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Israël : Prières et rituels pour le Jour du Pardon

Cette année, Yom Kippour a été célébré par les Juifs à travers le monde le 28 septembre. A l'approche du jour le plus sacré du calendrier juif, les blogueurs israéliens se sont tournés vers la toile pour partager leurs pensées, leurs sentiments et leurs espoirs pour la nouvelle année.

A noter pour les lecteurs non juifs que Rosh HaShana est le Nouvel An juif, tandis que Yom Kippour est le Jour du Pardon, une journée de jeûne 10 jours après Rosh HaShana.

Rock of the Galilee écrit sur la période de l'année particulière entre Rosh HaShana et Yom Kippour [en anglais].

Ç'a été une semaine très agitée de rosh hashana à yom kippour, j'ai fait deux séries de seli'hot [pardon], l'un à Tsfat avec les garçons… et ensuite à Jérusalem le lendemain soir avec les filles. Nous avons aussi construit notre soukka, que nous avions reçue de nos amis…

La journée d'aujourd'hui a commencé à 4 h 30 du matin. Ce n'est pas aussi tôt que ça en a l'air, car nous avons eu le changement d'heure hier soir, c'est comme s'il était 5 h 30… Hier soir j'avais décidé de descendre au nachal (le ruisseau) pour une trempette matinale dans le mikvah (le bain rituel).

Les Juifs religieux, hommes et femmes, se purifient traditionnellement dans le mikvah avant les jours saints.

Sur le blog Ingathered, Leah écrit qu'il y a deux raisons de demander la miséricorde de D : la crainte de la punition et l'amour du divin. Elle explique :

Bien que les deux sortes de teshuva [demande de pardon] soient acceptées, la première évacue le péché et remet le compteur à zéro, tandis que la deuxième donne un avantage au pénitent en transformant ses péchés en vertus.

Tandis que sur Aliyah! Step by Step, Yael s'attarde sur les aspects plus pratiques des préparatifs de la fête :

Chaque année je suis prise de court par cette mentalité de faire des réserves. On dirait que les gens s'apprêtent à descendre dans les abris pour les prochaines six semaines alors que les magasins seront seulement fermés pendant 24 heures. La femme devant moi n'arrêtait pas d'envoyer ses gamins rétifs rapporter des produits supplémentaires, “Dudi, retourne et va chercher 4 yogourts de plus.”

A Yom Kippur, A Soldier’s Mother demande aux lecteurs d'avoir une pensée pour les soldats qui protègent le pays, se référant, à l'instar de nombreux blogueurs israéliens, à la menace renouvelée d'un Iran nucléaire, à la suite du discours du président Mahmoud Ahmadinejad devant l'Assemblée générale de l'ONU la semaine dernière.

Nos fils et nos filles gardent nos frontières, sous la protection d'un Dieu qui nous a promis cette terre encore et toujours. Un Dieu qui a veillé à nous ramener chez nous après plus de 2.000 sur une terre qui a toujours été la nôtre, et le sera toujours. La grandeur de cette alliance ridiculise Ahmadinejad et l'Iran. Ils ne sont rien, et leurs missiles sont une plaisanterie en comparaison de la Puissance d'Israël.

(Cliquez ici pour le texte intégral de l'allocution d'Ahmadinejad au Nations Unies du 24 septembre 2009.)

Sur le blog South Jerusalem, Gershom Gorenberg médite sur la manière dont les rituels juifs sont façonnés par leurs relations avec les communautés de la diaspora qui les ont influencés.

Par des voies subtiles et indirectes, semble-t-il, notre sens de la miséricorde divine est façonné  en partie par la quantité de chaleur humaine que nous avons trouvée.

Il raconte que lors d'un voyage à Bangkok pendant Yom Kippour, sa femme et lui on pu se rendre dans une synagogue de Juifs Mizrachi— des Juifs originaires de communautés arabes du Moyen Orient—et qu'il a été déconcerté par leur manière différente de prier, comparés aux Juifs de communautés européennes. Il se souvient :

C'était la première fois que nous passions cette longue journée de prière et de jeûne avec des Juifs Mizrahi. Nous étions habitués aux mélodies tristes des Ashkenazim au bord des larmes. A Bangkok, confrontés à un sévère jugement, les Juifs se balançaient. “Hatanu lefanekha, rahem aleinu” – “Nous avons péché devant toi, aie pitié de nous,” chantaient-ils à tue-tête, comme s'il ne pouvait rien y avoir de plus joyeux.

Jameel sur Muqata exécute le rituel de la demande de pardon auprès des lecteurs de son blog :

Je voudrais demander pardon :
- si je n'ai pas répondu à votre courriel
- si j'ai oublié de mettre un lien vers votre blog ou de vous ajouter à ma liste de blogs
- si j'ai négligé d'écrire un billet à propos d'un sujet demandé
- si j'ai écrit quelque chose comportant une erreur factuelle sur mon blog au cours de l'année passée.

J'ai fait tout mon possible pour ne publier que des entrées factuelles, avec toutes les sources et les hyperliens et ai tâché de corriger tout article ou billet que j'ai trouvés inexacts.

Sur eJewishPhilanthropy, Gail Hyman partage une liste du même genre (extraits):

Je me demande combien de ces manquements à la communication nous avons tous en commun.
- Ne pas vérifier tous les faits.
- Ne pas écouter activement alors que c'est une partie essentielle de la communication.
- Ne pas être ouvert pour entendre les opinions et les points de vue d'autrui.
- Ne pas reconnaître qu'il y a beaucoup – et pas seulement une seule – d'opinions valables sur une question.
- Ne pas s'exprimer sur des sujets qui requièrent votre voix.
- Ne pas communiquer plus souvent avec ceux qui nécessitent et méritent votre attention.

Pour en revenir à Muqata, Jameel partage aussi une intéressante façon qu'a sa communauté de commémorer Yom Kippour:

Notre implantation participe à nouveau au service de prière communautaire “Biyachad” (Ensemble), dans lequel des Juifs laïques et religieux s'unissent en prière pour Yom Kippour. Cela se passe dans une école locale, et non dans une synagogue officielle — donc en terrain neutre pour que personne ne se sente “pas à sa place.”

Une prière communautaire ensemble, où TOUS les secteurs sont représentés a quelque chose de vraiment spécial. En ce jour de sainteté solennelle, les Juifs laissent de côté leurs différences, la politique et les chicanes — et implorent le pardon de D.

Sur leurs blogs Jerusalem Diaries et Jewlicious, Judy Lash Balint et Rabbi Yonah parlent de la pratique rituelle de kapparotKapparot consiste à balancer un poulet (ou un autre objet symbolique) trois fois autour de sa tête. Les pratiquants du rite croient que le péché est transféré sur l'objet, et que, sous l'effet du balancement, la personne comme l'objet en sont délivrés.

Dans son billet, “A l'approche du grand jour,” Lash Balint nous fait traverser les étapes de la préparation des jours saints, en commençant par kapparot :

Sur un parking près du marché Machane Yehuda de Jérusalem, on fait virevolter des dizaines de poulets vivants au-dessus des têtes des hommes, femmes et enfants, pendant qu'une déclaration affirme : “Ceci est mon substitut, mon offrande déléguée, ma pénitence : Ce poulet suivra sa destinée tandis que j'irai vers une longue et bonne vie de paix.” …On fait ensuite don des poulets aux nécessiteux ou bien ils sont rachetés avec de l'argent qui ira aux pauvres.

Elle poursuit :

Ensuite, les hommes se hâtent dans les rues avec des serviettes en direction du mikveh (bain rituel) le plus proche. Beaucoup ont déjà commencé à construire leurs soukkot (cabanes) pour préparer Soukkot, la fête qui dure une semaine et débute la semaine après Yom Kippour. Les constructions de Soukkot en tout genre ont éclos sur les balcons, aux coins des rues et devant les cafés. Les décorations finales et le toit en s'khakh seront ajoutés aussitôt après la fin de Yom Kippour.

Lash Balint ajoute que les journaux prédisent qu'environ 71% des Juifs israéliens entre 18 et 35 ans jeûneront cette année pour Yom Kippor.

Sur Jewlicious, Rabbi Yonah demande à ses lecteurs quel objet ils utilisent pour kapparot cette année. Voici les réponses :

- Argent (40%)
- Poulet (25%)
- Ne fait pas Kaparos (25%)
- Légume (10%)
- Poisson (0%)

Chaviva du blog Kvetching Editor réfléchit à sa recherche de D dans les prières et les rituels. Dans un billet intitulé, “Quand je T'appellerai, Répondras-Tu?” elle se remémore ses sentiments envers la religion lorsqu'elle s'efforçait de trouver des réponses l'année passée à la même époque.

La seule chose que j'ai toujours détestée dans la “religion” c'est qu'elle n'a ni rime ni raison. On faisait les choses parce que “c'est comme ça.” Vous allez à l'église le dimanche parce que c'est ce que fait un bon chrétien. Vous daven [priez] trois fois par jour, parce que c'est ce que fait un bon juif…

Le POURQUOI se perd en cours de route. C'est aussi ce qui m'a tellement plu dans le judaïsme…. La quantité de discussions et d'arguments qui constitue la pensée juive est éblouissante et révélatrice.

Sur  une note beaucoup plus triviale, Dion Nissenbaum de Checkpoint Jerusalem fournit à ses lecteurs une mise au point rabbinique sur la question de savoir si les Juifs peuvent porter ou non des Crocs pour Yom Kippour. Après avoir passé en revue les divers avis, la conclusion semble la suivante :

Un rabbi ultra-orthodoxe a déterminé que ce vilain sabot en plastique n'assure pas le degré de souffrance requis pour le jour saint juif de pénitence.

Il est interdit aux Juifs de porter du cuir ce jour-là, ce qui fait des Crocs, constitués de matière plastique, une alternative appréciée.

Steve de Israel Seen nous quitte avec une bénédiction à sa façon :

Soyez bénis vous tous, Juifs comme non-Juifs dans la célébration de la vie tout en sachant bien qu'il y a des gens sur toute la terre qui continuent à souffrir de l'oppression, de la pauvreté et du manque de possibilités. Jusqu'à ce que nous soyons tous libres, il restera toujours une partie de nous-mêmes à être déchirée par la douleur de ceux qui souffrent.

Et pour conclure, la blogueuse juive Ima On (and Off) the Bima, dans un billet intitulé, “J'espère que votre jeûne n'est pas facile,” nous quitte avec ce voeu fervent :

Je ne veux pas que mon jeûne soit trop facile. Je veux que mon jeûne soit résolu. Je veux qu'il ait un sens. Je veux qu'il me rappelle qu'il y a sur terre des gens qui meurent de faim. Je veux qu'il me rappelle que mon moi spirituel a du travail à faire. Je veux sentir l'étourdissement qui vient à la fin de la journée quand je suis sur pied depuis près de 12 heures à conduire des offices et je veux que ce moment me soulève et me fasse ressentir une véritable relation avec Dieu.

C'est pourquoi cette année je ne souhaiterai à personne un jeûne facile. Que votre jeûne soit pour vous plein de tout ce que vous en attendez. Que votre jeûne soit fort, déterminé et plein de sens.

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