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Japon : Une nouvelle culture de la course, la course nocturne

Ils sont nombreux au Japon à courir à la nuit tombée, plus qu’on ne l’imaginerait, et la tendance semble gagner du terrain.

Parmi les principales raisons qui incitent certains coureurs à pratiquer la nuit, c’est souvent l’aspect pratique qui prime. Le nombre impressionnant de participants à une course organisée récemment aux alentours du château d’Osaka témoigne bien de l’attrait que présentent les horaires de nuit pour les personnes qui travaillent.

Kiyoshi, d’Osaka, a participé à la course nocturne autour du château d’Osaka :

さて、この大会ですが、平日の夜に開催されるということで、人が集まるんかいな?と最初は思っていましたが、会社帰りの方その他、計560名の方が参加されました。
大阪城公園内とはいえ、平日の夜に5km、10kmでタイムを計測してもらえるということで、いろんな事情で日曜日のレースに出づらい方や、レースは全く初めてという方などが気軽に参加されたのではないかと思います。

La compétition était prévue  pour une nuit de semaine,  donc ma première réaction a été de me demander si les gens allaient vraiment venir. Finalement, nous étions 560 en tout à participer après notre journée de travail. Bien que l’événement ait eu lieu dans le jardin du château d’Osaka, les courses sur 5km et 10km ont pu être chronométrées. Je pense que les gens qui ont généralement du mal a se motiver pour participer à une course le dimanche, et même ceux pour qui c’était la première course,  n’ont eu aucun mal à rejoindre le mouvement.

Et puis il y a la griserie de l’atmosphère nocturne, qui met certaines personnes à l’aise et réunit des conditions généralement favorables à la course.

Carna nous explique ce qu’elle aime dans la course nocturne :

空は雲に覆われている為、月明かりはなく、街も節電中の為、薄暗い中でのランニングとなりましたが
逆に走りに集中できたのではないでしょうか
夜のランニングはホントに気持ちが良いですね!
日焼けもしませんし

Le ciel était couvert, la lune ne filtrait pas et la ville était éteinte, ce qui rendait le parcours assez sombre. En même temps, j’avais l’impression de pouvoir me concentrer davantage sur ma course. Courir de nuit, c’est à la fois très rafraichissant et pratique pour ne pas attraper de coup de soleil !

On assiste même à l’essor d’une nouvelle mode pour les coureurs nocturnes. Lafino a essayé une veste incrustée de petites lampes DEL spécialement conçue pour la marche et la course de nuit.

Nous avons souligné l’intérêt de la course nocturne en tant que loisir, mais qu’en est-il de sa portée en tant que véritable culture définissant les individus et leur relation à la société ?

On associe rarement la course à la vie nocturne ou à une sous-culture ; or c’est précisément l’analogie que fait le groupe Midnight Runners Tokyo (MRT), dont les membres foulent depuis un certain temps les rues tokyoïtes les nuits de weekend, au moment où il ne viendrait pas a l’idée de grand monde de sortir courir. Pour eux, plus qu’un sport, la course nocturne est une culture en devenir.

Les organisateurs du MRT nourrissent pour le groupe des projets ambitieux. Global Voices Japon a rencontre l’un d’entre eux, Shogo Otani, pour parler de l’idée qui sous-tend les courses de nuit et des perspectives du groupe.

D’où vous est venue l’idée de créer le MRT ?

Le magazine de mode japonais Huge Magazine avait publié un article sur un groupe qui s’appelle New York Bridge Runners et dont les  membres  courent la nuit. Nous nous sommes demandés si nous pouvions importer cette pratique à Tokyo, c’est pourquoi nous avons créé le MRT début 2011.

Quel est l’objectif du MRT ?

Avec le MRT, nous visons à instaurer une tendance pour le Japon moderne qui déboucherait sur une contre-culture de la course.  L’attrait du groupe ne tient pas au style ni à l’apparence des participants, mais à la liberté qu’il offre, si bien que le mouvement devrait véhiculer une sorte de mentalité hippie du 21eme siècle. L’idée, c’est de laisser chacun exprimer sa liberté en courant.

Que ressentez-vous lorsque vous parcourez les rues de Tokyo en courant ?

Je me sens pleinement en vie. Je me sens vivre au cœur de Tokyo, et je prends conscience de l’importance et de la joie d’avoir des amis.

Combien de personnes aimeriez-vous voir rejoindre le mouvement ? Pourquoi ?

7 milliards. De nos jours, c’est le genre de chiffre qu’il faut viser.

Combien de courses par an aimeriez-vous organiser ?

Nous visons deux courses par mois, soit 24 par an. À l’avenir, les coureurs auront le loisir de prendre part à l’organisation des événements. Si la course en question se déroule bien, nous réitérerons l’expérience plus souvent. Actuellement, l’objectif officieux est d’une course par semaine, et l’objectif officiel est d’une course par mois.

Combien de membres officiels le MRT compte-t-il?

Nous avons deux coordinateurs, un webmaster et un rédacteur, et c’est tout. Nous sommes actuellement à la recherche d’un photographe et d’un directeur artistique. Une fois que nous les aurons trouvés, notre équipe sera pleinement opérationnelle.

Comment expliquez-vous que les médias accordent davantage d’attention au MRT qu’aux Bridge Runners ?

Le groupe des Bridge Runners  définit des individus.  L'initiative est née d'une motivation personnelle de quelques personnes, aussi leur regroupement s'est-il fait spontanément. Le MRT définit une culture. Il est né d'une volonté de changer la société. D'où l'objectif de 7 milliards. Le but du MRT est de promouvoir les idées et la communication, c'est ce qui le distingue d'une simple culture de rue. La composante intellectuelle y est essentielle.

Quel est l'objectif des rassemblements ?

L'idée-clé du MRT est la liberté. L'objectif est de développer toujours davantage une nouvelle culture en véhiculant cette idée et à travers chaque contact. C'est une quête sans fin.

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