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Les visages de Global Voices : Juan Tadeo au Mexique

Our Contributor in México, Juan Tadeo.

Notre auteur au Mexique, Juan Tadeo.

Né à Mexico dans les années 80, Juan Tadeo a étudié le droit à l'Université autonome nationale du Mexique (Universidad Nacional Autónoma de México), Diplomé en 2009, il a lancé son blog en aout de cette même année et utilise son droit à la liberté d'expression pour écrire sur la justice, la politique, la transparence, ainsi que sur la musique et le foot. 

Il contribue à Global Voices depuis 2011 et ses plus récents posts ont porté sur la disparition des étudiants mexicains de Ayotzinapa.

Global Voices (GV):  Comment avez-vous commencé à écrire pour Global Voices?

Juan Tadeo (JT): Cela remonte à presque quatre ans, au début de l'année 2011, quand j'ai contacté l'ancienne éditrice de Global Voices pour l'Amérique latine, Silvia Viñas. J'ai beaucoup appris d'elle.  

J'avais découvert l'existence du site de Global Voices quelques mois auparavant, car l'un des auteurs avait cité un post de mon blog sur une affaire de violence, de racisme et discrimination à la frontière nord du Mexique, c'est-à dire la frontière avec les Etats-Unis. J'étais content d'être cité, ravi de voir un extrait de mon post traduit en plusieurs langues en quelques semaines.

GV: Qu'appréciez-vous le plus en contribuant comme auteur bénévole à GV ? 

JT: Je trouve fascinante cette opportunité de pouvoir collaborer à une plateforme qui agrège des actualités locales de tous les coins du monde. Sur Global Voices, les lecteurs peuvent lire les nouvelles de mon pays dans leur propre langue  (anglais, français, italien, esperanto, et plein d'autres). Pour ma part, je préfère écrire en espagnol et être traduit. Je le fais car, à mes yeux, il n'est pas facile de trouver des sites d'informations en espagnol, en dehors de ceux des médias traditionnels, qui soient impartiaux, fiables et ajournés régulièrement.

GV: Quel est l'article qui vous a le plus marqué, et pourquoi ?  

JT: Tous les posts sur la violence dont on ne parle pas et qui affecte le Mexique m'émeuvent, m'offensent et m'attristent. Chaque fois que j'écris sur des personnes disparues, ou sur la découverte de nouveaux charniers, ou d'autres problèmes brulants, j'ai l'impression que le Mexique glisse toujours plus loin de la paix et de la justice dont jouissent la plupart des autres pays du monde. L'affaire du massacre de Cadereyta et la tournure affreuse qu'a pris la disparition des étudiants de Ayotzinapa sont des exemples particulièrement frappants de ce phénomène.  

J'ai aussi écrit d'autres articles d'un genre tout à fait différent, mais là encore douloureux, comme par exemple en septembre 2014 sur la disparition de Gustavo Cerati,  un musicien de talent que j'admirais depuis des années. 

GV: Qu'avez-vous appris du journalisme citoyen ?

JT: Il ma aidé à avoir un oeil plus critique sur le journalisme mainstream – à repérer quand le travail est bâclé et à comprendre pourquoi.

Au Mexique, ces problèmes sont particulièrement graves car les groupes qui contrôlent les médias donnent aux lecteurs et spectateurs des produits très médiocres, de toute évidence à dessein afin de favoriser les puissants, qu'ils représentent en fin de compte.

Par là, j'ai appris que souvent (pas toujours, malheureusement), le travail effectué par les médias citoyens est spécial et d'une grande valeur, même si la plupart des gens, tout au moins au Mexique, ne l'apprécient pas encore.

GV: Que devraient faire les médias traditionnels dans cette nouvelle ère de participation des citoyens et des médias sociaux ? 

JT: Je pense qu'ils devraient prêter attention aux individus, qui sont devenus plus conscients et exigent des contenus de qualité. Certains médias présents à l'international ont commencé à le faire car ils ont compris que le nombre de personnes qui demandent que leurs droits soient respectés en tant que spectateurs et consommateurs d'informations augmente, lentement, mais sûrement.  

Dans mon pays, le rythme de cette évolution est plus lent qu'ailleurs. Une grande partie de la population se contente de ce que lui donnent les médias. Leurs “news” s'intéressent aux rumeurs du show biz, la télé privilégie les comédies vulgaires et les films américains des années 90 qui n'ont pas marché. Une programmation qui finalement réussit pas mal aux grands groupes de médias.  Mais peu à peu, de plus en plus de gens éteignent néanmoins la télé. Quand ils consomment des informations, ils comparent plusieurs sources (nationale et internationales) avant de se faire leur propre opinion. Ce sont ces personnes qui satisfont leur soif d'informations en se tournant vers des voix intéressantes, alternatives, que l'on trouve dans le journalisme citoyen. 

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