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Asie du sud : Journée mondiale des personnes handicapées

La journée mondiale contre le SIDA a été célébrée dans le monde entier le 1er décembre, et a eu un certain écho dans les médias. Mais la journée mondiale des personnes handicapées ne bénéficie de quasiment aucun écho médiatique, contrairement au SIDA.


Cercle d'amis, photo de Jimee, Jackie, Tom and Asha sur Flickr, utilisée sous licence Creative Common.

La journée mondiale des personnes handicapées, qui a lieu chaque année le 3 décembre, est une reconnaissance de la contribution des personnes ayant un handicap physique ou mental à notre monde. En Asie du Sud, une forte honte est associée à tout type de handicap physique ou mental. La journée mondiale des personnes handicapées est l'occasion de diffuser l'information concernant les droits des personnes handicapées, et de faire comprendre qu'être différent n'est ni un péché, ni une chose honteuse.

En Inde, Javed Abidi [en anglais], le plus connu des militants pour les droits des handicapés du pays, mène à cette occasion une manifestation intitulée “Dilli Chalo“, “Allons à Delhi”, qui se tient à la Porte de l'Inde.

Javed Abidi déclare que l'Inde a réalisé des progrès dans la reconnaissance des droits des handicapés, mais que beaucoup reste à faire.

Actuellement, en Inde, comme nous le savons, nous avons depuis 12 ans une Loi sur le Handicap. L'année dernière a été importante pour deux raisons. La première est que notre pays a ratifié [le 1er octobre 2007] la Convention de l'ONU, et la seconde a été le XIème Plan [en anglais]. Dans le XIème Plan… il y a pour la première fois un chapitre particulier sur le handicap. Nous avons alors pensé que les choses étaient en train de changer. […] Mais si nous nous intéressons à l'année écoulée [2008], nous constatons que les choses n'ont pas changé autant que nous l'espérions….

À côté de la lutte pour améliorer la législation concernant les droits des personnes handicapées, des efforts sont également nécessaires afin d'aider ceux qui vivent dans la pauvreté la plus infâme à cause de leur handicap.

Un article du 20 novembre 2008, publié par The National [en anglais], montre à quel point les personnes handicapées pauvres ont besoin de l'aide de l'État afin de pouvoir vivre dans la dignité.

Dans cet article, Shaikh Azizur Rahman raconte qu'un père âgé [71 ans], qui s'occupe de ses deux filles handicapées, qui sont grabataires, depuis leur naissance, a écrit au Président de l'Inde afin d'être autorisé à les euthanasier. Il se dit trop pauvre [car ne pouvant plus travailler, étant donné son état physique] pour s'occuper de ses filles qui ont besoin de soins constants. Fatema, l'une de ses filles, déclare qu'elle souhaite mourir :

J'ai souvent demandé à mon père du poison. Personne ne m'aide à mettre fin à mes jours.

De l'autre côté de la frontière, au Pakistan, les handicapés font toujours face à une montagne de difficultés. S'exprimant dans la page “Opinions” de Dawn [en anglais], le 1er décembre 2008, Zahid Abdullah, qui travaille pour le Centre pour la Paix et le Développement, à Islamabad, déclare que le Pakistan a encore un long chemin à parcourir avant que les personnes handicapées ne se sentent valorisées par la société. Il fait également part de sa déception quant au rythme trop lent des réformes de la législation nécessaires pour assurer les droits des handicapés.

De la même façon qu'en Inde et au Pakistan, la société au Népal considère le handicap physique ou mental comme la conséquence des péchés d'une vie antérieure. Les handicapés sont habituellement traités comme des êtres inférieurs. Leur accès à l'éducation et au travail est significativement restreint. On voit souvent dans les rues des handicapés contraints de mendier pour survivre.

En 2004, Meen Raj Panthi déclarait [en anglais] sur Disability World que les familles cachaient leurs membres handicapés pour protéger leur honneur et leur prestige :

L'idée selon laquelle une personne handicapée a des droits et des devoirs égaux à ceux des autres individus est largement étrangère aux conceptions populaires.

Les enfants sont les premières victimes des discriminations. L’Association Nationale pour le Progrès des Handicapés et Infirmes [en anglais] du Népal cite l'exemple d'une petite fille nommée Manisha, tenue enfermée par ses parents parce qu'elle est aveugle :

Pendant que ses parents travaillent aux champs, elle est souvent enfermée dans sa chambre et attachée avec une corde par ses parents parce qu'elle n'a personne pour s'occuper d'elle. Son frère et sa sœur aïnés vont à l'école.

Photo miniature de Shizhao, sur Flickr, utilisée sous licence Creative Commons.

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