Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Cambodge : La police ouvre le feu sur les grévistes du textile

Une des photos d'aujourd'hui. Prise en début d'après midi à Veng Srey BLVD, Phnom Penh

[Billet d'origine publié en anglais le 3 janvier] La mort de quatre personnes a été confirmée et des dizaines d'autres ont été blessées après que la police et l'armée se sont affrontées avec les grévistes du secteur textile dans la zone industrielle de Phnom Penh, la capitale du Cambodge.

Des dizaines de milliers de travailleurs du vêtement sont en grève depuis la dernière semaine de décembre après que le rejet par le de la demande des syndicats d'augmenter le salaire minimum mensuel à 160 dollars US. Le salaire minimum actuel n'est que de 80 dollars et le conseil du travail est disposé à accorder seulement une hausse du salaire de base de 15 dollars. Alors que les manifestations s'intensifient, le gouvernement a accepté une augmentation supplémentaire de 5 dollars.

Mais les ouvriers ont été fermes sur leur demande de 160 dollars de salaire minimum. Le secteur de l'habillement est une industrie qui rapporte 5 milliards de dollars d'exportations au Cambodge, et emploie plus de 600.000 travailleurs. Beaucoup de grandes marques de vêtements dans le monde s'approvisionnent au Cambodge, qui a l'un des plus bas [fr] taux minima de salaire dans la région Asie-Pacifique.

John Vink a rapporté ce qu'il a vu sur la scène de l'affrontement [anglais] : 

Au moins trois personnes ont été tuées et plusieurs autres gravement blessées par des centaines de balles tirées par les forces armées au cours d'une répression brutale dans la matinée du 3 janvier sur les barricades érigées par des milliers de travailleurs en grève sur la route Veng Sren, dans la zone industrielle de Phnom Penh. Plusieurs autres personnes ont été arrêtées puis électrocutées au taser, battues ou frappées jusqu'à perdre conscience

Photos affreuses de blessés / morts partout sur facebook. On dirait la guerre civile au lieu d'une répression des manifestations

La tension est montée hier, quand la police a arrêté plusieurs manifestants, dont des moines et des militants des droits de l'homme. En réponse, les manifestants ont érigé des barrages routiers que les policiers ont essayé d'enlever le matin. Des témoins ont affirmé que la police a utilisé des balles réelles pour disperser la manifestation.

La police militaire occupe la rue Veng Sreng. Au moins quatre manifestants ont été arrêtés et un a été vu avec des saignements

La Licadho a décrit [anglais] la répression comme les “pires violences de l'État contre des civils au Cambodge depuis quinze ans.” Le mouvement de défense des droits humains exige que :

… Les forces de sécurité mettent fin immédiatement à l'utilisation de balles réelles contre des civils et veillent à ce que toutes les personnes blessées soient transportées en toute sécurité et sans tarder à l'hôpital

Ou Virak du Centre cambodgien pour les droits de l'homme estime que les policiers ont agi violemment pour protéger les intérêts des grandes entreprises:

Alors que la plupart des manifestations politiques qui ont eu lieu au cours des derniers mois ont été affrontées avec retenue de la part des forces de sécurité, il existe un lien plus clair entre l'utilisation excessive de la force par les forces de sécurité et la protection des grandes entreprises du Cambodge. Sur les 25 cas où nous avons noté un usage excessif de la force, 21 étaient liés à des grèves des travailleurs de l'industrie du vêtement ou à des conflits fonciers.

Ligne de front des barricades

La clinique Ekreach a été saccagée par des émeutiers après son refus de soigner des victimes des affrontements à Canadia Park, le 3 janvier

Les travailleurs ont obtenu l'appui du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC) [fr], dans l'opposition, qui a promis d'augmenter les salaires à 160 dollars ​​s'il arrivait au pouvoir dans le pays.

L'opposition a organisé des manifestations quotidiennes au parc de la liberté de Phnom Penh pour faire pression en vue de renverser le gouvernement en place, accusé [fr] de manipulation des résultats des élections de cette année. Le Premier ministre Hun Sen occupe le pouvoir depuis trois décennies, bien que son parti ait perdu [fr] de nombreux sièges lors des récentes élections législatives. L'opposition a boycotté les sessions parlementaires, même si elle dispose de 55 sièges.

Beaucoup de travailleurs ont rejoint le rassemblement de l'opposition, ce qui pourrait compromettre encore davantage l'administration Hun Sen. Les syndicats se sont engagés à poursuivre les manifestations jusqu'à ce que leur demande soit acceptée par le gouvernement.

Le leader de l'opposition Sam Rainsy a annoncé son intention de déposer une plainte contre le gouvernement pour les répressions sanglantes de la grève :

Nous allons déposer une plainte à la CPI afin que ces criminels au pouvoir qui ont ordonné aujourd'hui aux soldats d'ouvrir le feu sur les travailleurs, soient poursuivis.

Pour sa part, le gouvernement a accusé l'opposition de provoquer les violences pour obtenir la sympathie du public.

La grève des travailleurs de la confection et le rassemblement de l'opposition ont produit la plus grande manifestation jamais vue au Cambodge au cours des dernières décennies. Après les violences d'aujourd'hui, on s'attend à ce que la crise politique cambodgienne s'aggrave.

La vignette utilisé est tirée de la page Facebook du CNRP, le parti d'opposition du Cambodge.

1 commentaire

  • […] (Libération) Après la répression, on ramasse les morceaux (Courrier International) Cambodge : La police ouvre le feu sur les grévistes du textile Asie du Sud-Est: le scandale des petites mains pas chères (Euronews) Politique au Cambodge: […]

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site