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La campagne ‘Pas de paix sans les femmes’ en Colombie

Historiadora, documentalista e integrante del colectivo H.I.J.O.S. Afiche del proyecto No habrá paz sin las mujeres.

Alejandra Garcia Serna, historienne, documentaliste, et membre du collectif  H.I.J.O.S. Affiche du projeto’ No habrá paz sin las mujeres.’

(Liens en espagnol) Le centre de documentation No habrá paz sin mujeres permet à des survivantes du conflit armé en Colombie de s'exprimer et de témoigner “pour que leurs vies consacrées à la paix ne tombent pas dans l'oubli”, comme l'explique le site d'une exposition photographique et d'entretiens filmées avec ces femmes.

Le projet, crée par l'Agence Asturienne de la Coopération et du développement, donne la parole aux femmes colombiennes “pour apprendre de leurs expériences et stratégies de survie, pour reconnaitre leur rôle dans la lutte pour la construction d'une société plus juste et pour faire connaître leurs propositions pour la  paix dans les processus de réconciliation, reconstruction, réparation et justice “.

Le projet “Il n'y aura pas de paix sans les femmes” est né de l'expérience des femmes en Colombie pendant le conflit armé qui sévit depuis plus de 50 ans. Le groupe soutient que même si les  pourparlers en cours à la Havane, à Cuba, entre les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et le gouvernement, apportent de l'espoir, “les femmes  sont néanmoins absentes du processus de pacification : ni leurs problématiques, réclamations, ou propositions ne sont écoutées”. 

Elles expliquent que les pourparlers n'ont pas pris en compte la résolution 1325 des Nations Unies [pdf] qui cherche à introduire une perspective féminine dans la résolution des conflits. 

Et précisément, ce sont  les femmes  qui souffrent le plus des conséquences de la guerre : la violence sexuelle a été utilisée par les trois acteurs de la guerres, les paramilitaires, l'Etat et la guérilla. Le recrutement des mineurs a affecté les petites filles en tant que combattantes mais aussi comme esclaves sexuelles ; les femmes représentent le plus grand pourcentage de population déplacée et la majeure partie avec famille à charge…

Le projet s'appuie sur un site officiel où les interviews filmées sont accessibles. Une de ces interviews est celle de l'artiste Patricia Ariza, qui a trouvé dans l'art un moyen de faire connaître la réalité colombienne. Elle utilise aussi son art pour exorciser l'injustice dont elle a été victime : sa famille a du fuir à cause de la violence.

Une autre vidéo présente une campagne de femmes colombiennes qui se sont engagées à prendre soin de leur territoire et de ne pas en permettre l'exploitation par des mines d'or de la multinationale AngloGold Ashanti. Une vidéo propose l'interview de la cultivatrice Judith Pérez Gutiérrez, habitante de La vereda Piedras dans la commune de Cajamarca, Tolima, où la résistance pour la défense des terres s'organise.

Judith parle de ses craintes et de celles de ses voisins, vulnérables et sans soutien de la part des autorités colombiennes. Des affrontements sérieux les ont déjà opposés aux forces de l'ordre :

 

Ester Carmen Martínez, professeure à Pitalito, Huila, raconte son histoire et celle de ses voisins de la campagne, assassinés, délogés ou déplacés de leurs terre par les milices paramilitaires.

 

Le projet contient par ailleurs des textes comme celui-ci, expliquant les différents dangers auxquels s'exposent les femmes du fait de leur engagement et de leur activisme.

A Bajo Cauca, au moins quatre activistes ont été menacées et forcées à abandonner la région dans les quatre dernières années. La restitution n'avance pas, et la peur empêche les victimes de se réunir.

[…]

“Nous, les victimes, nous sommes acculées”, dit un témoin. “Il y a de nombreuses menaces. Le dernier exemple en date : une femme a été victime d'un déplacement forcé, elle est partie dans le quartier París. Là-bas, elle a mené l'assemblée d'action communale et les canailles l'ont de nouveau menacée. Ils voulaient attenter contre sa vie et elle a dû partir de la ville. Le plus triste c'est que ni l'administration de la commune ni les forces publiques ne s'occupent de nos plaintes. Vous croyez que l'un d'entre nous, malgré les menaces, est protégé par un système de sécurité?”

`De nombreuses affiches qui expriment la réalité dont souffre les femmes ont été créées. En fait partie la violence sexuelle perpétrée par les trois acteurs de la guerre : les milices paramilitaires, la guérilla et l'Etat.

 

Superviviente de la matanza de El Salado (Foto: Patricia Simón)

Yoladis Zúñiga, survivante du massacre de El Salado (Foto: Patricia Simón)

Les affiches soulignent aussi le travail de ces femmes qui ont consacré leur vie à la paix et au militantisme. .

Defensora de derechos humanos (Foto: Alex Zapico)

Mari La Negra, défenseuse des droits humains (Foto: Alex Zapico)

Feminista e investigadora integrante de Mujeres Feministas Antimilitaristas (Foto: Alex Zapico)

Marta Restrepo, feministe et enquêtrice de Mujeres Feministas Antimilitaristas (Photo: Alex Zapico)

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