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A Fafe, au Portugal: “Terra Mãe”, un éco-festival qui voulait “changer le monde en trois jours”

Produtores locais mostram os seus produtos no eco festival "Terra Mãe". Foto: Manuel Ribeiro

Des producteurs locaux montrent leur produits pendant l'éco-festival “Terra Mãe”. (la terre mère) Photo: Manuel Ribeiro

Quelques centaines  de personnes qui se rassemblent pendant trois jours en un même lieu autour du thème d'une vie plus saine, dans le but de tenter d'harmoniser trois composants du développement durable : le social, l'énergétique et l'environnemental, de promouvoir une harmonie entre la terre et la famille. Une manifestation qui se préoccupe de partager les excédents dans le but de réduire l'impact écologique. C'était l'éco-festival Terra Mãe (la terre mère) organisé pour la première fois à Fafe, dans le nord du Portugal du 22 au 24 juillet 2016. Global Voices était présent à cette manifestation et nous la raconte :

La Quinta do Minhoto, à Fafe avait été aménagée pour accueillir “Terra Mãe”, un éco-festival au programme évidemment débordant d'éco-activités pour les grands comme pour les petits. On y trouvait des espaces aménagés pour, à longueur de journée, pratiquer des activités aussi différentes que le yoga, les biodanses, les médecines et thérapies alternatives ou des ateliers éco. On pouvait aussi profiter d'une restauration bio préparée à partir de produits locaux et de saison, de représentations théâtrales, d'un podium très animé…

On avait même aménagé une aire de camping au milieu d'un bois de chênes pour profiter de l'ombre, avec des douches et des toilettes pour le confort des festivaliers. Un peu plus bas près du riacho, un lac invitait au bain pour se rafraichir de la chaleur torride qui a régné pendant cette fin de semaine.

Il ne peut pas y avoir de festival sans musique : des rythmes de reggae et des sons du monde entier ont animé les nuits chaudes de Fafe, déversant un torrent de joie et d'amour propre à “changer le monde” en trois jours !

Casas de banho do parque de campismo. Foto: Manuel Ribeiro

Toilettes et lavabos au terrain de camping. Photo: Manuel Ribeiro

La musique a été la grande compagne des nuits de “Terra Mãe”, avec, entre autres les interventions du Kussondulola Sound Sistema avec Bob Figurante – tête d'affiche du premier jour du festival . Le festival musical commençait avec la performance de Drusuna, un groupe folk créé en 2011 et avec les Carnival Tales, une formation de rock constituée en 2012  qui vit sa prestation interrompue à deux reprises par des coupures électriques provoquées par les décibels du jeune ensemble de Paços de Ferreira. Mais la prestation la plus remarquée de cette nuit à été celle du groupe mythique de reggae Kussondulola, qui n'est monté sur la scène que peu avant deux heures du matin.

L'enthousiasme de l'Angolais Janelo da Costa s'est communiqué aux festivaliers qui, timidement au début se lancèrent dans des danses et chorégraphies diverses échauffant une nuit déjà bien avancée.

“Que c'est bon d'être bien en lien avec mère nature”, témoignait le musicien angolais pour Global Voices après le concert:

” Au Portugal on n'a pas beaucoup de festival de ce genre, c'est très bien de prendre ce thème de protection de mère nature, pour moi qui fais de la musique reggae, qui est lié à mère nature, c'est que du bonheur. Ça été très bon d'être en dehors des métropoles, plus proche de familles liées à la terre, à la nature. Kussondulola en tant que groupe se produisant au Portugal a été pionnier pour sa participation à ce petit  festival. Nous avons été pionnier de bien d'autres façons et c'est ce qui me donne le plus de plaisir.”

Kussondulola va produire un nouvel album

Janelo da Costa annonce en avant-première que le groupe est sur le point de produire un nouvel album:

“Nous sommes sur un projet à long terme, du genre faire un lien entre l'Afrique et le Portugal . Le  but est de faire parler les gens comme le faisait Mandela. Parler des bonnes choses sans se poser de questions. On a déjà fait une musique qui s'intitule : “África Lisboa” et dans ce groupe il y avait un musicien qui a joué sa propre version, nous allons reprendre cette création avec plus de 30 artistes et des textes différents mais sur le même thème. C'est un truc qu'on va garder pour une “tournée” dans la même ambiance, pour promouvoir les liens entre l'Afrique et le Portugal.

On va sortir un disque qui s'appellera le “cri d'aujourd'hui”. C'est quoi ? C'est pour que les personnes s'expriment, un cri d'aujourd'hui dans le sens de paroles positives, exprimer fortement l'amour et l'amitié,  crier quand on a la “haine”. Ces paroles n'ont jamais été aussi nécessaires ! L'histoire prochaine inventée par Kussondulola est de cette pâte. Actuellement la musique est gravée et nous sommes en train de travailler la bande-son avec beaucoup de reprises qui vont  inclure une tournée dans le monde de la lusophonie.”

Bob Figurante et le  Roods Reggae ont clos le programme de la première nuit du festival laissant dans l'air une atmosphère fort agréable préludant à ce qu'ont été les autres jours.

Et en effet le second jour, un public plus abondant est arrivé. Entre autres activités, des conférences sur la cuisine végétarienne par un chercheur de l'université de Minho, et l'Indien Vaibhav Shahn qui a mis la main à la pâte et cuisiné quelques spécialités indiennes comme le curry de légumes ou le “pain rôti”.

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L'Indien Vaibhav Shah prépare son curry de légumes avec roti ainsi que d'autres spécialités indiennes . Photo: Manuel Ribeiro

Les Terrakota et le groupe Terra Livre ont été les protagonistes de la deuxième nuit sans oublier la performance du groupe local Progeto Aparte, qui est arrivé avec une grande énergie et des rythmes qui rappelaient Kusturica , poussant tout le public à danser jusqu'à cinq heures du matin. Avant ça, lesTerrakota ont pu donner un spectacle multiculturel mettant en scène des sonorités et des chorégraphies de diverses régions du monde. Une autre surprise agréable a été la performance de Terra Livre avec ses sonorités influencées par le reggae gnaoua ou l'afrobeat.

Un festival “familial” 

Fátima Alves, de l'association Gomos da Tangerina, une des organisatrices du Festival Terra Mãe a déclaré qu'il y aura une prochaine édition de ce festival de l'année prochaine. Elle a raconté comment est venue l'idée de cet éco-festival:

Fátima Alves a preparar a sopa.

Fátima Alves préparant la soupe, photo: Manuel Ribeiro

“Ça a commencé par une collaboration entre l'association “Mouvement des amis de Fornelos et  “Gomos da Tangerina”, un groupe de formation. On a fait connaissance et décidés qu'on allait créer un mouvement nouveau qui au travers d'un festival ferait la promotion d'un nouveau mode de vie. J'ai rencontré David qui faisait partie de Quinta do Minhoto, un groupe qui avait déjà organisé deux festivals de rock et voulait continuer à en produire. On a commencé à parler faisabilité et découvert le projet Gomos da Tangerina qui porte sur les questions d'environnement d'éducation et de société. Alors il pouvait être intéressant de rassembler tout cela et c'est ainsi que se mit en place un programme diversifié dans un esprit, une ambiance de musique. On a discuté sur la meilleure façon de le faire. On a penser que le mieux était d'aller vers une promotion de l'amitié et du partage entre les personnes. On a très envie de se lancer vers un prochain festival encore mieux réussi avec plus de temps et plus d'expérience.

Le dimanche le programme musical a été dédiée au folk et à la musique traditionnelle gardant toujours comme toile de fond le versant pédagogique. Les organisateurs furent surpris par la grande affluence du public pendant tout le festival. Un programme diversifié a permis de rassembler jour et nuit adultes et enfants, Un festival familial où les gens ont ressenti la volonté de se rapprocher et de se connaître.

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