Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Madagascar: Le sud du pays durement frappé par la sécheresse et le déversement de produits toxiques

Alors que le climat politique malgache reste marqué par une instabilité totale depuis le coup d’état du mois de mars [en anglais, les billets ont été traduits en français], la communauté internationale, réunie à Addis Abeba, essaye à nouveau de négocier un accord entre les diverses fractions politiques. Le président de l’Union africaine et Jean Ping, un des médiateurs présents dans la capitale éthiopienne, ont ouvert la rencontre en déclarant [en anglais]:

« Comme vous le savez, la réalité sur le terrain, à Madagascar, se caractérise par la fatigue que ressentent les citoyens qui espèrent voir la fin de la crise, une crise dont, finalement, ils sont les otages. La situation économique du pays empire chaque jour. La population de Madagascar mérite un meilleur destin et ceci dépend entièrement de vous. »

Il semble que ce sentiment soit partagé par une large portion de la blogosphère qui souligne également les autres défis auxquels Madagascar doit faire face. Actuellement, plusieurs provinces sont en proie aux effets désastreux causés par plusieurs catastrophes : une sévère sécheresse, le déversement de produits toxiques suite au naufrage d’un bateau qui a empoisonné les poissons dont des milliers de pêcheurs tiraient leurs revenus et l’abattage illégal de la forêt tropicale.

(Mise à jour : un accord sur le partage du pouvoir a été signé par 4 mouvements politiques durant le week-end. Cet accord établit que Madagascar sera dirigé par 3 co-présidents. Plus d’informations peuvent être obtenues via Reuters et sur le site Madagascar-Tribune.com [en français]).

Le scandale écologique du déversement de produits toxiques suite au naufrage du Gulser Ana

Le Gulser Ana, cargo turc qui transportait du phosphate [en anglais], a coulé au large des côtes malgaches, déversant des déchets toxiques, tuant des baleines en migration et causant des maladies parmi la communauté des pêcheurs [en anglais]. Bien que la catastrophe ait été dénoncée dans quelques médias récemment, le bateau a commencé à couler il y a deux mois. Certains blogeurs malgaches le signalaient au début du mois de septembre. Tomavana a écrit sur son blog:

En plus d’écarter le drame écologique du Sud de l’île des actualités nationales, la controverse politique autour de ces nouvelles nominations pose la question du suivi de ce dossier sensible

Joan pose simplement la question [en anglais] : « Avez-vous entendu parler du Gulser Ana ? ». Dans la section destinée aux commentaires, le capitaine Collin Smith étudie les causes possibles de l’accident [en anglais]:

La seule explication qui puisse disculper le capitaine et l’officier de quart du bateau est celle d’une avarie. Toute autre cause résulterait d’une erreur humaine due à l'incompétence, voire à l'imprudence. Comment un bateau peut-il s’échouer en situation de parfaite visibilité si l’officier de quart et le capitaine sont attentifs et correctement formés ? […] Encore une pratique pour faire des économies. Le capitaine et l’officier de quart auraient dû être arrêtés lorsqu’ils ont touché terre.

Sur son blog, Mialisoa raconte, en français, que :

les habitants « souffrent de problèmes respiratoires, et de maladies cutanées et diarrhéiques ». Car non seulement ces personnes ont été exposées aux déchets toxiques, mais le nettoyage des zones polluées s’est fait sans vêtements de protection et sans équipements adéquats.

Le fait que les médias n’aient pas couvert l’accident plus rapidement provoque la réaction suivante de la part de Tomavana sur Twitter:

“@fanjakely j'ai l'impression que les habitants Sud #Madagascar sont des malgaches de 2nde zone. J'entends nos beaux discours mais nous sommes pas #Solidaire”

Naufrage du bateau, source: http://mialisenfout.hautetfort.com

Naufrage du bateau, source: http://mialisenfout.hautetfort.com

Malheureusement cette catastrophe n’est pas la seule source de préoccupation dans la région.

Sévère sécheresse

La pluie s’est faite très rare dans la partie sud du pays. Selon The Guardian, le temps inhabituellement sec pour la saison, résultat du réchauffement climatique (une augmentation de 10% des températures) a donné lieu à une terrible sécheresse et fait apparaître des signes de famine parmi la population depuis six mois. Tovoheryzo Raobi Jaona explique, en français, dans quelle mesure les changements climatiques ont touché le sud :

« Avant, il y avait une sécheresse tous les dix ans. Or, depuis 2000, il y en a eu quatre »

Féroce Remanongona, fonctionnaire malgache, va plus loin en disant :

Nous prions le Grand Dieu que le cyclone passe chez nous. Même s’il détruit nos maisons, c’est mieux que subir la sécheresse

Une déclaration forte lorsque l’on se souvient de l’étendue des dégâts provoqués par le cyclone qui a récemment dévasté une grande partie de la région.

L’institut Panos a publié, il y a peu, une série de témoignages intitulée Pushed to the Edge (“Poussés à bout”) sur les conséquences du réchauffement climatique pour la population malgache vivant dans le sud du pays. Voici le témoignage de Bruno, tirée de cette série :

J’ai remarqué que le temps changeait par rapport aux prévisions que nous avions l’habitude de faire et que la saison des pluies commençait très tard… Il n’y a pas seulement la production de riz qui en pâtit, les cultures de patates douces et de manioc sont aussi touchées. Il fait de plus en plus chaud et planter le manioc devient difficile… Quand je le récolte, je remarque que les racines sont plus petites qu’avant. Pour ce qui est du riz, habituellement je récoltais trois à quatre grands paniers et maintenant seulement un petit. Le changement est si évident que je me demande ce qu’il se passe avec le climat.

Richard Marcus est l’auteur d’un travail rédigé pour l’American Political Science Association dans lequel il étudie les défis posés par la gestion des ressources en eau [en anglais] dans la région d’Ambovombe-Androy. Il explique :

Les communautés rurales doivent soudainement payer des prix exorbitants pour l’eau. Elles sont mal préparées pour remplir leurs responsabilités municipales et ne sont pas capables d’élever le niveau des taxes d’utilisation ou des impôts de la communauté, geste nécessaire pour financer le développement des infrastructures.

Stéphane, du blog Foko Madagascar [français et anglais], a participé en septembre, à une conférence de l'ONU sur le changement climatique [en anglais]. Il blogue sur les défis que rencontrent les pays en développement comme Madagascar [en anglais].

Enfin, une résolution condamnant le pillage des ressources naturelles à Madagascar [en anglais] a été proposée par Earl Blumenauer (D-Oregon) à la Chambre des représentants. Les coupes illégales de bois précieux des forêts tropicales sont allées de pair avec la tourmente politique. Le Courrier International et L’Express de Madagascar révèlent aussi que le gouvernement a autorisé l'exportation de bois de rose précieux à la fin du mois de septembre. Vous pouvez obtenir plus de détails sur les coupes illégales de bois dans la forêt tropicale à ce lien [en français].

2 commentaires

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site