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Côte d'Ivoire: Vives polémiques autour des frais d'inscription à l'université

Après de longs mois de fermeture ayant suscité des débats, les universités de Côte d'Ivoire s'apprêtent à ré-ouvrir leurs portes le 3 septembre 2012. La joie suscitée par cette annonce a vite été oubliée et a été remplacée  par une vague de réactions indignées par la décision  des présidents des universités d’ augmenter les nouveaux frais d'inscription:

Les étudiants débourseront désormais respectivement 100.000 FCFA par an pour s’inscrire au premier cycle (de la 1ère année à la licence), 200.000 FCFA, pour le Master et 300.000 pour le DEA et le Doctorat.

Voici la vidéo de l'annonce de l'augmentation des frais de scolarité:

Par le passé les étudiants ivoiriens payaient seulement 6.000 FCFA pour leur inscriptions. Pour les autorités ivoiriennes:

Ces montants permettront, en plus de la subvention de l’Etat, d'accroître les capacités financières des universités, en vue de faire face au manque de matériel didactique dont l'absence criante avait obligé par exemple l’UFR des sciences à suspendre les travaux pratiques.

 

Université de Cocody à Abidjan, CI. Photo par Alexenafrique, copyright Demotix (13/10/11).

Mais ces mesures ont entraîné de nombreuses fortes réactions  dans les média, et sur les différents réseaux sociaux, forums et blogs ivoiriens. Les avis sont partagés mais les déclarations des organisations d'étudiants sont sans équivoque. Elles rejettent la mesure. Ainsi, la FESCI, par la voix de sons Secrétaire Générale Mian Augustin annonce:

Nous considérons toujours les six mille FCFA comme le montant des frais d’inscription

Si Mominé Roland de l'AGEECI (Association Générale des Elèves et Etudiants de Côte d'Ivoire)  trouve que ” c'est inacceptable”, Kouadio Jean-Baptiste (S.g. Unesci,Union Nationale Estudiantine et Scolaire de Côte d'Ivoire) déplore ” un véritable coup de massue”

Et Gbané Aleoussène (porte-parole du collectif des étudiants pour la réouverture des universités publiques)  conclut: « Nous nous sentons exclus  ».

Certains partis politiques tels que le RDR (Rassemblement des Républicains, parti du Président Alassane Ouattara) a lui aussi pris position contre les nouveaux montants des frais d'inscription:

 Sans remettre en cause le principe d’une augmentation, le RDR estime que cette hausse des frais d’inscription est disproportionnée

Sur les réseaux sociaux, les discussions font rage. Un groupe est même créé sur Facebook  pour dire non aux frais d'inscription.

Sur Twitter les avis sont tranchés et nombreux sont ceux qui, comme JusticeJFK ,  pensent que les frais sont trop élevés :

@JusticeJFK: ” Un Pays Pauvre Très Endetté a des habitants pauvres très endettés. 1.567% d'augmentation de frais d'inscription, c'est trop! #civ2010#ci225

Dans la même veine,  KadyS annonce toujours sur Twitter:

@Kadsak: “J'ai l'impression que les nouveaux dirigeants de la #civ2010 ignorent tout de la réalité des ivoiriens aujourd'hui. Les gens ne mangent pas!

Pendant ce temps  l'enseignant Antoine Mian pense au conséquences de cette mesure:

@Mianseh: “J'ose espérer que les éminent profs qui ont pris cette décision en ont mesuré la dimension sociale, économique, politique et accadémique

Sur son blog, Bamba Moussa estime lui aussi que les frais d'inscription sont trop élevés :

J’ose cependant espérer que de tels tarifs comprendront de nombreux services tels que: La bourse ou l’aide financière pour tous les inscrits, une chambre en cité, un abonnement annuel au resto de l’université, une assurance, la carte de bus et j’en passe. A défaut, le titre d’Universités Publiques serait à revoir.

Cependant certains estiment sur les réseaux sociaux que les nouveaux tarifs sont justes et nécessaires pour un ensignement de qualité et une revalorisation des diplômes délivrés en Côte d'Ivoire.  Ainsi  Brahima Bakayoko écrit

@fielanord: “Avec 100 000 (etudiants) * 150 mille (moyenne) les FAC 15 MDRS qui peut leur permettre de s'autofinancer et d'emprunter pour se développer.

Pour le ministre Alain Lobognon, très présent sur twitter,  cette mesure règle une certaine injustice entre les étudiants des Universités et ceux des grandes écoles:

@AlainLobogon: “Pourquoi avec le même BAC, des étudiants paient rien, quand d'autres sont condamnés par l'Etat de #ci225 à payer cher pour leur formation?

Puis il ajoute:

@AlainLobogon:  “@aremsbee Les supports pédagogiques ont un prix à payer. L'Etat les paiera. Les étudiants doivent contribuer pour l'entretien. #ci225

La blogueuse Nnenna qui soutien que les nouveaux tarifs sont juste a même fait des recherches sur les frais d'inscription dans les universités pour les pays de la sous-région. Ainsi elle écrit:

@nnenna: “Mise à jour: Togo “Finalement les frais annuels varient donc entre 50.000 F et 300.000 F CFA” #civedu #ci225

Et pour le cas du Bénin,  Anna Guèye partage un tweet de Nnenna

RT @nnenna Frais d'inscription #Benin: Faculté 15.000 FCFA autres, 226.200 ENEAM 256.200, Informatique de Gestion 306.200 #CIV2010#CI225

Mais en parcourant les réseaux sociaux, on constate qu'il y a un autre groupe qui n'a pas une position aussi tranchée. Ainsi Marti résume bien cette position médiane qui semble faire de nombreux adeptes:

Que les droits d'inscription augmentent ok. Mais de manière raisonnable. Et ensuite, bourses/résultats. Mais accès pour tous à l'université #CIV2010

Pendant que les débats faisaient rage sur les réseaux sociaux et dans la réalité, le gouvernement ivoirien a surpris tout le monde par une décision de:

suspension de la mesure envisagée d`augmentation des frais d`inscription dans les universités publiques, le temps de poursuivre la réflexion

 

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