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Des Ukrainiens demandent à Mark Zuckerberg de mettre au pas les trolls du Kremlin

Ukrainians are appealing to Facebook's Mark Zuckerberg to stop Russian trolls. Images mixed by Tetyana Lokot.

Les Ukrainiens demandent à Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, d'arrêter les trolls russes . Photomontage Tetyana Lokot.

Les utilisateurs ukrainiens de Facebook se plaignent auprès de Mark Zuckerberg en personne du blocage d'innombrables comptes Facebook. Selon eux, l'armée de ‘bots’ du Kremlin en est responsable.

Un groupe d'Ukrainiens en a assez de ce qu'ils décrivent comme le blocage politique d'utisateurs connus sur Facebook. Plusieurs activistes pro-Ukraine connus, qui critiquent le Kremlin et les séparatistes pro-Russes en Ukraine de l'est, ont vu leur page Facebook bloquées ces dernières semaines. Ils pensent que les pages, qui en aucun cas ne violent les conditions d'utilisation de Facebook, ont été bloquées en raison d'un nombre inhabituels de signalements envoyés à Facebook,  par ce qu'ils appellent un “groupe organisé d'utilisateurs russes pro Poutine.” Ces Ukrainiens, outrés par ces tentatives de les réduire au silence, ont rédigé une lettre adressée directement à Mark Zuckerberg. la lettre a circulé sur le réseau social. Elle a été partagée plus de 900 fois en 24 heures.

Dans cette lettre (rédigée en anglais), les Ukrainiens rappelle à Zuckerberg l'importance de sites tels que Facebook dans la guerre de l'information qui se déroule entre l'Ukraine et la Russie. 

Face au blocage total de l'information et à une propagande pro-Russie agressive, Facebook reste probablement le canal le plus important pour donner des informations sur les événements et les points chauds de cette guerre, ainsi que le seul moyen de communication entre les Ukrainiens qui résident sur les territoires actuellement occupés par les soldats russes.

Les auteurs de la lettre relèvent plusieurs cas récents de blocage, comme celui de la page de Sergii Ivanov, un blogueur militant de Lugansk, dont le compte a été bloqué quand il a posté un appel aux mères des soldats russes, leur demandant de ne pas laisser leurs fils participer à une activité militaire contre l'Ukraine. Le compte de Ivanov a été bloqué trois fois durant le seul mois d'aout. Le 26 aout, un autre blogueur ukrainien populaire, Alex Zavodyuk, a lui aussi découvert que sa page avait été bloquée. Cet internaute, comme des dizaines d'autres, avait posté des critiques virulentes et provocatrices sur l'implication de la Russie dans le conflit en Ukraine, et fourni des preuves de la présence russe sur le sol ukrainien.

Le groupe derrière cet appel à Mark Zuckerberg pense que les blocages sont en lien direct avec l'intervention russe et sont obtenus par des signalements multiples à Facebook, effectués par des  “groupes organisés de faux utilisateurs, enregistrés sur le territoire de la Fédération russe.” Ils font référence à la sinistre et célèbre ‘Agence de recherche sur Internet”, base russe de trolls du monde entier, dont l'existence avait été révélée par une enquête de Novaya Gazeta en 2013 et confirmée par la publication de mails par le collectif de lanceurs d'alertes Shaltai Boltai.

On spécule beaucoup sur l'importance réelle de l'ingérence russe. Certains utilisateurs avancent comme preuves des comptes Facebook récemment enregistrés dont l'adresse IP mène au siège de ‘l'armée russe des trolls’, à Saint Petersbourg. L'utilisateur ukrainien Mykola Voskalo, sur FB, cite ses  ‘sources dans le monde du renseignement’ et dit que ces comptes n'ont que peu ou pas d'informations personnelles, mais, de façon étrange, ont comme lieu de résidence des villes ukrainiennes. Il ajoute que les administrateurs du réseau social sont actuellement en train de surveiller ces pages pour activités suspectes. 

La multiplication des atteintes à la liberté d'expression des Ukrainiens sur Facebook, peut-on lire sur la lettre, est rendue possible par le fait que la division Ukraine de Facebook est gérée actuellement depuis le siège russe, dirigé par Yekaterina Skorobogatova. Cette situation, selon les utilisateurs ukrainiens, invite à la manipulation et à la censure puisque les managers peuvent avoir des intérêts politiques divergents. 

Nous avons découvert que la partie ukrainienne de Facebook est gérée par une personne de nationalité russe, le pays qui tue des dizaines d'Ukrainiens chaque jour avec des armes lourdes aux mains de soldats russes. Il est bien connu que Facebook est un réseau social favorable à la liberté d'expression, et non à la propagande. Et à notre connaissance, l'activité de Facebook se base sur le respect de la dignité, des droits civiques et de la liberté de tous, sans distinction de classes sociales, raciale ou d'affiliation politique. Nous observons actuellement des atteintes graves à ces principes, commises par la direction russe de Facebook Ukraine.  

Les Ukrainiens demandent maintenant à Facebook de nommer une nouvelle direction pour le segment Ukraine du réseau, préférablement depuis un pays neutre, qui, contrairement à la Russie  “n'a pas d'intérêt caché à une nouvelle escalade du conflit.”

Si l'ampleur de la censure entrainée par les signalements des comptes ukrainiens est aussi considérable que la lettre l'affirme, une enquête approfondie est attendue de la part de Facebook. De quelle façon précise Mark Zuckerberg et d'autres responsables de Facebook réagiront à l'appel ukrainien est toujours Incertain (à l'heure de la publication, Facebook n'a pas répondu à une demande de commentaire sur la lettre). Mais ignorer ces accusations nuirait à l'image d'engagement pour la liberté d'expression affiché par Facebook.  

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