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Un journaliste thaïlandais empêché de se rendre en Finlande pour la Journée mondiale de la liberté de la presse

Pravit Rojanaphruk holding a copy of the draft constitution which some critics believe will reinforce military rule in Thailand. Pravit is seen flashing the three-finger sign which is also a symbol of protest used by pro-democracy forces in Thailand. Source: Facebook

Pravit Rojanaphruk tient entre ses mains une copie du projet de constitution, accusée par certains de renforcer le régime militaire en Thaïlande. Le journaliste utilise ici le salut à trois doigts des films « Hunger Games », signe de ralliement des activistes pro-démocratie en Thaïlande. Photo : page Facebook de Pravit Rojanaphruk.

Les autorités militaires thaïlandaises ont rejeté la demande du célèbre journaliste Pravit Rojanaphruk de pouvoir se rendre à une conférence en Finlande le 3 mai 2016, pour la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Pravit Rojanaphruk, correspondant du site d'information Khaosod English et critique notoire de la junte militaire, a posté sur les réseaux sociaux un compte-rendu de ses échanges infructueux avec le gouvernement, qui a refusé de lui accorder la permission de quitter le pays. Il devait se rendre à Helsinki afin de participer avec d'autres journalistes étrangers à un événement organisé par l'UNESCO.

Depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014, Pravit n'a eu de cesse de critiquer la dictature militaire qui s'est établie en Thaïlande. Convoqué et détenu à deux reprises par l'armée afin de se prêter durant plusieurs jours à des sessions d’ « ajustement du comportement » au sein d'un camp militaire, il a néanmoins continué à couvrir de manière critique les activités de l'Etat thaïlandais. Bien qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui, les autorités lui ont « conseillé » de cesser de diffuser des informations « déroutantes » sur le gouvernement. Pravit est également  sous le coup d'une interdiction de sortie du territoire sauf autorisation expresse de l'Etat.

Après s'être emparé du pouvoir en 2014, l'armée a ébauché une constitution provisoire et promis de restaurer un régime civil une fois des réformes menées dans le pays. Deux ans plus tard, l'armée tient toujours les rênes du pouvoir, les médias sont strictement contrôlés et les manifestations publiques interdites. Pravit est l'une des seules voix publiques osant encore critiquer le caractère dictatorial du gouvernement soutenu par les militaires.

Sur Twitter, Pravit revient sur le refus des autorités de le laisser voyager à l'étranger :

Lettre d'invitation à la conférence organisée par l'UNESCO à Helsinki pour la Journée mondiale de la liberté de la presse et rejetée par la junte

Un porte-parole de la junte vient de m'annoncer au téléphone qu'ils ne m'autorisaient pas à me rendre en Finlande pour célébrer la Journée de la liberté de la presse en mai, malgré l'invitation du gouvernement finlandais.

Lorsque le porte-parole m'a annoncé la mauvaise nouvelle, il a dit que mon voyage à Helsinki « devait être reporté ». J'ai demandé si cela signifiait que je n'irai pas.

La BBC Thaï a demandé à la junte les raisons de mon interdiction de voyager en Finlande pour la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le porte-parole a répondu qu'il ne pouvait pas donner plus de détails.

Si la junte pense que m'interdire de voyager à l'étranger me fera taire, ils se trompent. Je continuerai à les surveiller et les critiquer.

Kirsti Westphalen, l'ambassadrice de Finlande en Thaïlande, a déclaré « regretter » la décision du gouvernement thaïlandais :

L'ambassade de Finlande regrette la décision du gouvernement thaïlandais d'interdire à Pravit Rojanaphruk de se rendre à Helsinki pour les célébrations de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

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