La préfecture auparavant classée comme la moins séduisante du Japon sera un peu plus appréciée en 2020

L'image montre des côtes en bordure de mer. On distingue une falaise et, sur les hauteurs, des maisons et immeubles, ainsi qu'une autoroute. La mer est légèrement agitée. Des plôts ont été posés tout au long de la côte pour éviter son accès, et prévenir la montée des eaux. Le ciel est bleu et dégagé. Au loin, dans l'image, on distingue un phare.

Le littoral à Omika, Ibaraki, le 30 mars 2011. Extrait de la collection d'images Flickr “Dommages post-tsunami de Tokyo à Hitachi” (震災ストリートビュー(東京 – 日立). Photographie de Hiroshi Ishii, partagée sous licence Attribution 2.0 Générique (CC BY 2.0 [fr]).  Image recadrée et couleur corrigée.

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en japonais, ndlt.]

Ibaraki, la préfecture japonaise habituellement reconnue chaque année comme « la moins attrayante » du pays, est un peu plus appréciée par les voyageurs nationaux en 2020.

Après avoir occupé la dernière place durant sept années consécutives lors d'une enquête annuelle évaluant l'« attractivité » (魅力度) des 47 préfectures du Japon, Ibaraki s'est propulsée à la 42ᵉ place en 2020.

L'enquête, conduite par la société de recherche privée japonaise Brand Research Institute (Institut de recherche sur les marques), invite les personnes interrogées à travers tout le Japon à évaluer l'attractivité de chaque préfecture en se basant sur 84 critères distincts, des montagnes et des rivières aux produits alimentaires en passant par les attractions touristiques. Les résultats sont ensuite additionnés et convertis en points afin de constituer le classement.

Située à environ une heure au nord-est de Tokyo par train express, Ibaraki compte 2,8 millions d'habitants. La préfecture se distingue surtout par ses pruniers [en] et par sa production d'un aliment fermenté populaire appelé natto [fr]. Elle est également connue comme le berceau de l'industrie nucléaire japonaise [fr]. À la différence des préfectures les mieux classées dans l'enquête, Ibaraki ne bénéficie d'aucune attraction touristique majeure ni d'aucun site emblématique susceptible de susciter la curiosité des personnes interrogées.

L'image est composé de deux bols. L'un est rempli de riz blanc et de natto. Un second bol, de couleur marron, contient la soupe miso, qui accompagnera le riz et le natto.

Le natto, un des plats locaux emblématiques d'Ibaraki, comme accompagnement du riz avec une soupe miso. Photographie de Masafumi Iwai, tirée de Flickr, sous licence CC BY-NC 2.0 [fr].

En effet, selon le président du Brand Research Institute, Tanaka Akio, grâce aux personnalités originaires d'Ibaraki qui ont contribué à promouvoir les fruits, légumes et autres aliments locaux au cours de l'année écoulée, de plus en plus de personnes au Japon se sont familiarisées avec cette préfecture, contribuant ainsi à améliorer son classement :

茨城県のイメージが変わったということではなく、露出等が高まったことで食材などの魅力が伝わり、魅力度の順位が底上げされたのではないか」

Cela n'indique pas [forcément] que l'image de la préfecture d'Ibaraki ait changé. Son classement a plutôt progressé en raison d'une augmentation de sa visibilité et de la sensibilisation grandissante autour de ses produits alimentaires et agricoles (qui a permis de renforcer sa notoriété auprès des personnes interrogées).

En 2020, Hokkaido a été désignée comme la région la plus séduisante du Japon, les sites touristiques de Kyoto et d'Okinawa se plaçant respectivement en deuxième et troisième position. La préfecture de Tochigi, voisine d'Ibaraki et connue principalement pour sa culture culinaire de boulettes de gyoza et le complexe de sanctuaires kitsch de Nikko [en], a, quant à elle, été classée à la 47ᵉ place, faisant d'elle la moins attirante en 2020.

À égalité avec la préfecture de Gifu, Ibaraki arrive à la 42ᵉ place. En queue de classement, citons la préfecture de Fukui, à la 43ᵉ place, suivie par celles de Saga et de Tokushima, toutes placées devant Tochigi.

« La 47ᵉ position est préférable »

D'après le Mainichi Shimbun [en], plusieurs résidents ont fait part de leur déception en constatant qu'Ibaraki avait ainsi perdu la notoriété de dernière de la classe cette année, devançant sa voisine Tochigi, pourvue d'attractions touristiques plus renommées :

A 44-year-old office worker from the prefectural city of Mito commented, “Ibaraki was famous for ranking last. 42nd place feels incomplete. 47th place is better.”

A 20-year-old male university student living in the city of Naka commented, “It's odd that we ranked higher than Tochigi, which has many famous tourist spots like Nikko and Nasu. Our appeal as the least attractive prefecture is gone due to a rise in rank.”

Un employé de bureau de 44 ans, originaire de la ville de Mito, le chef-lieu de la préfecture, a commenté : “Ibaraki était célèbre pour son classement en dernière position. La 42e place me semble peu satisfaisante. La 47e position est meilleure.”

Un étudiant universitaire, âgé de 20 ans, résidant dans la ville de Naka, a déclaré : “C'est étrange que nous soyons mieux classés que Tochigi, qui possède de multiples sites touristiques célèbres comme Nikko et Nasu. Notre attractivité, en tant que préfecture la moins attrayante, a disparu en raison de notre progression dans le classement.”

Tochigi, tombée à la dernière place du classement de cette année, était également déçue par les résultats de l'enquête. Le gouverneur Fukuda Tomikazu, candidat à un second mandat aux élections préfectorales prévues pour fin octobre, a contesté la méthodologie de l'enquête du Brand Institute au cours d'une halte de campagne au « Royaume de la fraise » de Tochigi. Lors d'une interview accordée à Tokyo Shimbun, Fukuda Tomikazu a déclaré :

調査全体の母集団は約3万人だが、栃木県について回答したのは約600人しかおらず「これでは精度が上がらない。もっと数を増やすべきだ」と注文を付けた。

Environ 30 000 personnes ont participé à l'enquête, mais seules 600 d'entre elles ont réagi aux questions relatives à la préfecture de Tochigi, a indiqué le gouverneur. “[Cette faible participation] ne permet pas d'établir un classement précis. Nous devons élargir le nombre de personnes participant à l'enquête [et répondant aux questions concernant Tochigi].”

L'image est un plan large sur un espace montagneux. On voit une forêt, aux couleurs de l'automne. Sur la droite, on peut voir des habitations au pied des montagnes, proche de l'océan, lui-même situé au centre de l'image. En premier plan, on distingue une falaise et des chutes d'eau. En arrière plan, il y a un paysage de montagnes.

Nikko, située dans la préfecture de Tochigi, en automne. En 2020, Tochigi a été déclarée comme la “préfecture la moins attrayante” du Japon. Photographie d’Eric Yu, tirée de Flickr, sous licence CC BY-NC-ND 2.0.

Au cours d'une autre interview, le gouverneur de Tochigi a promis de contester le classement de sa préfecture en dernière place :

「県庁内にチームを作って魅力度ランキングの中身を‎Validation‎し、‎Refute‎したい」

Nous allons constituer une équipe, au sein de la préfecture, pour évaluer la validité des résultats de l'enquête et les contester.

Tochigi affiche de meilleurs résultats dans une autre enquête annuelle portant sur la qualité de vie : elle y figure en 34e place sur les 47 préfectures. Dans cette enquête, le classement d'Ibaraki en termes de qualité de vie est en adéquation avec son attractivité, la préfecture se situant également à la 42e place.

Cependant, une fois encore, à l'instar de l'attractivité, le classement portant sur la qualité de vie peut être le reflet des perceptions d'Ibaraki, plutôt que de sa véritable nature. Comme le fait remarquer une personne sur Twitter, Ibaraki a montré la voie au Japon en matière de droits LGBTQ+, y améliorant la vie de certaines personnes :

Nous vous rappelons amicalement que (grâce au gouverneur Kazuhiko Oigawa !) la préfecture d'Ibaraki a été la première du Japon à adopter un système de partenariat, reconnaissant les relations des couples LGBT.

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