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Océanie : L'environnement est une priorité

À côté de la dénonciation de la dictature militaire aux Fidji, les sujets environnementaux ont dominé le sommet des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, qui s'est ouvert le 20 août 2008 à Alofi, la capitale de Niué. Le Premier Ministre intérimaire autoproclamé de Fidji, Frank Bainimarama, a boycotté cette rencontre annuelle des chefs de gouvernement de 16 états du Pacifique. Les autres états membres du Forum ont menacé d'imposer une interdiction de voyager aux dirigeants fidjiens jusqu'à ce qu'ils annulent leur décision de repousser les élections, et la restauration de la démocratie, initialement prévues pour mars 2009.

Au moment où les dirigeants régionaux essayent d'augmenter la pression sur le gouvernement fidjien, des blogueurs s'inquiètent du réchauffement climatique et d'autres problèmes environnementaux qui entraînent des difficultés économiques pour les états insulaires du Pacifique.

Langa Langa, des îles Salomon, rend compte de l'intervention de Toke Talegi, le Premier Ministre de Niué qui accueillait ce trente-neuvième sommet du Forum des îles du Pacifique, qui a déclaré que maintenant l'attention de la communauté internationale se tournait vers le changement climatique, et que le temps était venu d'apporter une aide aux nations insulaires touchées par ce phénomène, d'autant plus que l’aide internationale [en anglais] par habitant a à peine augmenté ces dix dernières années.

Les problèmes énergétiques [en anglais] de ces îles éparpillées au milieu d'immenses étendues océaniques sont importants. Sans pétrole ni hydroélectricité, la plupart de ces états insulaires ont du mal à produire leur énergie électrique. L'importation de produits pétroliers est coûteuse car leur population est réduite et isolée. Très peu de sites d'entreposage du carburant existent, ce qui rend difficile la constitution de réserves. Les niveaux de développement et la croissance démographique diffèrent d'un état à l'autre, ainsi que l'accès à l'électricité.

Par dessus tout, beaucoup de ces îles sont sensibles au changement climatique : elles courent le risque d'être victimes de l'élévation du niveau des océans et de tempêtes tropicales violentes. La Papouasie-Nouvelle-Guinée doit reloger plus de 2 000 habitants des îles Carteret qui sont en train d'être submergées [en anglais]. Deux îles inhabitées des Kiribati ont été englouties en 1999.

Tandis que les responsables politiques discutent de ces problèmes, aux Fidji des blogueurs imaginent des solutions à leurs problèmes énergétiques, tels que ceux de cet hôpital privé d'électricité depuis six mois, comme le rapporte le Fiji Times [en anglais].

C'est important, le tourisme, une activité bien implantée aux Fidji, est en train de s'impliquer. Les auteurs du blog [en anglais] Diving in Fiji (plonger aux Fidji) mettent en ligne un lien avec un article sur la plongée “verte”. Ben Keene, un jeune entrepreneur britannique, a eu l'idée de créer un site de réseautage social et de s'établir sur l'île fidjienne de Vorovoro, où il travaille avec les habitants à la construction d'un lieu de séjour touristique respectueux de l'environnement, avec production d'électricité solaire et éolienne, toilettes sèches et un hébergement construit selon l'architecture fidjienne traditionnelle. Selon ses dires, l'entreprise a fourni du travail à plus de 150 villageois pour faire fonctionner ce centre de vacances, en achetant de la nourriture à des paysans et à des pêcheurs, en louant des taxis et des bateaux pour transporter les touristes, et en recrutant du personnel pour le centre. Cette entreprise détaille en ligne son projet [en anglais], en vue de l'obtention d'une récompense dans le domaine du tourisme responsable. Enfin tout un blog [en anglais] est consacré à l'agriculture biologique comme moyen d'alimenter les nombreux établissements touristiques des Fidji.

Le blog Energy for All [en anglais], dédié aux énergies renouvelables, décrit l'utilisation de technologies de pointe au niveau local.

Un village de la province de Macuata, sur l'île de Vanua Levu, la seconde en superficie des Fidji, vient d'entrer dans l'ère de l'éclairage économe en énergie. “Macuata Soqosoqo ni Marama” (l'Association des Femmes de Macuata), du village de Visoqo, avec le soutien de GEF, du Canada Fund et de l'Association Internationale des Femmes, a réuni les fonds nécessaires à l'installation de plusieurs équipements solaires domestiques dans le village, réalisée par une entreprise locale.

Les petites lanternes solaires portatives sont un substitut aux lampes-tempête et aux lampes-torches ordinaires. […]. Le modèle qu'on utilise à présent aux Fidji est un lanterne compacte avec une lampe fluorescente de 9 W, un panneau solaire encastré et une pile de 6 V. La pile peut se recharger avec l'énergie solaire ou en utilisant n'importe quelle prise électrique. C'est un appareil très bien conçu, et il est fourni avec une radio et un détecteur de mouvement. Mes étudiants sont en train d'effectuer des essais avec ces lanternes dans le cadre de leurs mini-projets…

Le blog Pacific Islander [en anglais] cite le discours vieux d'une cinquantaine d'années d'un amiral américain (spécialiste de la propulsion nucléaire) qui prédisait la fin de l'énergie fossile et défendait l'énergie nucléaire comme une ressource abondante fournissant beaucoup d'énergie avec peu de matière. Et le blog ajoute le commentaire suivant :

Il est maintenant trop tard pour s'adapter sans douleur à l'économie post-carbone (une économie dans laquelle les énergies fossiles ne sont plus ni abondantes, ni peu coûteuses) : peut-être même que ce sera très douloureux. On commence déjà à le ressentir, un peu. Mais plus nous refuserons de voir cette réalité en face, plus dur ce sera. On ne peut pas dire qu'on n'était pas prévenus. J'espère que nous sommes prêts à entendre ce discours, à le prendre à cœur, même si nous avons 51 ans de retard…

Le blog Invest in Fiji [en anglais], tenu par deux hommes d'affaires des Fidji, appelle le gouvernement à consacrer plus moyens à l'énergie solaire.

Je me demande encore pourquoi les autorités en charge de l'électricité ne nous permettent pas de commencer à utiliser des panneaux solaires pour alimenter en électricité nos maisons et nos bureaux, de façon complémentaire ou même complètement.

Ces dernières années, le coût de nos importations a augmenté en grande partie à cause de notre facture pétrolière.

Les derniers gouvernements on tenté d'encourager les entreprises travaillant dans le domaine de la production d'énergies renouvelables, mais ces efforts se sont révélés insuffisants pour inciter vraiment les entreprises à se lancer dans cette activité.

La recherche locals dans le domaine des énergies renouvelables, y compris l'énergie solaire, est pratiquement inexistante, avec peu d'empressement de la part des responsables universitaires pour encourager les chercheurs ou les entreprises à mener des recherches dans ce domaine.

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