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Uruguay : décès de l'écrivain Mario Benedetti

L'écrivain et poète uruguayen Mario Benedetti est décédé le 17 mai dernier à l'âge de 88 ans. Il avait écrit plus de 80 romans, ainsi que de nombreux essais et nouvelles. Son œuvre a été traduite dans une vingtaine de langues.

Mario Benedetti est une personnalité importante pour la société uruguayenne, notamment parce qu'il s'est exilé et qu'il a critiqué  directement la dictature militaire dans les années 70 et 80.

De nombreux blogueurs uruguayens ont accueilli la nouvelle de son décès par une réflexion sur ce que son œuvre avait signifié pour eux au fil des années. Le blogueur de Psicosesion [en espagnol, comme tous les blogs cités] décrit ce qu'on peut trouver dans l'œuvre  de Benedetti dans le contexte de l'histoire tourmentée de la région:

Su escritura refleja los tiempos más difíciles de una Latinoamérica oprimida, por el autoritarismo, donde no se respetaron los derechos humanos, donde deja ver el sufrimiento humano a flor de piel, opresión que hizo que Mario se mantuviera durante largo período exiliado del país.

Pero siempre Mario desde donde cualquier lugar, hacia sentir su voz….jamás lograron callarle.

Son écriture reflète les époques les plus difficiles d'une Amérique Latine opprimée par l'autoritarisme, où on ne respectait pas les droits de l'homme, où il montre la souffrance humaine avec une grande sensibilité, oppression qui a forcé Mario à rester en exil pendant très longtemps.

Mais où qu'il soit, Mario a toujours fait entendre sa voix…  On n'a jamais réussi à le faire taire.

Gaba en Montevideo écrit également sur l'importance personnelle de l'écrivain pour lui et sur la façon dont les mots de Mario Benedetti l'ont accompagné tout au long de sa vie :

Mario benedetti, asi, con solo dos palabras se fue su inspiracion y dejo mil poesias. Mil poesias y una historia que se repetia una y otra vez, como marcada en fuego, en la vida de muchos uruguayos, en mi vida. Benedetti formo parte de mi memoria. Con Benedetti pase noches y dias y encuentros leyendo sus vivencias, su audacia, su historia de hombre comun. Su literatura ha sido parte de mi sangre, de mis entrañas, ha sido como el aire que he respirado para crecer. Y desde siempre mi brujula.

Benedetti est mort, et juste comme ça, avec ces trois mots, toute mon inspiration est partie et a abandonné mille poèmes. Mille poèmes et une histoire qui se répète encore et encore, comme marquée par le feu dans les vies de tant d'Uruguayens, dans ma propre vie. Benedetti faisait partie de ma mémoire. Avec Benedetti, j'ai passé des jours et des nuits, à lire ses expériences, son audace, son histoire d'homme commun. Sa littérature a fait partie de mon sang, de mes entrailles,  elle a été comme l'air que je respirais pour grandir. Et elle a toujours été ma boussole.

Un autre blogueur uruguayen, Mario Blanco, se souvient de l'occasion où il a rencontré Benedetti, et où celui-ci lui a signé une dédicace dans un de ses livres. Blanco était particulièrement fier d'être le “tocayo” de Mario Benedetti – “tocayo” étant un terme utilisé quand deux personnes portent le même prénom. De plus, ils avaient les mêmes initiales, “MB”.

Exilé pendant dix ans, Marie Benedetti a séjourné en Espagne, à Cuba et au Pérou. Ce n'est pas seulement le fait qu'il a vécu dans d'autres pays hispanophones qui l'a rendu populaire dans la région. Ses mots et ses convictions ont touché les citoyens d'autres pays d'Amérique Latine qui vivaient les mêmes épreuves sous des régimes autoritaires.

Son œuvre littéraire a traversé les frontières, et d'autres blogueurs d'Amérique Latine ont partagé leurs expériences, comme Modestamente Humano, au Guatemala, qui écrit :

por dedicar un poema de él que a fin de cuentas decía las cosas tal y como uno hubiera querido pero tal vez no tenía el talento para decirlas de una forma tan clara, tan franca, tan sencilla y tan bella.

offrir un de ses poèmes, en fin de compte, disait les choses comme on aurait voulu les dire, mais sans avoir peut-être le talent pour les dire d'une façon si claire, si franche, si simple et si belle.

En République Dominaine, Alexéi Telleria , du blog Catarsis Diaria, écrit  : ” Mario, nous te disons au revoir (seulement) physiquement, parce que tu vas rester avec nous.” Zenia Regalado mentionne que Mario Benedetti a passé du temps à Cuba quand il était en exil et quand il travaillait à la Casa de las Américas à la Havane.

Un autre blogueur d'un pays où Benedetti a résidé lorsqu'il était en exil, le péruvien Juan Carlos De La Fuente du blog Noticias del Interior, dit que l'écrivain urugayen a vécu pleinement sa vie :

A estas altura de mi vida, después de tantas muertes y tantos renacimientos, sé que Mario Benedetti vivió de lo que escribió y escribió de lo que vivió. Y sé que fue feliz, por más sospechosa que pueda parecerle esta palabra a algunos despiadados críticos, es decir –como decía Borges y lo repite mi amiga Luz María Sarria- no pasó un solo día sin estar un instante en el paraíso.

À ce point de ma vie, après tant de morts et tant de renaissances, je sais que Mario Benedetti vivait ce qu'il écrivait et écrivait ce qu'il vivait. Et je sais qu'il était heureux, malgré le fait que ce mot soit tenu en suspicion par certains critiques sans cœur. C'est à dire que,  comme le disaient Borges et mon amie Luz Mar¡a Sarria,  il ne s'est pas passé un seul jour sans qu'il soit au paradis pendant un instant.

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