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L'attentat suicide de Volgograd fait s'interroger les Russes sur leur sécurité

Volgograd bus explosion caught by a windshield mounted camera. YouTube screenshot.

L'explosion du bus à Volgograd enregistrée par une caméra embarquée pour pare-brise. Capture d'écran de YouTube.

Une explosion à bord d'un autobus à Volgograd (anciennement Stalingrad) a provoqué un vif émoi au sein de la blogosphère russe ce lundi. Les informations initiales [russe] ont indiqué que le bus avait explosé à cause d'une défaillance du moteur au gaz naturel, et qu'au moins six personnes [russe] avaient trouvé la mort. Cependant, en l'espace de quelques minutes, les internautes ont commencé à spéculer sur une possible origine terroriste de cette explosion.  

Certains utilisateurs de Twitter ont réclamé des photos [russe] du bus endommagé, et le tabloïd populaire LifeNews a offert [russse] 50 000 roubles de récompense en échange d'une vidéo (en effet, du fait de l'utilisation très répandue de caméras embarquées, des vidéos de l'explosion sont très vite apparues, mais pas sur LifeNews). Parallèlement, des vidéos contradictoires ont été diffusées sur différentes chaînes d'information télévisées et sur des portails d'information, sans sources ou citations clairement identifiées. En réalité, certaines publications exploitaient des photos d'autres bus calcinés ou endommagés pour illustrer la nouvelle. Des exemples que ljfun, visiteur de LiveJournal, a collectés et compilés dans un post [russe] :

К примеру, Волгоградский ресурс «Всё для вас» распространил новость с фотографией […] автобус[а] взорванн[ого] в Израиле в 2002 году палестинскими террористами. […] Еще один волгоградский сайт опубликовал фото взорванного автобуса в Бургасе (Болгария)

Par exemple, le média volgogradois “Tout pour vous” a diffusé la nouvelle avec la photo d'un bus qui avait explosé en Israël en 2002 suite à un attentat terroriste perpétré par des Palestiniens.[…] Un autre site volgogradois a publié la photo d'un bus ayant explosé à Bourgas, en Bulgarie. 

La confusion a été en partie engendrée par des utilisateurs de Twitter tels que Vladimir Zolin, qui a prétendu avoir été témoin de la scène, mais qui semble avoir tweeté des informations pour le moins inexactes :

[…] Je roulais à une distance de 5 ou 6 voitures derrière le bus. Lors de l'explosion, des corps calcinés ont été projetés partout sur la route !!..

Deux heures après l'explosion, le Comité d'Investigation Russe a diffusé un communiqué [russe] déclarant qu'il s'agissait d'un acte terroriste. Bien que le Comité n'ait fourni que peu de détails supplémentaires, cette annonce a déclenché une vague de spéculation. Vladimir Varfolomeyev, de l'Echo de Moscou [une station de radio russe], fait référence dans un tweet aux récentes violences ethniques à l'encontre des immigrés musulmans à Moscou, dans le quartier de Biriouliovo :

Ça va être très grave si l'explosion à Volgograd se révèle être en lien avec les problèmes de nationalisme et d'immigration. Dieu nous en garde.

Une heure plus tard, une information a été diffusée, selon laquelle l'attentat aurait été perpétré par une femme portant un hijab. Il s'agirait de Naïda Asiyalova, une jeune musulmane mariée à un Russe d'origine converti à l'Islam, qui serait devenue une terroriste opérant au Daguestan. Naïda Asiyalova était apparemment atteinte d'une maladie en phase terminale — deux ans auparavant, ses amis avaient entrepris une collecte [russe] sur le réseau social VKontakte, en soutenant qu'elle avait besoin d'une greffe de la mâchoire. 

Les nationalistes russes ont été comme toujours rapides à constater que Naïda Asiyalova était originaire du Caucase du Nord. Le publicitaire nationaliste Egor Holmogorov, par exemple, a tourné en dérision le vieil adage selon lequel “le crime n'a pas de nationalité” :

Evidemment, la kamikaze de Volgograd n'a pas de nationalité. Il s'agissait vraisemblablement d'une Tchouvache entraînée dans des camps terroristes irlandais.

Certains, à l'instar du blogueur Yuri Pronkou, considèrent [russe] que la meilleure réponse à de tels actes de terreur serait de donner aux services de sécurité russes encore davantage de marge de manoeuvre qu'ils n'en ont déjà :  

Еще раз о моей позиции по работе спецслужб: в стране должна быть система противовесов, которая позволит (с санкции суда) спецслужбам производить прослушку, прочитку и т.д. подозреваемых лиц. 

Encore une fois, concernant ma position sur les services spéciaux : la Russie devrait avoir un système de contre-pouvoirs qui autoriserait les services spéciaux (avec l'accord d'un tribunal) à mettre en place des écoutes téléphoniques, des dispositifs de surveillance électronique, etc. pour les suspects. 

Dans le même billet, Yuri Pronkou a demandé à ses lecteurs s'ils seraient favorables aux écoutes téléphoniques s'ils avaient la certitude qu'elles leur offriraient une plus grande sécurité. Seuls 10% ont répondu par l'affirmative. 

Les autres estiment que Poutine et les services de sécurité russes n'ont pas été à la hauteur de leurs promesses en termes de sécurité des personnes. Par exemple, le blogueur irlandets01 a écrit [russe] :

 Заплатив за безопасность свободой мы купили явно бракованный и тухлый товар.

En payant notre sécurité au prix de notre liberté, nous avons clairement acheté un produit défectueux et avarié.

De nombreux Russes réalisent que Poutine n'est pas en mesure de les protéger d'actes terroristes répétés. Mais avec les Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi dans seulement 109 jours, il se peut que les services de sécurité russes ne soient pas en mesure de protéger les visiteurs non plus. 

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