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L'activisme numérique génère un élan pour la langue kaqchikel et d'autres langues guatémaltèques

Rencontre d'activisme numérique pour la langue kaqchikel. Photo de Pueblo Click (Village Click) et utilisée avec autorisation.

Le Guatemala ou Quauhtlemallan, ce qui veut dire “lieu de nombreux arbres” en langue nahuatl, est un pays d'une grande diversité ethnique, culturelle et linguistique. Selon les données officielles du recensement national XI de la population et VI du logement de l'année 2002, 41% de la population s'identifie comme indigène, ce qui fait du Guatemala un pays composé des peuples maya, garifuna, xinca et latino ou métis.

Au Guatemala, on parle 25 langues, parmi lesquelles 22 sont des langues mayas avec une structure et une évolution propre. Les différences entre ces langues sont visibles dans les différentes tendances grammaticales, les utilisations phonétiques et un vocabulaire croissant, mais elles ont un tronc commun : la langue maya fondatrice connue comme proto-maya.

Les langues mayas ont aussi la faculté de soutenir la culture des villages qui les parlent. C'est grâce à elles que les connaissances et les valeurs communautaires sont acquises et transmises. De même, à travers la tradition orale, les générations les plus jeunes héritent des principes moraux de la pensée maya et cela permet d'en réaffirmer la philosophie avec un patrimoine de connaissances scientifiques et cosmologiques.

“L'activisme numérique en langues indigènes” : Actions en faveur des langues mayas

Dans le cadre du projet “Activisme numérique en langues indigènes” promu par Rising Voices et en coopération avec Pueblo Click (Village Click), une rencontre d'activisme numérique de langues indigènes, plus particulièrement en langue kaqchikel, s'est tenue les 11 et 12 avril dans les installations du centre éducatif Pavarotti à San Lucas Tolimán, département de Sololá, et qui a réussi à réunir plus de 30 activistes venant de différentes régions du Guatemala.

Image : Rencontre d'activisme numérique de langues indigènes – San Lucas Tolimán, département de Sololá, Guatemala – 11 et 12 avril 2017
Image de diffusion de la rencontre. Utilisée avec autorisation.

Au Guatemala, la langue kaqchikel est une des quatre langues les plus parlées. Elle est parlée dans 54 communes de sept départements : une commune de Baja Verapaz, seize communes de Chimaltenango, une commune d'Escuintla, sept communes du département de Guatemala, quatorze communes de Sacatepéquez, onze communes de Sololá et quatre communes de Suchitepéquez.

Des journées qui aident à la construction d'objectifs

La rencontre s'est déroulée en prenant en compte les calendriers grégorien et maya. C'est à dire qu'elle a eu lieu les 11 et 12 avril et les jours correspondants à Oxi´E et Kaji´Aj, symbolisant le chemin qui conduit à un objectif précis : que ces langues agissent en faveur d'une société plurilingue et pluriculturelle. Ainsi, la rencontre a été vue, de façon symbolique, comme un grain de maïs semé dans une terre fertile et dans l'attente d'avoir un champ de maïs. On espère que cela croisse, que cela produise du maïs, que cela se convertisse en épis et que cela alimente les générations.

Thématique de la rencontre

Le but principal de la rencontre a été de réunir les personnes pertinentes et avec une incidence culturelle dans le monde de l'éducation, la politique, la technologie, les médias et l'art. Les échanges ont eu lieu à travers de forums où l'importance d'unifier les efforts pour la préservation et la diffusion des langues maternelles à travers des technologies de l'information et de la communication (TIC) a été soulignée. L'objectif est de donner les moyens aux jeunes générations et de rendre accessibles les connaissances. Quelques participants ont mentionné l'importance de “développer la fierté, le respect et l'utilisation des langues indigènes” qu'ils ont considérées comme la “clef pour éliminer tout type de discrimination”. En accord avec les participants, les langues indigènes doivent maitriser internet et se rendre visibles : “Personne ne peut aimer et valoriser ce qu'il ne connaît pas”.

Au travail !

Lors de la rencontre ont été présentés les efforts de l'universitaire Walter Cuc de la Fédération Guatémaltèque des Ecoles de Radio (FGER) qui se veut un ensemble de radios alternatives, plurilingues, durables, avec une couverture nationale et de premier plan. Tout ceci est fait en coopération avec des entités à visée locale et internationale pour pouvoir contribuer efficacement au développement humain global, à la participation citoyenne et à la démocratisation de la société.

Walter Cuc, Directeur de la Fédération Guatémaltèque des Écoles de Radio. Photo de Pueblo Click et utilisée avec autorisation.

De son côté, Israel Quic de Monde Possible a présenté le projet RACHEL, un nœud communautaire pour l'éducation et l'apprentissage dans les zones rurales, avec un programme conçu pour les communautés qui manquent de connexion stable à internet ou qui n'ont pas accès à internet à haut débit.

Un autre projet présenté lors de la rencontre a été celui de Mozilla Firefox en kaqchikel, présenté par Juan Esteban Ajsivinac Sián et disponible pour PC et Android. Le projet se focalise sur le grand défi de traduire les 5000 liens qui constituent les références de ce navigateur en langue kaqchikel.

Projets en dévelopement

Jorge López-Bachiller Fernández, sociologue espagnol vivant depuis plus de dix ans à Patzún, département de Chimaltenango, a mis ses efforts dans des actions pour réduire la brèche numérique existante. L'objectif est de viser le développement des communautés indigènes du Guatemala à travers des connaissances et des stratégies qui permettent de rendre plus visibles leur grandeur culturelle.

Des participants à la rencontre de l'activisme numérique de la langue kaqchikel. Photo de Pueblo Click et utilisée avec autorisation.

Une de ces stratégies est le projet Kaqchikel Wikipetya, qui a surgi à l'initiative d'un groupe de personnes de différents pays, avec formation et expériences professionnelles dans un but commun : la conservation et la diffusion du kaqchikel comme langue maya à travers l'utilisation des technologies.

Pour atteindre l'objectif, il a été décidé d'incorporer la langue kaqchikel à Wikipedia, l'encyclopédie libre et polyglotte de la fondation Wikimedia, avec plus de 17 millions d'articles en 278 langues qui ont été rédigés conjointement par des volontaires du monde entier.

Pour personnaliser le projet, il a été évoqué les différentes alternatives pour lui trouver un nom, de sorte qu'il soit reconnaissable et distinct et qu'il prenne autant en compte l'identité kaqchikel et le nom de la fondation Wikimedia. Après analyse des possibilités, il a été décidé que le projet s'appellerait “Kaqchikel Wikipetya”. En accord avec Jorge, des avancées dans le projet incluent des tutoriels élaborés, des cartes de visite et des politiques d'édition.

Les défis sont nombreux, parmi lesquels attirer ceux qui s'investissent activement comme volontaires. Cependant, Jorge est optimiste et déclare que ce projet sera un grand apport pour l'humanité.

Une coopération potentielle avec l’université maya kaqchikel apporte également de nombreuses opportunités, plus particulièrement pour le projet avec Wikimedia grâce à son corps d'étudiants intéressés par la technologie et parlant le kaqchikel.

En résumé, la rencontre de San Lucas Tolimán a constitué un premier pas significatif pour une ouverture de possibilités qui peuvent se présenter sur internet pour revitaliser la langue kaqchikel et aussi pour apprendre des expériences des autres communautés dans tout le pays. Ces journées ont été le témoin de nouveaux réseaux émergents qui continueront de se développer tout en collaborant sur internet, et ils espèrent se réunir à nouveau grâce au soutien du projet Qatzij.

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