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Dans une université thaïlandaise, les militaires interrompent une conférence sur les “régimes autoritaires” et arrêtent les professeurs

About a hundred students of Thammasat University joined the planned lecture on authoritarianism. Photo from Prachatai website.

Près d'une centaine d'étudiants de l'université de Thammasat assistent à une conférence sur les régimes autoritaires. Photo autorisée du site Prachatai.

[Sauf indication contraire, les liens dirigent vers de pages en anglais]

La semaine dernière un groupe d'étudiants de la prestigieuse université Thammasat a accueilli une conférence sur “la chute des régimes autoritaires à l'étranger”. Alors que la conférence devait traiter du problème dans d'autres pays que la Thaïlande, le gouvernement a apparemment décidé que le sujet était trop proche de la situation actuelle dans le pays et a annulé la conférence.

Le premier Ministre thaïlandais actuel est le chef des armées qui a monté un coup d'état en mai. L'armée a ensuite rédigé une constitution [fr], nommé les membres de l'assemblée législative et nommé le responsable du coup d'état à la tête du pays. Bien qu'un nouveau gouvernement ait été formé, l'armée interdit toujours les manifestations et les rassemblements de cinq personnes ou plus, tout en surveillant et contrôlant les organes de presse traditionnels. Toute personne qui ne respecte pas les ordres de l'armée risque des poursuites et même l'emprisonnement.

Les militaires ont demandé l'annulation de la conférence publique et l'université s'est exécutée en fermant l'accès à la salle de conférence. Les étudiants sont alors descendus dans le hall d'entrée pour tenir la conférence, donnée par un professeur d'histoire confirmé, Nidhi Eaowsriwong, et un conférencier en sciences politiques réputé, Prajak Kongkirati. La police a essayé d'annuler l'évènement sans y parvenir, et a donc demandé aux orateurs et aux étudiants qui les accueillaient de se rendre au poste de police. Le poste de police a rapidement été protégé par des militaires.

Les étudiants donnent un premier compte-rendu de la situation sur Twitter :

D'après ce que nous savons, les professeurs d'université convoqués par les autorités au poste de police sont Nidhi Eaowsriwong, Janjira Sombatpoonsiri, Prajak Kongkir

Les professeurs arrêtés par les autorités sont Nidhi Eaowsriwong, Janjira Sombatpoonsiri, Prajak Kongkirati

On s'amuse au poste de police

Alors que le Premier Ministre thaïlandais qualifie la détention d’ “invitation” à se rendre au poste de police, The Bangkok Post rapporte que les participants ont reçu une “mise au point” pendant leur détention.

Des universitaires de 16 universités ont signé une déclaration pour condamner l'action des militaires :

En tant que professeurs de 16 universités de Thaïlande, nous condamnons les militaires et la police pour avoir intimidé des professeurs d'université et des étudiants dans l'enceinte de l'université. L'action des militaires et de la police constitue clairement une violation de la liberté de l'enseignement et est tout à fait inacceptable.

Prétexter que le forum de discussion aurait pu porter atteinte à la sécurité nationale est sans fondement. Les forums de discussion comme celui de l'université de Thammsat sont habituels et font partie des programmes et n'ont jamais porté atteinte à la sécurité nationale.

Brad Adams, Directeur de Human Rights Watch, presse le gouvernement de cesser la répression contre la liberté d'enseignement :

Bien qu'ils racontent au monde que ce ne sont pas des dictateurs, les autorités militaires thaïlandaises renforcent leur emprise sur les universités et interdisent les forums de discussion sur la démocratie et les droits humains. Le Premier Ministre Prayuth devrait cesser immédiatement la répression qui s'exerce sur la liberté d'enseignement et la liberté d'expression.

Cet incident est un nouveau signe de la détérioration permanente de la protection des droits humains, de la liberté d'enseignement et de la liberté d'expression en Thaïlande sous un gouvernement soutenu par l'armée. Mais c'est aussi la preuve qu'un certain nombre de groupes et de citoyens revendiquent un retour à la normalité et aux droits démocratiques dans le pays.

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