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Suspense à Madagascar pendant l'élection présidentielle

Le jour des élections est enfin arrivé à Madagascar. La présidentielle a été reportée trois fois rien que cette année, dans un pays précipité par le coup d'Etat de 2009 parmi les parias internationaux. La BBC [anglais] résume parfaitement les événements des quatre dernières années qui ont conduit à cette situation électorale pas vraiment satisfaisante : 

Le scrutin sera géré par la Commission électorale nationale indépendante, un organisme électoral indépendant financé par les Nations Unies.

Aucune date ferme n'a été fixée pour l'annonce des résultats, mais si aucun candidat n'obtient plus de 50 % des suffrages exprimés, un second tour aura lieu le 20 décembre, en même temps que les élections parlementaires.

La Cenit indique qu'il y a 7.697.382 électeurs enregistrés et 20.115 bureaux de vote à Madagascar, un pays grand comme la France à la population peu dense.

Depuis ce matin, les électeurs font la queue pour glisser leur bulletin dans l'urne et choisir leur futur Président parmi 33 candidats, un nombre sans précédent.

Citoyenne Malgache est parmi les impatients de voter.

Donc dès 6h30, j’étais présente sur les lieux de vote. Il y avait déjà du monde, et c’était calme. Des responsables m’ont gentiment orienté vers le bureau où je pouvais vérifier si mon nom figurait sur la liste. Des centaines de cartes y attendaient que leur propriétaire vienne les réclamer. Une responsable parcourt le listing des 4 bureaux de vote pour chercher mon nom.  Elle me demande si je veux faire le miala nenina et appelle un autre responsable qui reconsulte consciencieusement les 4 listes avant de me demander si j’avais reçu la carte bleue. Une dame au regard inquisiteur me pose la question : Avez-vous voté lors du referendum ? La réponse est non.

Bref, on me dit de venir m’inscrire au bureau du Fokontany dès lundi pour pouvoir voter au 2ème tour. Mais il n’est pas encore sûr que j’aurai encore envie de voter à ce moment là.

Allons-enfants de la patrie, le jour de vote est arrivé. Mais ce n’est pas encore aujourd’hui que j’aurai le droit de m’exprimer. Pour moi, aujourd’hui n’aura été qu’un bâillon de plus. Et aussi un pont de plus que je vais pour une fois apprécier.

Sur le terrain, les électeurs twittent sur les irrégularités.

Tahina tweets a picture of the single ballot:

Le bulletin de vote unique. Plus petit que je ne pensais

Sur le HuffingtonPost, Jason Pack, chercheur en histoire de l'Afrique à l'université de Cambridge et président de Libya-Analysis.com, doute des résultats. 

Les Malgaches vont, croit-on, choisir qui leur fera traverser ces temps troublés. Parce que ce choix sera probablement à peine plus qu'une farce électorale, la communauté internationale devra elle aussi faire un choix. Sera-ce de fermer les yeux sur les manipulations électorales et les “irrégularités” endémiques tout en s'auto-congratulant dans les cercles diplomatiques pour avoir guidé le retour de Madagascar à la démocratie ? Ou d'envoyer le message que les gouvernements qui arrivent au pouvoir en brisant les règles essentielles de la démocratie ne sont pas récompensés par de l'aide et la reconnaissance diplomatique ?

Malheureusement, le plus probable est que la réalité à Madagascar sera une fois de plus assombrie par une caricature.

Concluons avec ce tweet humoristique par lequel Faly Kizitina (“grognon heureux”) se demande si les observateurs électoraux de la SADC travaillent vraiment d'arrache-pied (300 observateurs de la SADC sont déployés à Madagascar). 

Un observateur des élections pas vraiment au travail dans un des bureaux de vote les plus importants

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