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Un Président pour le Liban ? oui, non, peut-être, pourquoi faire ?

Merci, je vous aime, je serai toujours avec vous.

C'est avec ce tweet que le président libanais Michel Sleiman a marqué le terme de son mandat le 25 mai 2014. Le blog politique Moulahazat a donné une évaluation intéressante et détaillée de sa présidence [Le présent billet a été publié le 9 juin sur GV en anglais].

“(…) Pendant 36% du temps de Michel Sleiman en fonction il n'y a pas eu de pouvoir exécutif en état de marche. Inutile de dire que le parlement libanais ne peut pas légiférer en l'absence de gouvernement en fonction, ni siéger en été, ce qui veut dire que pendant les 6 années [de présidence) Sleiman, le parlement a eu au maximum 3 ans pour voter lois et amendements (environ la moitié du temps).”

Beirut Report remarque les panneaux à la gloire de Sleiman le long de l'autoroute, et médite sur son héritage :

“(…) quel souvenir gardera-t-on de Sleiman ? Son tweet en faveur du mariage civil, ou ses critiques et désaccords très médiatisés avec la force la plus puissante du Liban, le Hezbollah ? Ou bien son pardon de fait à la rock-star indie arrêtée pour avoir cité son nom dans une chanson ? Pendant que d'autres twittos et journalistes encourent toujours des poursuites pénales pour l'avoir insulté.”

Mais ça, c'est le passé. Ce que chacun brûle de connaître, c'est la suite. Le Liban est entré dans un vide présidentiel prévisible et prévu après l'incapacité du Parlement à élire un nouveau président dans le délai constitutionnel, mais ce n'est pas la première fois que Baabda (le palais présidentiel libanais) est sans locataire. Le président précédent, Michel Lahoud, était lui aussi parti sans successeur annoncé en 2008 et le pays avait passé six mois entiers sans chef de l'Etat.

Aujourd'hui, les Libanais abordent le retour du vide avec un mélange à parts égales de cynisme, d'humour et de philosophie. S'ils se montrent indifférents, c'est probablement parce que des années de déceptions leur ont appris à ne pas espérer grand chose de la politique locale.

D'où le constat de @DyalaBadran :

Nous vivons dans la crainte d'un “vide” présidentiel comme si nous avions en ce moment une fonctionnalité optimale ?

Voire l'approximation de @Georges_Sassine :

Scénarios libanais : (1) un personnage consensuel élu Président après un vide prolongé ; (2) la sécurité se détériore et l'armée prend le pouvoir dsans cérémonie

Mais on peut toujours compter sur @KarlreMarks pour trouver le côté positif :

Un Président arabe quitte ses fonctions à la fin de son mandat. La presse arabe se demande comment expliquer cela au peuple.

Mais c'est très sérieusement que le blogueur Elias Muhanna s'interroge sur la nécessité pour le Liban d'un président :

“Plus pertinente que la question de qui sera le prochain président, est celle de savoir si le Liban a même besoin d'un président, un quart de siècle après l'Accord de Taïf. Quels sont les pouvoirs et devoirs du Président (articles 49-63 de la constitution libanaise) ? A part de servir de “symbole de l'unité nationale” et de sauvegarder “la constitution, et l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale” du Liban, le Président de la République agit très peu sans aval du Conseil des Ministres. Il ou elle accrédite les ambassadeurs et promulgue les lois, mais n'a pas de voix dans le gouvernement, ne peut choisir de Premier Ministre sans consultations obligatoires avec le Parlement, ne peut pas dissoudre le Parlement sans autorisation du Conseil des Ministres, et ne peut pas empêcher efficacement une loi d'être adoptée.”

Deux semaines plus tard, aucune issue n'est encore en vue à l'impasse politique, et les trop nombreux problèmes à l'ordre du jour relèguent peu à peu la vacance présidentielle à l'arrière plan de l'actualité au profit des discussions sur la Coupe du Monde :

Nouvelle théorie au Liban : le gagnant de la Coupe du Monde 2014 au Brésil influera sur le choix du prochain président. 

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