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Tunisie : Un an après la révolution, la liberté d'expression reste bridée

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la révolution tunisienne 2011.

Un an après le renversement de l'ex-président, la liberté de la presse reste menacée en Tunisie. Cette semaine, le directeur, le rédacteur en chef et un journaliste du journal tunisien “Attounisia” ont été arrêtés pour avoir publié une photo controversée du footballeur tunisien du Real Madrid Sami Kedira avec la top-model Lena Gercke nue.

The cover reads: "Tunisian soccer player Sami Kedira's photos shock Spain.

En titre : Les photos du footballeur tunisien Sami Kedira choquent l'Espagne.

Les arrestations dans la rédaction d'Attounisia, dont l'édition en ligne se trouve être un des sites web les plus fréquentés de Tunisie, ont indigné l'opinion. Si quelques-uns les ont approuvées, puisque la loi sur les média exige “le respect de la décence”, de nombreux internautes tunisiens se sont connectés sur leurs comptes de réseaux sociaux pour les dénoncer, sarcasmes à l'appui.

Sur Twitter, Sami Nafsi écrit [en arabe] :

هل ستأذن النيابة بإيقاف المسؤولين فى مونوبري ?? ‎#WTF‏ ‎#Attounissia‏ ‎http://pic.twitter.com/V2xqEKOl
@SamiNafsi: Le procureur général va-t-il faire arrêter la direction de Monoprix (une chaîne de magasins) ? #WTF #Attounissia http://pic.twitter.com/V2xqEK01

Monoprix vend de la lingerie, et ses publicités montrent des photos de mannequins qui la portent.

Lingerie catalogue of Monoprix

Catalogue lingerie de Monoprix

Le blogueur tunisien Le Trocadero n'a pu se retenir d'ironiser sur les arrestations à Attounisia. Dans son dernier billet, il suggère au procureur général de poursuivre aussi le Musée National du Bardo :

on y trouve des statues nues de femmes et d’hommes dans des positions plus que suspectes. Est-ce que tu l’accepterais pour ta sœur ?

Un billet déjà partagé plus de 3.000 fois sur Facebook et 23 fois sur Twitter.

Slim Ayed, un journaliste citoyen tunisien, a mis en ligne cette vidéo sur YouTube :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=08wUZUNpP5s#!

La vidéo, en arabe, propose des entretiens avec des journalistes tunisiens qui donnent leur opinion sur l'arrestation des hommes de presse d'Attounisia. Tous conviennent que les accusations sont grotesques et que le bureau du procureur général de Tunisie devrait s'occuper de choses plus sérieuses comme les affaires de corruption non réglées et la mort des martyrs lors de l'insurrection de janvier 2011.

Entre temps, le rédacteur en chef et le journaliste d'Attounisia ont été remis en liberté au début de la semaine, tandis que le directeur reste sous les verrous. Le 18 février, son journal a annoncé qu'il avait commencé une grève de la faim en prison pour protester contre sa détention.

Sami Kedira, quant à lui, a réagi publiquement dans le quotidien allemand Die Welt:

Ich respektiere die verschiedenen Religionen, die es gibt, und auch den Glauben, den die Menschen haben. Aber ich kann nicht verstehen, dass sich Menschen nicht frei äußern dürfen. Das ist traurig”

Je respecte les différentes religions qui existent, et aussi les convictions des gens. Mais je n'arrive pas à comprendre que les gens n'aient pas le droit de s'exprimer librement. C'est triste.

Le directeur d'Attounisia n'est pas le seul homme de presse en procès en Tunisie. Nabil Karoui, le responsable de Nessma TV, est aussi en jugement, pour blasphème, après avoir diffusé le dessin animé franco-iranien Persépolis. L'un comme l'autre encourent de trois à cinq ans de prison, en vertu d'un code de la presse obsolète qui est resté inchangé depuis les années 1980.

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la révolution tunisienne 2011.

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