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Ouganda, Kenya : A la recherche de l'e-gouvernance

La bonne gouvernance est un concept un peu abstrait qui décrit le processus des politiques gouvernementales non discriminatoires, l'équilibre des pouvoirs politiques, le respect des droits de l'homme ainsi qu'une véritable société civile. Ce processus qui est devenu un ingrédient important, les économistes le présentent comme une voie conduisant un pays vers une haute croissance économique. Les experts du développement prétendent également que la bonne gouvernance est responsable de la création de niveaux de développement humain plus élevés [tous les liens sont en anglais].

Les gouvernements ont entendu ceci. Aiguillonnés dans des dimensions non pas les moindres par les subventions, les programmes communautaires et de développement, beaucoup de pays ont commencé à s'appuyer sur les nouvelles technologies afin d'augmenter l'accès aux services publics. Ils ont essayé plusieurs méthodes pour simplifier les procédures pour les citoyens, élargir la transparence et rendre  l'information disponible à tous.

Le blog Abugidan Info d'Ethiopie dresse le parallèle entre l'accroissement de l'accès des gens à l'information et une culture politique plus saine.

… l'importance de la circulation sans entraves de l'information dans la sphère de la politique et de la gouvernance ainsi que pour l'amélioration de la vie sociopolitique peut à peine être exagérée. Regardons cela de cette manière. Comme dans un marché, l'impact de son manque est catastrophique, surtout pour le développement de la démocratie et le renforcement du respect pour la dignité humaine. Dans la société actuelle, ce déficit est caractérisé par l'exclusion, l'inégalité, l'arrogance du pouvoir et les problèmes relatifs à la paix et la sécurité, le stéréotype comme stratégie politique, une médiocre croissance économique et un développement irrégulier ainsi qu'une subjugation qui finalement ouvre la voie à la polarisation de la société et aux conflits. Avec la réalité Internet actuelle de notre monde, IL SUFFIRAIT que les gouvernements s'inspirent de ce vieux slogan publicitaire, “Un client cultivé est notre meilleur client”, pour que le monde soit un endroit bien meilleur !

L'usage des technologies de l'information et communications par les gouvernements ne peut qu'aller aussi loin, dit Tanya Gupta, une blogueuse de la Banque mondiale sur Governance matters (“La gouvernance, voilà l'important”). Elle soutient que beaucoup de programmes gouvernementaux en ligne se concentrent sur la fourniture de meilleurs services aux citoyens alors qu'ils devraient prendre en considération des questions concernant la culture politique.

La première des choses c'est augmenter la participation.

Des grandes portions de la plupart des pays en voie de développement – généralement les populations à plus bas revenu – sont privées des droits de représentation, manquant de voix et de participation politique. En fait, les études ont trouvé qu'une grande inégalité économique a pour résultat une plus grande inégalité politique, créant ainsi un cercle vicieux où les pauvres ne peuvent pas utiliser le système politique pour améliorer leur situation économique…

Cela laisse entendre que l'administration Internet peut renforcer la démocratie en contribuant à augmenter la participation politique parmi les pauvres. Malheureusement, c'est là que le bât blesse. Les données empiriques montrent que la participation n'est pas typiquement une partie importante des programmes gouvernementaux en ligne dans les pays les plus pauvres quoi qu'ils soient ceux qui en ont le plus besoin.

Ensuite, elle souligne l'importance de la franchise et la transparence.

En dépit de beaucoup de bons exemples de gouvernement ouvert / transparence, le changement fondamental de mentalité requis pour un gouvernement vraiment ouvert n'a réellement eu lieu nulle part. Pour que cela arrive, chaque fonctionnaire devra avoir un rapport très différent avec les données qu'il/elle produit.

… Dans ce processus, autant de données que possible devraient être publiées, en ne retenant que les informations confidentielles et personnelles. Pour réaliser ceci, il y aurait besoin de plus d'investissement pour construire un meilleur moteur de recherche et modifier les applications de réseau social pour l'administration.

En conclusion, elle identifie la collaboration parmi divers groupes ainsi que la responsabilité:

Quoique étroitement liées, la transparence/ l'ouverture et la collaboration n'apporteront pas à elles seules la responsabilité. Tenir responsables les fonctionnaires et politiciens de leurs actions exige une société civile robuste, un cadre juridique et une magistrature forts, une presse libre et active parmi d'autres facteurs. Cependant, les observatoires des citoyens, les organisations des droits de l'homme, les associations et autres qui suivent les actions  et données relatives à la gouvernance peuvent certainement utiliser la technologie pour exiger la responsabilité.

Étude de cas : Ouganda

Le gouvernement ougandais a commencé à travailler sérieusement sur les TIC en 2006, lorsque le Ministère des TIC avait commencé à superviser les programmes gouvernementaux par Internet à travers les institutions étatiques. Le secteur privé du pays avait quant à lui décollé il y a quelques années, mais l'administration continue toujours à mettre en œuvre un cadre pour faire fonctionner les initiatives sur l'infrastructure de l'administration par Internet, comme la création de réseaux de communication ainsi que le partage des dossiers entre les 28 ministères. La stratégie du gouvernement inclut également la  fourniture de l'accès aux communications, qu'il espère accomplir à travers la formation scolaire.

Si je devais généraliser, je dirais que la blogosphère ougandaise est largement peu impressionnée par les efforts du gouvernement dans le domaine des TIC. (Si vous avez quelque chose à dire sur l'effort de l'Ouganda, veuillez fournir votre réponse ci-dessous.)

Kato Mivoule, de l'Ouganda, écrit dans Mivule Tech-Africa et rejette la responsabilité sur la culture politique du gouvernement.

En dépit de l'infrastructure de la TI, l'Ouganda continue toujours à tituber sous l'emprise des forces de la corruption qui sont sans aucun doute en train de handicaper ce qui serait sinon une robuste industrie des TIC en Afrique de l'Est.

… du népotisme, favoritisme, luttes du pouvoir, mauvaise gestion, avidité, les TIC en Ouganda doivent encore se libérer, surtout quand il s'agit d'aider les pauvres en Afrique à soulager la pauvreté, les maladies, et l'analphabétisme… les responsables actuels des TIC au ministère ougandais des TIC sont si soucieux d'eux-mêmes à telle enseigne que tout ce qui les intéresse, ce sont les contrats pour eux-mêmes et de fausses entreprises intermédiaires de TI qui ratisseraient les profits vers leurs comptes bancaires… Voir les Ougandais bénéficier des TIC, cela demeure encore du domaine du rêve…

Ce billet est à vrai dire un peu ancien (de novembre 2008) mais les questions, elles, restent pertinentes. Il vient de Lilian, qui écrit sur le blog à partir de l'Ouganda :

Une présentation du Ministère des TIC vient de confirmer mes craintes à propos de leur ignorance ou complaisance sur les questions de gouvernance par Internet (IG). Le présentateur s'était juste limité au rôle des gouvernements dans IG cependant ce que nous voulions entendre c'était ce que le gouvernement ougandais a fait en ce qui concerne la gouvernance par Internet. Pour aggraver les choses, il pouvait à peine parler des trois principaux projets de loi  (les signatures numériques, la cyber-criminalité et les transactions en ligne). Il a tout simplement dit qu'ils étaient en train d'en débattre au parlement pour “approbation” et sachant la manière dont notre parlement fonctionne, cela pourrait prendre toute une éternité pour être finalisé !

Elle indique que l'Ouganda a un taux de moins de cinq pour cent de pénétration de l'internet, mais le nombre de gens qui accèdent à l'internet à travers des téléphones ayant accès au Web augmente rapidement. “En jetant un regard sur ces chiffres, je ne comprends pas exactement ce que le gouvernement a fait pour faire de l'IG un succès en Ouganda.”,  écrit-elle.

En ce moment, je suis assise dans un cybercafé et je me demande si je peux travailler d'ici en sécurité ! C'est-à-dire en termes de protection de mes informations. Tout ce que je sais, c'est que le projet de loi sur la byber-criminalité attend l'approbation du Parlement. Donc dans l'entre temps, je ne sais pas ce qui va se passer au cas où quelqu'un s'introduirait par exemple dans mon compte de courriel (dans la mesure où j'aurais oublié de me déconnecter) et utiliserait mes données personnelles à son propre avantage.

[Les projets de loi demeurent en considération.]

Un commentaire de BSK estime :

C'est plutôt sérieux; j'espère que ces gens vont réellement faire bientôt montre de sérieux. Sinon, de telles choses, comme la croissance du commerce ‘e’ [électronique] et ‘m’ (en particulier, étant donné que nous aurons bientôt des systèmes de transfert d'argent par téléphones mobiles dans la région) en pâtiront au maximum, et la montée attendue dans l’usage au cours des prochaines années pourrait être une terre fertile pour toutes sortes d'escrocs et fraudeurs. J’admets que nous allons voir probablement plus de web sur téléphone mobile, surtout dans les deux prochaines années avec des chutes attendues dans les coûts de la bande passante, et un essor du wimax et du 3G.

Étude de cas : Kenya

Les services d'administration par Internet sur les pages web du gouvernement kenyan sont faciles d’accès et, semble-t-il, d'utilisation. Les Kenyans peuvent chercher des emplois en ligne, suivre l'avancement de leurs cartes d'identité nationale et passeports. Les étudiants peuvent y trouver les résultats des examens et faire le suivi de leurs emprunts pour les études supérieures. Les entreprises peuvent déposer des déclarations d'impôts en ligne et solliciter des permis spécifiques et rapports en ligne. Enfin, n'importe qui peut consigner une plainte pour corruption à travers un feedbox anonyme.

Beaucoup de services fournis, affirme l'administration, peuvent être obtenus en ligne ou à travers la messagerie SMS.

Le blog de Jellyfish Cool Man rapporte que l'administration est même en train de multiplier ses efforts, y compris avec la publication des détails des approvisionnements des ministères et la numérisation des registres de la santé. Ce qui rend cette tâche beaucoup plus facile est que la plupart des Kenyans de la classe moyenne sont déjà en ligne.

… tous [ces] les développements montrent un pays motivé à moderniser ses activités. Le désir pour ceci est conduit par le besoin d'efficacité, l'éradication de la corruption, le besoin de socialisation et avant tout un besoin vorace d'information qui stimulera énormément les niveaux d'alphabétisation et conduira, avec un peu de chance, à l'innovation et à une meilleure société civile. Les Kenyans  doivent avoir une attitude positive, se rendre compte qu'ils ont un beau pays, des gens intelligents et des ressources naturelles suffisantes qu'ils peuvent utiliser pour générer une haute qualité de vie équivalente à celle de n’importe quelle nation avancée.

Le Kenya offre un cas d'étude intéressant parce que certains des organes de contrôle politique ne viennent pas du gouvernement. Au contraire, la robuste société civile du pays a commencé à utiliser les technologies pour garder l'oeil sur les questions telles que la corruption et les marchés publics, ce qui n'est pas si différent des groupes basés au Royaume-Uni qui essaient de tenir responsables ceux qui sont au pouvoir.

Les gouvernements au Kenya ont longtemps essayé d'éluder les accusations de corruption. Transparency International classe actuellement le pays à la 147ème position sur 180 pays dans son index évaluant la perception de la corruption, au même niveau que la Russie, la Syrie et le Bangladesh. (L'Ouganda est 126ème.)

Récemment, la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a dit devant un auditoire au Kenya que, bien que le gouvernement de Nairobi soit lent à agir, les gens ne devraient pas renoncer à se plaindre de la corruption par l'entremise des sites sociaux tels que Twitter et Facebook.

L'organisation Mars Group Kenya a exposé plusieurs scandales coûteux sur son portail “Leadership, Gouvernance et Responsabilité” [en anglais] au cours des dernières années. Le groupe a commencé en décembre 2006 à aider à rendre publics ses rapports sur la corruption administrative, en espérant que son site Web ainsi que le forum deviendraient une place pour débattre et rendre publique l'importance des questions de gouvernance.

Récemment, il s'est trouvé être la cible d’affirmations selon lesquelles il serait en train d'essayer de déstabiliser le gouvernement et les débats parlementaires relativement à des accusations d’espionnage.

Néanmoins, le groupe a des amis dans la blogosphère kenyane. A Nairobian's Perspective appelle le groupe ‘l'ombudsman Kenyan’ en ligne.

… Fidèle à sa devise “nous surveillons pour vous” le  Mars Group Org a été implacable en assurant sa surveillance pour les libertés civiles et individuelles des Kenyans. Le site web publie fréquemment des rapports sur la corruption tel que le Rapport de la commission foncière Ndungu, le Rapport Kroll, les extraits de Wiki leaks, le dossier de Githongo sur Anglo Leasing etc…Le blog a aussi une rubrique interactive où les membres de la société font connaître leurs opinions, les clips des média y sont téléchargés, une rubrique caricatures donne un visage humain à la corruption, et bien sûr les souscripteurs obtiennent des mises à jour régulières par courriers électroniques. Mars group est en plein dans le mille – mettre en lumière la corruption. Tandis que très peu est connu/au moins disponible en ligne, grâce à Mwalimu Mati [le directeur du groupe] une chose est certaine : celui-ci est un vrai défenseur de l'intérêt publics. Gloire à lui !

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