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Maroc: Une semaine de “premières fois”

Cette semaine, dans la blogosphère anglophone du Maroc, on parle beaucoup de Rachida Dati, la première ministre de la justice française d’origine nord africaine, qui a pris ses fonctions le 18 mai. Rachida Dati est une magistrate de 41 ans, dont le père est Marocain, et sa nomination provoque de nombreuses réactions . D’un côté, elle prouve que les minorités peuvent réussir en France, mais , comme le remarque Liosliath [En] « Les parents de Madame Dati n’auraient même pas été autorisés à entrer en France avec les nouvelles lois proposées par Nicolas Sarkozy, et ce n’est qu’une des raisons pour lesquelles je la trouve si hypocrite. Elle a poursuivi Nicolas Sarkozy pendant des années, l’a supplié de l’accepter dans son équipe – de toute évidence, la moralité est entachée de carriérisme et d’ambition dans son cas ».

The view from Fez [En] rapporte la réaction des Marocains à la nomination de Rachida Dati.

Alors que beaucoup, en France, ont applaudi l’accès de Rachida Dati au pouvoir comme Ministre de la justice, la réaction des Marocains et de nombreuses personnes dans la communauté française au Maroc, a été mitigée : « Elle n’a pas d’expérience et est juste là pour la galerie » écrit un commentateur cynique.

Maghrebism [En] se demande tout d’abord “Pourquoi un enfant d’immigré ne peut-il pas partager les opinions de Sarkozy ?”. Le blogueur prend ensuite la défense de Rachida Dati, écrivant :

Rachida Dati, en tant que personne et enfant d’immigrés, a absolument le droit de partager les positions politiques de Sarkozy. Et Sarkozy a le droit de la nommer sans être accusé de rechercher une personnalité prétexte. Peut-être a-t-il les mêmes raisons de la distinguer qu’il a de nommer des politiciens de gauche. A cause de son expérience et de ses compétences. Mais les immigrés et les gens de gauche ont du mal à le croire. Eux seuls peuvent présenter de vrais immigrés en politique. Tous les autres sont juste des potiches, des traîtres, ou des déséquilibrés.
Ce fétichisme est ridicule et restrictif. Il est temps que nous commencions à réaliser que tous les « deuxièmes générations » ne sont pas pareils. Que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, même si nous partageons le même parcours.

Il semble que cette semaine ait été riche en premières fois. Après la nouvelle de la nomination de Rachida Dati, une autre information, ou plutôt, un journal, a fait l’actualité. Avant cette semaine, ceux qui désiraient lire des informations sur le Maroc en anglais pouvaient choisir entre le site web géré par l’état et le site web sponsorisé par les Etats-Unis. Avec le lancement deThe Casablanca Analyst, nouvel hebdomadaire indépendant, ce n’est plus le cas. The View From Fez [En]l’a annoncé en premier, et écrit:

Pour seulement quatre dirhams, le lecteur se voit offrir de la poésie, des analyses, des informations, des commentaires, et une revue littéraire. Des rubriques du journal sont consacrées à l’actualité intérieure marocaines, à l’ analyse de l’actualité internationale, avec une page d’ éditoriaux . Culture, langues et communication, littérature, etc. C’est un mélange très intéressant et qui offre plusieurs heures de lecture et de réflexion.

The Morocco Report [En] fait aussi l’éloge du journal, en publie des extraits, et écrit:

Mes étudiants ont remarqué que les éditeurs sont vraiment ambitieux, et je suis assez d’accord, mais ce genre d’ambition est ce dont ils vont avoir besoin dans un pays ou même les plus populaires des journaux ne vendent que 100 000 exemplaires (la population marocaine est de 31 millions) et ou très peu de gens parlent ou lisent l’anglais.

Et cependant, je suis impressionné, car non seulement les articles sont originaux, mais les rédacteurs semblent être fidèles à leurs convictions, exposant leurs opinions comme musulmans, humanistes, pacifistes, écologistes, nationalistes, défenseurs de la vérité, démocrates, amoureux de la littérature et des arts, militants de la liberté et économistes (pas dans cet ordre).

Et pour la dernière “première fois”, Cat in Rabat [En] a publié un billet sur ce qui est probablement le premier magasin de vins au Maroc

“Sa présence, dans cette rue particulière, dans ce quartier particulier de Agdal, à Rabat, au Maroc, est aussi incongrue qu’une nonne carmélite dans un camp d’entraînement de Al Quaida dans les montagnes d’Afghanistan, mais il est bien là ».

Jillian York

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