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Mozambique : Mia Couto, 30 ans de littérature récompensés par un prix prestigieux

[Tous les liens renvoient à des pages en portugais, sauf indication contraire]

Les trois longues décennies de la carrière littéraire de Mia Couto ont été saluées le 27 mai 2013 lorsqu'il a reçu le 25ème Prix Camões de littérature, doté de 100.000 euros, et largement considéré comme l'un des prix les plus prestigieux pour les écrivains de langue portugaise. Auteur de 23 livres [en], dont des romans sentimentaux, des poèmes et chroniques traduites en 22 langues, Mia est devenu le second auteur mozambicain à gagner ce prix, après le poète José Craveirinha, qui l'a gagné en 1991.

Mia est entré dans l'arène littéraire en 1983, avec la publication de son premier livre de poèmes, Raiz de Orvalho. Son premier roman sentimental fut Terra Sonâmbula (1992), considéré parmi l'un des douze meilleurs ventes de livres africains du XXe siècle par la Foire internationale du livre au Zimbabwe (2011). L'ouvrage narre l'Histoire du Mozambique après le processus de colonisation, la décolonisation et l'indépendance politique [en], ainsi mis en évidence par Pedro Puro Sasse da Silva de l'université fédérale de Rio de Janeiro, dans un blog littéraire :

Já nas histórias de Kindzu encontramos inicialmente as previsões de seu pai sobre a independência do país fatos que poucos conheciam. Essa marginalização dos processos políticos do país revela que mesmo com os ditos revolucionários atos de descolonização, a vida do povo não mudou em nada, para eles, ser explorado por um branco ou por um negro em pouco mudava sua vida. Saindo de uma guerra para uma seguida entrada em outra o povo apesar de desconhecer as motivações, sabiam bem como defini-la, assim dizia Taímo: “A guerra é uma cobra que usa os nossos próprios dentes para nos morder.”

(…)

Percebemos, então, através dessa análise, que Terra Sonâmbula é um vivo retrato do povo moçambicano, uma descrição histórica de como a guerra acontece por trás da perspectiva da capital. Um povo que vive na dualidade de um passado rico em mitos e crenças, com um presente duro e cruel.

Dans les histoires de Kindzu nous découvrons au début les prédictions de son père au sujet de l'indépendance de son pays, des faits que peu connaissent. Cette marginalisation des processus politiques du pays révèlent que même dans les récits révolutionnaires, la vie des gens n'a changé en rien, pour eux, le fait d'être exploités par un Blanc ou un Noir n'a pas changé leur vie. D'une guerre l'autre, sans en connaître les raisons, ils savaient comment qualifier cela, ainsi le dit Taímo : “La guerre est un serpent qui utilise nos propres dents pour nous mordre.”

Nous percevons, alors, à travers son analyse, que Terra Sonâmbula est portrait réel du peuple mozambicain, une description historique de la façon dont la guerre est survenue derrière le dessein. Des gens qui vivent l'antagonisme d'un passé riche en mythes et croyances, avec un présent dur et peu réjouissant.

L'un des autres livres de Mia, Cada Homem é Uma Raça (1990), traite de la question raciale dans les politiques identitaires mozambicaines, tel que mis en exergue par Willian Conceiçao de l'université fédérale Santa Catarina Federal University au Brésil :

Entre os mortos e vivos. O colonial e o independente. Entre raças? Cada homem é uma raça, possui algo que é próprio, todos com seus conflitos, vivenciado de formas especificas. “A pessoa é uma humanidade individual. Cada homem é uma raça, senhor polícia” [Aspas internas de Mia Couto].

Au travers de la mort et l'existence. Le colonisé et l'affranchi. Parmi les races ? Chaque homme est une race, possède quelque chose qui lui est propre, chacun avec ses contradictions, vivant dans des conditions particulières. “La personne est une part individuelle de l'humanité. Chaque personne est une race, Mr Police” [citation d'une réflexion de Mia Couto].

By Luis Miguel Martins from Portug

Photo: Luis Miguel Martins/ CC-BY-SA-3.0/ via Wikimedia Commons

L'un des thèmes politiques qui apparaît principalement dans le récit de Mia est cette indépendance mozambicaine vis-à-vis du Portugal. La préface du livre Cronicando (1988), telle que citée dans Sermos Galiza, aide à faire la lumière sur l'homme lui-même :

Os intelectuais europeus olharam-no, ao conhecê-lo, com surpresa: era um jovem apesar de ter nome feminino (Mia), era um branco (cabelos louros, olhos claros) apesar de ser africano”, escreve Fernando Dacosta no prefacio de Cronicando, para explicar a posição do escritor no mundo, que responde à própria origem do género humano, “desobedecer aos mapas e desinventar bússolas, sua vocação é a de desordenar paisagens”, diz o escritor.

“Les intellectuels européens le regardent avec étonnement : c'était un jeune homme bien qu'ayant un nom féminin (Mia), un homme blanc (cheveux blonds, yeux clairs) bien qu'Africain”, écrit Fernando Dacosta dans la préface de Cronicando, pour expliquer la place de l'écrivain dans le monde, qui répond à l'origine du genre humain “transcendez les cartes et ignorez les repères inventés, sa vocation est d'occuper le paysage”, écrit-il.

Liliane Lobo, de l'Université lusophone de Lisbonne, écrivait sur son blog, au sujet du style littéraire de Mia :

A sua escrita apela o lado mais “natural” das coisas, explorando a ligação humana à terra, à natureza. As suas obras têm levado a língua portuguesa além fronteiras, enaltecendo sempre a sua estreita ligação com as tradições e cultura africanas. Mia Couto rejeita a ideia que a lusofonia seja um sentido singular, considera que existem várias lusofonias.

Son écriture fait appel au côté le plus “naturel” des choses, explorant la relation de l'Homme à la terre, à la nature. Ses ouvrages ont porté la langue portugais au-delà des frontières, exaltant mettant toujours en avant son lien étroit avec les traditions et la culture africaines. Mia Couto réfute l'idée que la lusophonie soit à signification unique ; il considère qu'il y a plusieurs lusophonies.

Lors d'un récent évènement public à Figueira da Foz, au Portugal, Mia s'interrogeait la constitution de la lusophonie – le groupe de locuteurs portugais de divers pays – répondant aux questions du public, comme on le voit dans la vidéo ci-dessous :

Mia dit que :

(…) [A] certa pressa em proclamar a lusofonia assim como o nome dessa família(…) Agora há uma reação inversa que foi criada porque é preciso perceber que Moçambique tem outras línguas (…) que são suas, que são línguas maternas, que a maior parte dos moçambicanos não falam português no seu cotidiano, falam outras línguas e tem com essas línguas essa relação de amor que nós todos temos com a língua materna(…)

(…) Certains se précipitent pour proclamer la lusophonie comme étant le nom de cette famille (…) Désormais il y a une réaction inverse qui a été créée parce qu'il est besoin de saisir que le Mozambique a d'autres langues (…) qui sont siennes, que la majorité des Mozambicains ne parle pas portugais couramment, ils parlent d'autres langues et ils ont avec ces langues ce lien affectif que nous avons tous avec nos langues maternelles. (…)

Né le 5 juillet 1955, à Beira City de parents portugais, Mia Couto s'appelait António Emílio Leite Couto [en]. En 1971, il s'est installé à Lourenço Marques, désormais Maputo, capitale du Mozambique. Abandonnant ses études de médecine, il a choisi une carrière de journaliste en 1974, ayant contribué à des journaux comme A Tribuna, Notícias et Mozambique Information Agency (AIM). En 1985, Mia est retourné à l'université pour étudier la biologie à l'université Eduardo Mondlane, où il enseigne actuellement.

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