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Brésil : Manifestation après le tabassage à mort d'un étudiant africain

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Une centaine de personnes se sont rassemblées à Cuiabá, capitale de l'État brésilien du Mato Grosso, le 23 septembre, 2011, pour protester contre la violence et lancer un appel à la justice suite à l'assassinat la veille de Toni Bernardo da Silva, de Guinée-Bissau, un étudiant en sciences économiques de 27 ans.

La manifestation, qui a eu lieu en face de la pizzeria où Toni a été tabassé à mort, était organisée par un groupe d'étudiants africains qui font partie d'un programme d'échange entre le gouvernement brésilien et les pays africains lusophones. Toni était étudiant à l'Université fédérale du Mato Grosso (UFMT).

Toni Bernando. Photo from personnal archive.

Toni Bernando. Photo archive personnelle.

Une agression sadique

Selon la police civile, l'étudiant était arrivé au restaurant autour de 23 heures et avait commencé à demander de l'argent aux clients. En passant près d'une des tables, Toni a heurté une femme.

Le petit ami de la femme, un homme d'affaires âgé de 27 ans, et deux policiers militaires présents sur les lieux ont enlevé l'étudiant de force de l'établissement et commencé à le rouer de coups de poing et de pied. Le rapport médical indique que la mort a été causée par une rupture de la trachée, suite à coup sec donné par un pratiquant des arts martiaux.

Les suspects ont été inculpés et devront répondre devant un tribunal de l'assassinat. Dans un communiqué, ils ont affirmé avoir seulement immobilisé le jeune.

Indignation des étudiants

Le crime a provoqué l'indignation dans la communauté universitaire, qui exige la justice et une plus grande sécurité pour les étudiants. En 2010, Global Voices avait signalé [en anglais] un autre cas d'agression contre un étudiant de Guinée Bissau.

L'UFMT a publié un message regrettant l'incident et contacté les ministères de l'Education et des Affaires étrangères, qui coordonnent le programme d'échange, ainsi que la police fédérale.

Toni était boursier à l'université et devait obtenir son diplôme en fin d'année dans la faculté qu'il avait commencée en 2006. Toutefois, selon un porte-parole de l'institution, il avait abandonné les cours :

Photo of protest, by Deivison Almeida (used with permission).

Photo de la manifestation, par Deivison Almeida (utilisée avec sa permission).

Em 2010, a Pró-Reitoria de Ensino de Graduação apoiou o então aluno e tentou auxiliá-lo para resolução de seus problemas acadêmicos e pessoais, que geraram o abandono dos estudos e a reprovação. Foi prestada assistência e oferecido acompanhamento psicológico ao estudante, por meio da Coordenação de Assistência e Benefícios (Cabes), sem a sua adesão satisfatória. Consequentemente, o desligamento ocorreu em fevereiro de 2011, conforme as exigências estabelecidas pelo Convênio PEC-G/MEC/MRE, entre as quais o abandono dos estudos e a reprovação.

En 2010, le doyen des études de premier cycle avait soutenu l'étudiant et ensuite avait essayé de l'aider à résoudre ses problèmes personnels et académiques qui avaient conduit à l'interruption de ses études et même à l'abandon du cours. Assistance et conseil avaient été prodigués à l'étudiant, à travers la Coordination de l'assistance et des prestations universitaires, sans véritable succès. En conséquence, “l'abandon” est survenu en février 2011, conformément aux instructions contenues dans l'accord PEC-G/MEC/MRE, qui régissent l”abandon d'un cours.
D'après l'étudiant Catende Domingos Malan, 23 ans, qui fait également partie du programme d'échanges internationaux, Toni avait abandonné ses études par découragement ou maladie. D'autre part la police de l'état a déclaré qu'il était toxicomane et avait un précédent de vol. Depuis février 2011, sa famille lui envoyait de l'argent pour survivre, alors qu'il était à la recherche d'un emploi. Il a laissé une petite amie brésilienne qui est enceinte.

“La plus grave menace est le silence “
L'étudiant en journalisme Adoniram Magalhães, a écrit sur son blog Jornalismo Liberto, une analyse qui résume la manière dont l'affaire a été couverte par les médias locaux :

Students light candles in mourning for Toni. Photo by Deivison Almeida (used with permission).

Veillée aux bougies d'étudiants pour Toni. Photo de Deivison Almeida (utilisée avec sa permission).

(…) alguns veículos publicaram e ainda publicam o fato de uma forma estranha, parecem até que estão procurando justificativa para o fato, desvirtuando o foco da morte de um ser humano que poderia ser brasileiro, africano ou iraquiano.

certains [médias] ont publié et continuent à le faire d'une façon suspecte, c'est comme s'ils essayaient de trouver un moyen pour justifier le crime, en faussant la dynamique des événements ayant conduit à ​​la mort d'un être humain qui aurait pu être aussi bien brésilien, qu'africain ou irakien.

Le photographe Lucas Ninno a publié sur son blog une interview audio d'un étudiant cap-verdien à Cuiabá, ami de Toni, relatant une version “que les médias ne montrent pas” de l'affaire.
Un courriel qui circule parle du climat de peur dans lequel vivent les étudiants africains à UFMT, pour lesquels «la plus grande menace est le silence», et interroge :

que a Universidade (UFMT) [tome] alguma atitude no sentido de os representar, bem como ao jovem assassinado, pressionando a justiça brasileira a não permitir que o caso [seja] (mais uma vez) abafado e que os culpados recebesse a punição merecida. Fizeram uma passeata a pedir Paz. A polícia não deve estar confortável com esta atitude. Há indícios de que a polícia esteja a tentar silenciar as testemunhas e a fazer contra-informação. A polícia ronda o bairro escuro e pobre onde a maioria destes estudantes moram. Por alguma razão estes jovens não se estão a sentir mais seguros com isso.

l'Université (UFMT) [doit prendre] une attitude claire à l'égard de ses membres ainsi que sur l'assassinat du jeune garçon, en exigeant de la justice brésilienne de ne pas laisser l'affaire [à] (nouveau) irrésolue et les coupables doivent recevoir le châtiment mérité. Ils [les manifestants] ont défilé pour demander la paix. La police ne doit pas prendre cette affaire à la légère. Il y a des preuves que la police cherche à faire taire les témoins et à exercer des pressions. La police fait des rondes dans les quartiers noirs et pauvres où la plupart de ces étudiants vivent. Ces jeunes semblent avoir des raisons de ne pas se sentir en sécurité.
Friends and university colleagues of Toni have put candles in front of the crime site. Photo by Lucas Ninno (used with permission).

Des amis de l'université et les collègues de Toni ont allumé des bougies sur les lieux du crime. Photo de Lucas Ninno (utilisée avec sa permission).

Et de conclure :

Se ninguém mais no mundo souber do que se está a passar ali o que será que lhes pode acontecer mais? O medo instalou-se. A História conta-nos que o medo é inimigo da razão, da sensatez. Quantos não são os casos de escaladas de violência nas ruas que começaram exactamente assim?

Si personne d'autre dans le monde ne sait ce qui se passe ici, que leur arrivera-t-il encore ? La peur s'est installée. L'histoire nous enseigne que la peur est l'ennemie de la raison et de la prudence. Combien de cas de violence dans la rue ont commencé exactement comme cela?

Le Ministre brésilien des Affaires étrangères Antonio de Aguiar Patriota a présenté personnellement ses excuses à l'ambassadeur Queta, chancelier et futur ministre de la Justice de la Guinée-Bissau, au nom du gouvernement brésilien pour la violence commise contre le jeune homme, alors que les chefs d'Etat sont à New York pour la 66ème Assemblée Générale annuelle des Nations Unies.

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