un nouveau logiciel permet aux auditeurs d'entendre les sons des données Internet en train d'être stockées par les centres de données de Telefonica à Alcala, en Espagne. Il s'avère que le cloud n'est pas aussi calme et paisible qu'on pourrait le croire.

Publications et études

1 commentaire

  • […] Le bulletin de veille Netizen Report de cette semaine s'intéresse aux menaces de censure d'Internet en Espagne et Russie, tandis qu'en Iran, c'est au contraire un allègement de la censure que l'on espère.  […]

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