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#Euromaidan : ‘Nous nous battons pour rester l'Ukraine’

Après les violences policières pour disperser les manifestants à Kiev au huitième jour de la contestation d'#Euromaidan et l'interdiction par les autorités ukrainiennes des manifestations pacifiques et des rassemblements de citoyens jusqu'au 8 janvier 2014, les protestataires se sont à nouveau regroupés et rassemblés, cette fois en plus grand nombre, à Kiev et dans d'autres villes d'Ukraine.

Les rassemblements étaient pacifiques pour la plupart, mais un groupe plus restreint de manifestants plus agressifs se sont affrontés à la police, lançant des chaînes, des bouteilles enflammées et des fumigènes sur les polciers, qui ont riposté avec grenades lacrymogènes, éblouissantes ou assourdissantes.

Après les brutalités policières ordonnées par les autorités ukrainiennes “pour dégager la Place de l'Indépendance afin d'ériger le traditionnel arbre de Noël”, le  mouvement contestataire a lancé un appel en ligne aux citoyens de se mobiliser à nouveau, à l'échelle nationale, le 1er décembre 2013. Les ripostes de la police et des responsables ukrainiens à la semaine de manifestations contre la décision du pouvoir de donner un coup d'arrêt à l'accord historique qui aurait rapproché d'une étape l'Ukraine de l'Union Européenne semble avoir eu pour seul effet d'attiser la colère et de faire enfler la contestation.

Plus d'un million d'Ukrainiens de tout le pays ont convergé dans les rues de la capitale le 1er décembre pour exprimer leur désaccord avec l'action du gouvernement. Le compteTwitter des organisateurs d'Euromaïdan a résumé d'une phrase [ukrainien] l'état d'esprit de la contestation :

“Si nous nous battons aujourd'hui, ce n'est plus pour devenir l'Europe, mais pour rester l'Ukraine” #Євромайдан #Ukraine #ЄС #Європа #Україна

Les gens ont commencé à se rassembler dimanche de bonne heure sur la Place Mykhailivska et dans le Parc Chevtchenko, se formant en lignes régulières pour défiler vers Maïdan Nezalejnosti [Place de l'Indépendance], qui était le principal site de manifestation avant son nettoyage par la police le matin précédent.

Youth advancing to Maidan Nezalezhnosti on Dec. 1, 2013. Plackards read "Strike! Love! Don't give your rights away!", "NO! To police violence!", "Disperce special forces or they will bury us!" and other. Photo by Sasha Burlaka. Used with permission.

Les jeunes avancent vers Maïdan Nezalejnosti le 1er décembre 2013. Sur les placards : “Grève ! Amour ! Ne lâchez pas vos droits !”, “NON aux violences policières !”, “Dispersez les forces spéciales ou elles nous enterreront !” entre autres. Photo Sasha Burlaka. Utilisée avec permission.

Les rares policiers présents Place de l'Indépendance n'ont apparemment pas tenté cette fois d'intercepter les manifestants, et ont préféré fuir. Peu après l'arrivée du défilé au Maïdan, il a été rapporté sur les réseaux sociaux que la place y compris son arbre de Noël, prétexte de la dispersion brutale du samedi 30 novembre au petit matin, avait été “prise” par les contestataires. L'utilisateur de YouTube Video About a mis en ligne ce moment tel qu'enregistré en vidéo :

Simultanément, des manifestants se sont aussi rendus au bâtiment de l'administration municipale de Kiev, situé à proximité. Quelques vitres cassées et coups de coude aux vigiles plus tard, le bâtiment a aussi été pris par les manifestants. Peu après, l'opposition ukrainienne décdait d'en faire son quartier général. Un protestataire, Maksym Savanevsky, rapportait [ukrainien] de Kiev :

Nous nous sommes emparés du Maïdan, de l'administration municipale de Kiev et du sapin.

Mais un noyau de manifestants plus agressifs n'en sont pas restés là et se sont dirigés vers le bâtiment de la Présidence. Ils se sont rapidement trouvés à nouveau face-à-face avec la police anti-émeutes chargée de la protection de l'institution. Plusieurs individus ont trouvé un bulldozer abandonné, qu'ils ont amené sur place et ont tenté de s'en servir pour forcer les lignes de la police [vidéo]. Russia Today a enregistré l'incident :

Des manifestants ont aussi utilisé des chaînes ainsi que des bouteilles incendiaires et des fumigènes contre les policiers. La tension qui a suivi a été la plus forte à ce jour depuis le début des manifestations. Au départ, la police a recouru aux gaz lacrymogènes, et aux grenades éblouissantes et assourdissantes pour essayer de repousser les manifestants. Mais s'apercevant que les violences pouvaient dégénérer, beaucoup ont alors appelé les meneurs de l'opposition à tenter d'empêcher les manifestants de contraindre les autorités à recourir aux forces spéciales.

A ce moment, l'opposition tenait une conférence de presse dans le bâtiment de l'administration municipale de Kiev. Plusieurs militants, dont le chanteur Sachko Polojynsky et l'activiste Oleksandr Solontaï y étaient arrivés avant les députés. Polojynski grimpa sur le bulldozer et invita les protestataires à garder pacifiques les manifestations. Le désormais officiel compte Twitter Євромайдан [Euromaïdan] décrit [russe] la scène :

Polojynski comme Lénine sur un bulldozer! Il appelle tout le monde à freiner et à mettre le cerveau en marche, mais ils n'écoutent pas. #євромайдан #евромайдан

Les tentatives des militants et des députés pour calmer les manifestants n'ont que partiellement abouti. Pour finir, la police anti-émeutes est intervenue contre les manifestants, pourchassant les gens dans les rues et frappant sans faire le détail tous ceux sur son chemin. Parmi les victimes de ces incidents, on compte plus de vingt journalistes locaux et étrangers, que les policiers ont continué à tabasser [vidéo] même après que les représentants des médias s'étaient clairement identifiés. La web-télévision publique Hromadske.tv a publié cette photo [ukrainien] d'un reporter blessé :

Le journaliste battu du programme “Grochi”, Denis Danko

Après les heurts entre manifestants et policiers, l'opposition a publiquement condamné les violences, et qualifié les manifestants agressifs de “provocateurs” en insistant sur le caractère pacifique des manifestations. On a vu des députés persuader des gens de mettre fin aux échauffourées près de l'Administration Présidentielle et regagner la manifestation pacifique de Maïdan. Sur Twitter, Andriy Bilash a mis en ligne cette photo :

Klitchko appelle à ne pas se rendre rue Bankova [où se trouve l'Administration Présidentielle] #євромайдан.

Après les heurts avec la police près de l'Administration présidentielle, un autre incident violent s'est produit à proximité du monument Lénine au centre de Kiev. Des affrontements ont eu lieu avec la police anti-émeutes lorsque des manifestants radicaux non identifiés ont tenté de détruire le monument. La violence a été promptement éteinte avec l'intervention de manifestants plus modérés qui ont pris le contrôle de la situation.

Pendant ce temps, la protestation s'est déroulée essentiellement dans le calme toute la journée sur la Place de l'Indépendance. Des bannières et des affiches ont été accrochées, on a chanté et décoré l'arbre de Noël encore nu d'affiches et pancartes Euromaïdan.

A protester on Maidan Nezalezhnosti holds a sign. Dec. 1, 2013. Photo by Alexandra Gnatoush. Used with permission.

Un manifestant de Maïdan Nezalejnosti brandit un slogan le 1er décembre 2013. Photo Alexandra Gnatoush. Utilisée avec permission.

L'utilisateur de Twitter Коржик a publié les photos des banderoles du Khrechtchatyk, la grande artère de Kiev. Celle du sommet dit “Nous sommes contre un Etat policier” [ukrainien] :

Le nouvel aspect de Khrechtchatyk.

Maksym Savanevsky de Kiev ajoute [ukrainien] :

Cette année nous avons le meilleur arbre de Noël en 22 ans d'indépendance #євромайдан

Dans la soirée, l'utilisateur Коржик a publié cette photo [russe] de protestataires restés sur la Place de l'Indépendance :

Il y a maintenant sur Maïdan un peu moins de monde que pendant la journée, mais encore au minimum 150.000.

A la fin de la journée [du 1er décembre], les protestataires de Kiev et des autres villes d'Ukraine n'ont pas cédé le terrain. L'opposition a annoncé que lundi, 2 décembre, elle appellerait les manifestants à dresser des barrages autour du bâtiment du gouvernement, avec pour principale revendication la démission de celui-ci.

#Euromaidan protesters fill central Kyiv. Dec.1, 2013. Photo by Alexandra Gnatoush. Used with permission.

Les manifestants d'#Euromaidan emplissent le centre de Keiv le 1er décembre 2013. Photo Alexandra Gnatoush. Utilisée avec permission.

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