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Kirghizistan : Des provocateurs derrière les violences inter-ethniques?

[NdT : le billet d'origine a été publié le 14 juin]

Comme déjà relaté, le 10 juin, des affrontements entre populations d'ethnie kirghize et ouzbèke dans le sud du Kirghizistan ont dégénéré en violence à grande échelle poussant à l'exode des Ouzbeks demeurant au Kirghizistan.

Trois jours de pogroms ont produit une grave crise humanitaire dans la zone de conflit coupée du monde – la population n'a toujours qu'un accès limité au téléphone, à l'électricité et aux denrées alimentaires après plusieurs nuits de fusillades et de pillages. Le conflit menaçait de s'étendre à d'autres parties du Sud du Kirghizistan, dont Jalal-Abad (le fief de l'ancien président Bakiev), proche d'Och, où les troubles ont commencé.

En ce moment, la situation paraît en voie d'amélioration, après l'instauration par le gouvernement transitoire d'un strict état d'urgence, donnant mandat à l'armée de tirer sur les pillards. Plusieurs provocateurs ont été appréhendés et interrogés, parmi lesquels les autorités identifient “l'ancien politicien de haut rang”, dont le nom reste cependant encore tenu secret. Les patriarches des deux communautés ethniques rencontrent les gens et les exhortent au calme et à la réconciliation.

L'enquête a révélé que les incidents allégués, à l'origine des affrontements (passage à tabac ou viol d'un(e) représentant(e) d'une des ethnies par un membre de l'autre) étaient inventés. Les blogueurs du nord du pays collectent de la nourriture et des vêtements pour les envoyer comme aide humanitaire à leurs compatriotes, s'incitent mutuellement à recharger le crédit téléphonique des journalistes basés à Och, et ne peuvent tout simplement pas retenir leur émotion, faisant de leurs billets des prières pour la paix :

“Je suis tombé amoureux de cette ville quand j'y suis arrivé. […] Elle était tranquille et recueillie, avec quantités d'enfants jouant dans les rues. Maintenant elle est détruite, les gens tués…” écrit sam-des, qui publie également une série de photos de la ville autrefois paisible d'Och [en russe].

Sabinareingold a très peur que cela arrive dans la capitale un jour, car le Kirghizistan est d'une grande diversité ethnique [en russe]:

J'ai peur que les provocateurs puissent  un jour la même chose à Bichkek. Le pays est dans une situation désespérée […]. Je hais les provocateurs et ceux qui les suivent. J'essaie de croire au mieux, mais je me prépare au pire. […] Je pleure et suis en deuil…

Morrire note [en russe] :

“Il y a très peu de sources fiables. Les émotions sont à leur comble, et je comprends et partage la peur des gens sans défense. […] Il y a beaucoup de provocateurs. Les habitants entendent tout le temps des coups de feu”. Elle ajoute: “A ce qu'on voit par les récits sur place, la situation est exacerbée délibérément”.

UlanMelisbek tweete, comme beaucoup de ses compatriotes, de multiples appels aux protagonistes [en russe] :

Ni les Kirghizes, ni les Ouzbeks ne sont coupables de l'effusion de sang. C'est la faute aux Bakiev, qu'ils soient maudits.

Azamatrix supplie [en anglais] :

CESSEZ de parler d’ ‘affrontements ethniques’. Ce sont des meutes de BANDITS qui tuent à la fois les Ouzbeks et les Kirghizes !

A côté des versions sans liens entre elles imputant les racines du conflit à la CIA ou à la Russie et l'Ouzbékistan, la plus courante est que que la provocation a été montée par le pouvoir précédent, en particulier après que l'ex-président Bakiyev a juré il y a deux mois de “noyer le pays dans le sang” [en russe]:

“Il est évident que quelqu'un manipule la situation pour essayer de provoquer un affrontement entre Ouzbeks etKirghizes. Il semble qu'il y a des hommes de Bakiev derrière cette provocation, qui a plongé une grande partie du pays dans le chaos”, écrit Foto-nebo [en russe].

Quelques heures avant la publication du billet d'origine, on a su [en russe] que parmi les meneurs des provocateurs, détenus à Jalal-Abad, se trouvait un des très proches alliés de l'ex-président Bakiev et qu'un autre est probablement son neveu. Autre information parvenue de Londres [en anglais] – Maxim Bakiev, fils du dictateur fugitif et ancien magnat kirghize – a été arrêté après une descente ultra-discrète de la police des frontières britannique.

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