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La Macédoine ferme ses frontières, des milliers de réfugiés afghans coincés en Grèce

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Photo Marianna Karakoulaki.

Depuis des mois, les réfugiés fuient par milliers leurs pays ravagés par la guerre au Moyen-Orient, et tentent au péril de leurs vies de pénétrer en Europe, dans l'espoir d'y trouver la sécurité pour eux-mêmes et leurs familles.

Le chemin de l'Europe n'est pourtant pas semé de pétales de roses. Depuis novembre, seules trois nationalités—syrienne, irakienne et afghane—sont autorisées à entrer en Europe par la précaire “route des Balkans”. Une route devenue encore plus précaire pour les réfugiés syriens et irakiens, depuis les nouvelles conditions imposées par plusieurs pays balkaniques aux demandeurs d'asile, priés de présenter leurs passeport ou pièces d'identité outre les justificatifs qu'ils reçoivent dans les îles grecques. Les réfugiés porteurs de visas turcs, pendant ce temps; ne sont plus autorisés à se rendre en Europe du Nord, et la République de Macédoine a entièrement fermé ses frontières aux migrants Afghans.

Située à la frontière gréco-macédonienne et principal point d'arrivée des réfugiés et migrants sur le continent européen, le village d’Idomeni connaît des bouleversements inconnus ailleurs en Grèce. Avant la crise, la zone était contrôlée par les passeurs. Récemment, elle hébergeait un camp de transit, et désormais, un poste militaire.

 Channel 4 News a diffusé le reportage d'un journaliste qui a essayé de pister des kidnappeurs séquestrant des migrants contre rançon :

Pendant qu'Idomeni enfle de réfugiés, un nouveau camp d'hébergements provisoires a été installé à 20 kilomètres de là, sur le parking vide d'une station d'essence.

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Un petit garçon porte un morceau de bois pour le feu à côté de la tente où il vit, 20 kilomètres d'Idomeni. Photo Marianna Karakoulaki.

Dépourvus d'informations et épuisés par un sommeil dans des bus et des tentes non chauffées, des milliers de demandeurs d'asile ont décidé de marcher les 20 kilomètres jusqu'à Idomeni, où les attendaient un camp complet et une procédure ralentie de contrôle frontalier.

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Procession de 20 kilomètres jusqu'au poste-frontière d'Idomeni. Photo Marianna Karakoulaki.

La page Facebook “Are You Syrious” indique que 500 personnes seulement ont été autorisées à entrer en Macédoine lundi 22 février entre 6 heures et 18 heures.  Selon les comptes-rendus, les fonctionnaires de police et de l'armée sont arrivés à la frontière et ont procédé à l'examen des papiers et des documents d'identité de chacun avec une insupportable minutie.

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Les réfugiés syriens et irakiens font la queue pendant des heures pour la vérification de leurs papiers par les policiers et militaires macédoniens. Photo Nicolas Economou, avec sa permission.

Les réfugiés d'Afghanistan ont attendu sans savoir qu'ils ne seraient pas autorisés à traverser la frontière. “Nous sommes arrivés ici samedi. Pourquoi ils ne nous laissent pas passer ?” a demandé un adolescent du nom de Sam au reporter de Global Voices présent sur les lieux. “Laissez-nous passer et fermez la frontière après nous. J'ai quitté l'Afghanistan parce qu'il y a la guerre là-bas : des bombes chaque jour, pas de travail, pas d'avenir. Je dois faire vivre ma famille.”

A mesure que le jour avançait et que peu d'informations nouvelles parvenaient à la file d'attente, la tension a monté et les réfugiés se sont mis à manifester en exigeant d'entrer en Macédoine.

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Les réfugiés afghans manifestent dans le calme, et réclament qu'on les laisse entrer en Macédoine. Photo Nicolas Economou, avec sa permission.

De jeunes enfants portant des pancartes écrites à la main demandant l'ouverture des frontières se sont avancés au premier rang de la foule, d'où ils se sont adressés aux policiers grecs. Après un face-à-face de plusieurs heures, la foule a réussi à enfoncer le barrage policier et a atteint le point de passage, où les gens ont brisé une petite barrière à côté du chemin de fer pour finalement pénétrer en Macédoine.

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Les enfants afghans tiennent des feuilles écrites à la main réclamant l'ouverture des frontières. Photo Marianna Karakoulaki.

“Je suis partie d'Afghanistan il y a presque un mois. J'ai perdu mon bébé, je suis avec mon mari. Est-ce que vous savez ce qui va se passer maintenant ?” a demandé une femme appelée Zahra dans un anglais parfait, qu'elle dit avoir appris en regardant des films. “Pourquoi ça nous arrive à nous ? Pourquoi on ne nous laisse pas passer ?”, demande désespérément Zahra à qui veut l'entendre.

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Un homme montre son passeport syrien (un des documents susceptibles de garantir le passage en Macédoine). Photo Nicolas Economou, avec sa permission.

Les tensions vont sans doute se poursuivre à Idomeni, où les faits de cette semaine ne peuvent que se répéter, avec les milliers de nouveaux arrivants en quête d'un lieu sûr et d'un avenir. Pour le moment un passeport semble le seul espoir auquel se raccrocher.

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