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Le cri de douleur des manifestants de Mexico pour les disparus d'Ayotzinapa

Parents of missing 43 student teachers from Ayotzinapa marched i Mexico City accompanied by thousands of students and citizens to demand their children's safe return and information about the case. November 5, 2014. Photo by LUIS RAMON BARRON TINAJERO. Copyright Demotix

Les parents des 43 étudiants disparus de l'école normale d'Ayotzinapa ont marché dans Mexico accompagnés par des milliers d'étudiants et citoyens. 5 novembre 2014. Photo de LUIS RAMON BARRON TINAJERO. Copyright Demotix.

[Article d'origine publié le 6 novembre 2014]
Des dizaines de milliers de personnes ont marché du palais présidentiel jusqu'à la place principale de Mexico pour demander le retour sain et sauf des 43 étudiants-instituteurs disparus et protester contre le rôle joué par le gouvernement régional dans leur disparition, ajouté à l'inefficacité du président à donner réponse à ce crime.

Les organisateurs ont déclaré qu'au sein de la ville, 120 000 personnes avaient participé à la Journée d'Action Générale pour Ayotzinapa organisée par plusieurs mouvements étudiants mexicains, alors que la police a compté 60 000 personnes. Les cris des manifestants pour obtenir justice ont atteint les quatre coins du Mexique, et du monde. Le site d'informations Revolucion 3.0 a décri la manifestation comme peut-être “la plus large marche de condamnation de l'histoire”, et il a partagé une galerie audiovisuelle avec des mises à jour minute par minute du mouvement. 

Les manifestations ont eu lieu le lendemain de l'arrestation de José Luis Abarca, l'ancien maire d'Iguala et de sa femme María de los Ángeles Pineda à Mexico par les forces fédérales aux premières heures le mardi 4 novembre 2014. Ils ont tous les deux été identifiés par les autorités et les médias comme les cerveaux présumés de l'attaque initiale contre les étudiants qui a fait six morts et a par la suite conduit à la disparition des 43 autres à Ayotzinapa.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont partagé des messages de soutien à la marche et des photos prises sur place :

Au cri de “Etat malhonnête qui tue des étudiants”

C'était l'Etat, c'était le gouvernement, c'était eux tous, stop à l'impunité au Mexique !

Je suis (NOUS SOMMES) la voix de ceux qu'on a fait taire sans raison, pour le simple fait qu'ils pensaient différemment.

 Ni erreur, ni cas isolé. Ayotzinapa est un crime d'Etat.

 Hashtag difficile, l'Action Générale pour Ayotzinapa ; rien de moins que ça : c'était l'Etat.

Le Zócalo rempli de voix s'indignant, “Nous ne sommes pas seulement l'université, nous sommes la société entière”

De nombreux utilisateurs de Twitter se sont adressés au Président mexicain Enrique Peña Nieto, certains critiquant son projet d'embarquer pour une tournée internationale à travers l'Asie et l'Océanie dans cette période critique :

 Quand le Président ne préside pas et se laisse intimider, il laisse le pays à la dérive 

“Peña Nieto part en tournée, la honte au visage, pour continuer de vendre le pays” dit l'orateur. “Justice, justice” répondent-ils.

Une foule d'autres ont fait écho à la revendication qui avait circulé en ligne et hors ligne d'une démission du Président :

Dernière minute. Le cri “Peña dehors” grossit à la marche de Zócalo.

Dernière minute : MEXICO, place Zócalo, ils reprennent en choeur “Peña dehors”

Sur Instragram et sur Twitter, les utilisateurs partagent des photos des manifestations. Le Centre iguel Agustín Pro Juárez pour les Droits de l'Homme a publié un instantané pris dans le centre ville de Mexico.

Le 5 novembre, ce n'était pas la première fois que la tragédie d'Ayotzinapa déclenchait des manifestations. L'utilisateur d'Instragram pariscervantes avait publié un collage de photos intitulé “Un message pour @EPN [Enrique Peña Nieto] depuis les Beaux Arts” deux semaines plus tôt. 

Pendant ce temps, des gens de tout le pays ont partagé des photos des dernières manifestations là où ils se trouvaient :

Action Générale pour Ayotzinapa à Queretaro.

Des images éloquentes de la manifestation étudiante à Merida demandant justice pour Ayotzinapa.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont aussi partagé leurs réflexions sur la politique mexicaine et les réalités sociales :

Savez-vous qui va défendre nos droits ? Personne. Tout le monde fait partie de la mascarade.

Mexicains, quand allez-vous réagir ? Quand les disparus appartiendront à votre famille ?

Certains ont rappelé les milliers de vies perdues dans la guerre contre la drogue et le crime en général qui sont à ajouter aux 43 étudiants disparus :

Les 43 étudiants nous manquent, et il y en a 22 000 de plus qui ont disparu au Mexique !

Certaines voix se sont élevées contre les marches :

Combien de marches ont été utiles ? Elles servent seulement de prétexte pour vandaliser la ville.

Des protestataires se sont excusés et en émettant l'espoir que cette affaire ne soit pas oubliée.

 Désolé pour le dérangement, Enrique Peña Nieto, nous faisons bouger le Mexique.

Le Mexique vibre autour du monde, que la flamme ne meure jamais.

J'espère que ceci ne se transformera pas seulement en une mode de plus, le pays ne peut plus pardonner ces choses

Les parents des 43 disparus déclaraient pendant la manifestation :

“Peu importe qui l'a, je lui donnerai ma terre pour que mon fils me soit rendu vivant.”

Le gouvernement annoncera les morts de nos enfants, ne nous laissez pas seuls.

A 19h au Mexique les hashtags #AccionGlobalPorAyotzinapa (Action Générale Pour Ayotzinapa), #SiRenunciaPeña (Si Peña Se Retire) et #Abarca (l'ancien maire d'Iguala et l'un des principaux suspects) étaient dans le top 10 des sujets les plus discutés sur Twitter. 

Voir notre dossier : ‘Ramenez les Etudiants mexicains disparus d'Ayotzinapa en vie’ (en anglais)

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