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Italie : Un fichier national des Roms

Cet article a été traduit par les élèves de la classe préparatoire ECS4 du Lycée Ozenne de Toulouse, sous la supervision de leur professeur Audrey Lambert, dans le cadre du projet pédagogique “Initiation à la traduction d'actualités”

Le cabinet ministériel à majorité de droite du Premier ministre italien Silvio Berlusconi a, au printemps 2008, lancé une proposition d’un fichier national pour tous les Roms résidant en Italie [en italien], qui comprendraient les empreintes digitales de tous les enfants. Selon des estimations, l'Italie compte 150 000 Roms et Tziganes (souvent appelés “gitans”), qui vivent dans environ 700 campements de par le pays. Bien que beaucoup de Roms soient nés en Italie, ils deviennent de plus en plus les boucs émissaire du plus vaste débat italien sur l'immigration. L'idée reçue qui se répand au sein de la population générale, selon laquelle « Tous les gitans sont des voleurs », est en train d'être publiquement soutenue par certains juges et politiciens.

Selon le Ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, figure emblématique de la Ligue Nord, un parti opposé à l'immigration, ce recensement national est requis pour lutter contre la mendicité et, si nécessaire, retirer les enfants à leurs parents. En juillet 08, le Parlement Européen a pressé le gouvernement italien de mettre un terme à la prise d'empreintes des gitans, voyant dans cette mesure une marque de discrimination raciale. L'assemblée a approuvé une résolution déclarant que cette pratique n'était pas permise par les traités des Droits de l'Homme de l'Union européenne et insistant sur le fait que « les citoyens de l'Union européenne d'origine romanichelle ou tzigane doivent être traités en égaux des autres citoyens italiens. » Roberto Maroni a répondu [en italien, comme tous les blogs et sites cités ensuite] qu'il se sentait outragé par l'accusation de racisme, en spécifiant bien que son idée était simplement de mener un « recensement national complet des Roms, sans forme de discrimination, quelle qu'elle soit ».

Caricature de Roberto Maroni par Gianfalco.it, publiée sous licence Creative Commons

Le débat passionné qui s'en est ensuivi en Italie s'est diffusé sur le Net en Italie (et au-delà) : de nombreuses discussions en lignes sont consacrées à la protection des droits civiques et à la discrimination ethnique. Sur Kabelek, un blog fréquenté par de nombreux internautes, qui rassemble des billets publié par des Roms et sur les Roms, Miguel Martinez écrit :

Affirmer sa propre supériorité éthique et imputer des fautes morales à un vaste groupe de personnes revient en quelque sorte à une spirale génocidaire. Cela implique que si d'autres groupes sont malfaisants, ou si une seule personne de ce groupe a choisi de l'être, alors tous les membres de ce groupe méritent d'être punis. Condamner des pans entiers de l'espèce humaine pour des motifs moraux est une perte de temps ; et de toute façon, aucun problème social d'une si grande envergure ne peut avoir de solutions éthiques.

Un blog tenu par l'Institut de culture Sinti [en italien] offre toutes les informations les plus récentes et d'autres ressources, en particulier sur le problème des empreintes digitales. Le blog a également publié un sondage en ligne, demandant si le ministre Maroni devait démissionner du gouvernement ou non : le 30 juillet dernier, 77% (soit 262 personnes) ont répondu par oui. L'appel au limogeage de Maroni a provoqué de nombreux commentaires, certains incendiaires.

Xpisp commente :

Personalmente se mi chiedessero di depositare impronte e DNA per creare una banca dati e risolvere + facilmente alcuni delitti, non avendo nulla da nascondere, non avrei proprio nulla in contrario.

Personnellement, si on me demandait de donner mes empreintes digitales et mon ADN pour créer une base de données destinée à aider la police à résoudre certains crimes, étant donné que je n'ai rien à cacher, je ne m'y opposerais pas.

Antonoi commente : 

Per come è stata presa la decisione di schedare i rom sono contrario. è una politica razziale e xenofoba (giungendo da un ministro leghista….) se vi è la logica impellente della sicurezza prendiamo le impronte a tutte le persone presenti in questo momento in italia. scegliere di schedare una sola comunità è xenofobia, serve per dare un contentino al popolo bue che applaude e non capisce cosa realmente si muove in italia e soprattutto si imbocca tutto quello che mamma-tv dice.

Concernant ce qu'ils ont décidé pour les empreintes digitales des gitans, j'y suis opposé. C'est une politique raciste et xénophobe (qui plus est, défendue par un ministre du parti de La Ligue). S'il y a véritablement un besoin de sécurité dans l'immédiat, alors, prenons les empreintes digitales de toutes les personnes qui vivent aujourd'hui en Italie. Choisir d'appliquer cela à une seule communauté s'apparente à de la xénophobie, cela fera plaisir au peuple de  boeufs qui applaudit, sans comprendre ce qui se passe réellement en Italie et qui, de plus, gobent tout ce que leur raconte leur “Bonne fée Télévision”.

Pour Carlo Berini :

il problema che poni è reale ma non è che negando i diritti civili che risolverai il tuo problema, anzi…

Se pose, ici, un véritable problème, mais nier les droits civiques de quelqu'un n'est pas une solution, c'est assurément le contraire…

Pour finir, une parmi les nombreuses initiatives nées pour soutenir le combat des Roms : Immigrazione Oggi, un site internet en neuf langues destiné aux étrangers vivant en Italie, a lancé une “Campagne contre les préjugés envers les Roms”, principalement basée sur une vidéo qui montre des images de Roms ordinaires, au travail.

Capture d'écran de la video d’ Immigrazione Oggi (Immigration aujourd'hui)

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