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La crise au Burundi s'intensifie dans un contexte troublant

Compilation des images de la crise au Burundi en 2015

Compilation d'images sur la crise au Burundi en 2015

Le Burundi est en crise depuis le mois d'Avril mais le pays est encore trop rarement mentionné dans les médias internationaux. Cependant, depuis les deux dernières semaines du mois d'octobre, le niveau de violence et d'assassinations arbitraires atteints des proportions qui font craindre le pire aux observateurs de la crise.
Pour rappel, le président Pierre Nkurunziza a été réélu en 2010 a la tête du pays. La constitution du Burundi interdit à tout président de se présenter pour un 3eme mandat.  Le 25 avril 2015,  Nkurunziza annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle burundaise de 2015 pour un troisième mandat consécutif. Le 5 mai, la Cour constitutionnelle valide cette candidature.

Des manifestations éclatent dans tout le pays pour protester cette décision.Au moins, vingt-deux manifestants sont morts.  Le 13 mai 2015, le général Godefroid Niyombare annonce qu'il prend le pouvoir alors que le président Nkurunziza s'était rendu à  Dar-es-Salaam, en Tanzanie.

Le 14 mai, les putschistes échouent dans leur tentative prendre le contrôle de la radio et television nationale RTNB.  Le soir, l'entourage de Pierre Nkurunziza annonce qu'il est rentré au Burundi et garde la tete du pays.

Nkurunziza se présente aux élections le 21 juillet 2015 et gagne avec 69,41 % des suffrages. Cette élection n'apaise pourtant pas le climat de crise. Des milliers de réfugiés quittent le Burundi pour la Tanzanie redoutant les conflits armés à venir.

Sur le site Les Voix du Burundi, La reporter Ngabire Elyse s'entretient avec Aimé Magera, acteur connu de la vie politique Burundaise sur les solutions possibles à la crise du Burundi:

Aimé Magera constate que les dirigeants actuels n’ont presque rien gardé de l’expérience du passé récent de notre pays : « Ils sont entrain de marcher exactement dans les pas d’un ancien régime qui les a précédés juste avant que le vent de la démocratie ne souffle dans le paysage politique burundais en 1992. ” Dans un contexte où les cœurs sont déjà meurtris par les longs mois de manifestations réprimées dans le sang, des enlèvements, tortures, assassinats, découvertes des cadavres ligotés ou emballés dans des sacs et abandonnés le long des routes ou jetés dans des rivières, etc., la commission (de reconciliation) telle que définie par le décret qui l’a créée, n’apportera rien de nouveau.

On Waza Afrique, Landry Sibomana, créateur du groupe « Emploi à Bujumbura / Jobs in Bujumbura” sur Facebook, donne son avis sur la crise que traverse son pays:

Les causes sont multiples : politiques, économiques, sociales, etc. Ce qui m’attriste, c’est surtout les pertes en vies humaines, les dégâts matériels, mais aussi cette inquiétude et incertitude du lendemain qui se lit sur les regards des gens. La vie tourne au ralenti. C’est regrettable. La jeunesse est une ressource extraordinaire pour une nation et s’en occuper devrait être une priorité.  Beaucoup de jeunes se sont laissés embrigader dans des aventures dangereuses qui, finalement, ne font que leur coûter la vie. Et là, c’est toute la nation qui perd. je pense que les acteurs concernés devraient s’asseoir et dialoguer et penser à l’intérêt commun, qui est la paix et la sécurité pour tous. Qu’on le veuille ou non, tout le monde est victime.

En effet, des milliers de Burundais se retrouvent sur les routes pour fuir les affrontements et chasse au sorcières de plus en plus frequents. La video suivante expliaue le regain de violence ces derniers mois:

Valentin Vyabagabo, un resident au Nord de Bujumbura, affirme avoir vu des corps flotter régulièrement dans la riviere depuis Septembre.

Avant de monter en épingle les tensions ethniques, Roland Rugero de Bujumbura rappelle que cette crise a des facteurs multiples:

Dans dix ans, le Burundi aura plus de huit millions de demandeurs d’emplois, sur plus de 13 millions d’habitants. La résolution de la crise de 2015 ne doit pas faire oublier à tous les intervenants politiques et sociaux, locaux ou amis du pays, l’essentiel : si la population burundaise reste pauvre, avec tous les problèmes liés à une forte démographie et l’exiguïté des terres, le pays aura toujours et encore des violences cycliques. La crise burundaise renvoie à des frustrations économiques, sociales et politiques profondes : les jeunes qui ont fourni l’essentiel des contingents de manifestants sont les jeunes chômeurs, les travailleurs précaires, les jeunes ruraux désœuvrés en quête d’espoir en ville, mais aussi la majorité des étudiants qui rejettent tous un ordre politique et social qui les condamne durablement à la misère et au chômage, à un avenir sans perspective. Ils dénoncent un pouvoir incapable de répondre à leurs aspirations économiques et sociales. Cette impuissance n’est pas propre à ce régime.

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