Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

CEAU CINEMA : premier festival de poche à Timisoara

Anouk Lederle

La cour de Casa Artelor pour le Festival de CEAU -Anouk Lederle

Jeudi 17 juillet s’est ouvert “Ceau Cinema”, un festival de cinéma européen, premier festival de poche à Timisora. Une initiative portée par deux associations dynamiques “Marele ecran” et “Pelicula culturală”. Pendant 4 jours, du 17 au 20 juillet 2014, le public de Timisoara a pu “faire le plein” de cinéma. En effet, la ville souffre littéralement d’une absence d’écran ! Pour une ville de 300 000 habitants, Timisoara ne peut s’offrir que les films  programmés dans le Iulius Mall (centre commercial). C’est bien peu pour une ville qui souhaite proposer sa candidature comme capitale européenne en 2021. Autrefois, il y a avait jusqu’à 30 salles de cinéma à Timisoara. Aujourd’hui, ce ne sont que des carcasses fantômes. Heureusement, Timisoara peut compter sur l’initiative et l’énergie de passionnés pour essayer de faire revivre le cinéma mais pour l’instant seulement avec très peu de moyens. 

Voici une bande annonce de l'initiative :

 Pour ce premier festival, la cour de la Casa Artelor (maison des arts) était bondée jusque dans les coursives avec 200 personnes dans l'audience. Interview avec  Lucian Mircu, co-fondateur de l’association Marele Ecran (Grand écran).

 

Global Voices (GV): Qu’est-ce qui vous a convaincu de proposer un festival de cinéma européen à Timisoara ? Quelles ont été vos motivations ?

Lucian Mircu (LM) :

 À l’origine de l’association, nous sommes deux, moi et mon ami Richard Marius Ilie. Nous avons commencé par écrire des chroniques dans une revue locale “24 FAN” puis nous avons continué avec un blog Marele ecran dédié principalement à des chroniques de film. L’idée de l’association est née en 2008. Nous avions besoin d’un cadre juridique pour ancrer nos projets. Nous avons organisé des avant-premières de courts métrages à l’Université. Depuis 2011, nous participons au festival PLAI. Nous proposons des projections la Casa filmului (la maison du film) dans la dépendance d’une vielle ferme au musée du village. C’est un cinéma “rustique” avec des casques pour éviter les interférences avec les groupes de musique de PLAI. Nous avons la chance d’avoir toujours reçu, dès nos débuts, le soutien de réalisateurs pour la Casa filmului comme Cristian Mungiu.

Anouk Lederle

Audience du festival – Anouk Lederle

“Ceau cinema” est un festival de poche avec de l’argent de poche. C’est une édition pilote, un rendez-vous avec le public de Timisoara. Nous serions très heureux si nous avions nous avions deux soirées bien remplies sur les 4 jours de programmation. Ce serait pour nous un premier succès. Pour l’instant Timisoara souffre d’un déficit de cinéma. Aucune posibilité de voir des films européens et surtout pas au Mall. Il n’y a pas d’espace, pas de moyen pour sensibiliser le public qui ne regarde pas non plus ce type de cinéma à la télévision. L’idée avec “Ceau cinema”, c’est de permettre aux jeunes, au moins jeunes et aux plus âgés, à tous les citoyens de Timisoara d’avoir le droit de regarder un cinéma de qualité. Un festival ouvert, intelligent, pas seulement réservé aux cinéphiles, un festival populaire pour le grand public.

GV : Vous n’êtes pas seuls. Comment travaillez-vous avec l’association Pelicula culturală ? Qui sont-ils? Comment vous répartissez-vous les rôles?
LM: Nous sommes toujours plus forts à plusieurs. Pelicula Culturală https://www.facebook.com/PeliculaCulturala/info est une communauté, née en 2012, animée par des passionés de cinéma. (Vous voyez, il y a de nombreux cinéphiles à Timisoara mais peu d’espace pour voir du cinéma ! )
Nous nous complétons et nous travaillons ensemble depuis 2 ans. “Pelicula Culturală” contribue aussi à promouvoir des bâtiments peu ou pas connus par le grand public (l’observatoire astronomique, une salle de tango…). Chaque projection est l’occasion d’une manifestation spécifique dédiée à une thématique : la danse, l’engagement citoyen et responsable… “Marele ecran” est plus orientée comme une cinémathèque.

Anouk Lederle

Participante au festival – Anouk Lederle

GV: Qui sont vos autres partenaires? Vos soutiens? Vos sponsors ?
LM: Les partenaires culturels de la ville : l’Institut français, le Centre culturel allemand, le Consulat allemand… Nous avons le soutien des partenaires locaux : la direction du département, la direction de la culture (la Casa Artelor qui accueille le festival !), et la contribution de quelques entreprises. Notre festival de poche est fait avec de l’argent de poche cela signifie que nous n’avons pas ou très peu reçu d’argent sonnant et trébuchant. En revanche, nous avons eu des soutiens en nature (boissons), en complémentarité (visibilité)… Seuls les droits d’auteur ont bénéficié d’un apport direct de la part de VITAS RÖMANIA.
Nous avons travaillé avec un budget dérisoire mais avec une belle énergie de la part de tous ceux qui nous ont accompagné : le travail des organisateurs depuis 5 mois, des volontaires tout au long du festival. Un monteur et un graphiste ont mis leur savoir-faire à notre disposition, d’autres sont venus avec des dépliants…Nous avons même eu un contributeur, passionné de cinéma, un homme comme vous et moi, qui a fait une donation car il ne pouvait pas donner de son temps.

GV: Parlez-nous un peu de la programmation : comment avez-vous choisi les films? Y a-t-il un comité de sélection?
Des courts métrages roumains mais pas seulement, des réalisateurs connus C. Mungiu, R.C Porumboiu d’autres moins…

LM: Le comité ? (rires) Il est composé de 2 personnes moi et Félix Petrescu, musicien, et à ses heures : chercheur, observateur, fondu de cinéma. Disons qu’il a eu l’idée des films majeurs comme “Ernest et Célestine”, “Cercuri”, “A fost sau n-a fost?” et moi du reste. Plusieurs films et courts métrages ont été proposés par les réalisateurs eux-mêmes comme Adrian Sitaru, Cristian Mungiu, Igor Cobileanski ou encore Radu Jude (une sélection toute fraîche !) Nous avons commencé la programmation en février, en mai le programme était prêt et nous avons pu l’annoncer en juin. Nous n’avons pas chômé.

Anouk Lederle

Anouk Lederle

GV: “Ceau cinema” ce ne sont pas seulement des projections, c’est aussi un festival avec un éventail de propositions : des ateliers de bande dessinée, des débats avec des réalisateurs, une nuit des dévorateurs de bandes-annonces, des films d’animation, des courts métrages et même une projection dans un village à 50Km de Timisoara Gottlob. Quel public recherchez-vous ?


LM: Nous sommes partis d’un concept orginal avec l’idée que chacun puisse en avoir pour sa poche (sourire). C’est un peu comme si on lançait un défi au public de Timisoara. C’est un festival de poche mais avec toutes les caractéristiques d’un grand festival. Un essai pour voir si le public sera au rendez-vous. Nous ne voulions pas de compromis sur la qualité des projections car le grand public y a droit lui aussi. Notre souhait c’est de proposer un festival, de qualité, pour le grand public et qui ne soit, surtout, pas prétentieux.

GV: Après ce premier festival quelles autres actions envisagez-vous? Si vous aviez 3 voeux à formuler quels seraient-ils ?

LM: Nous souhaitons que ce festival soit l’occasion d’un brassage de la population, qu’il soit l’occasion de rencontres, d’échanges et de partages autour du cinéma et pas seulement. Nous aimerions que ce festival change de formule et entre dans la cour des grands avec un budget décent, une équipe renforcée, un public engagé. Un changement d’échelle qui permette d’offrir une notorité, une visibilité à “Ceau cinema” pour avoir des sponsors et aussi d’autres soutiens de la part des partenaires locaux. Offrir à Timisoara un festival pour étancher sa soif de cinéma et – (propos personnel de l’auteur) permettre à la ville d’avoir une carte supplémentaire pour sa candidature comme capitale culturelle européenne en 2021 !

Mes trois voeux sont :
1/ Équiper Timisoara d’une salle de cinéma digne de ce nom : d’une salle art et essai
2/ Inscrire Timisoara sur la carte des festivals
3/ Convaincre le public de Timisoara d’adhérer à un cinéma de qualité

Nous souhaitons un public nombreux et de multiples éditions à “Ceau cinema”.

 

 

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site