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Au Pakistan, les manifestants anti-gouvernement continuent à réclamer le départ du Premier Ministre

Women and Children are seen at large numbers as protestors made the Liberty Roundabout an 'independence square' in Lahore and rallied late into the night. Image by Saad Safraz Sheikh. Copyright Demotix (28/8/2014)

Femmes et enfants sont présents en grand nombre sur le Rond-Point de la Liberté à Lahore transformé par les contestataires en ‘place de l'indépendance’ lors d'un rassemblement prolongé tard la nuit. Photo Saad Safraz Sheikh. Copyright Demotix (28/8/2014)

Trois jours de heurts entre le gouvernement pakistanais dominé par le PML-N, la Ligue Musulmane du Pakistan-N (N pour Nawaz), et les manifestants de l'opposition devant la résidence officielle du Premier Ministre Nawaz Sharif ont laissé au moins trois morts et des centaines de blessés.

Le 1er septembre, des manifestants anti-gouvernement ont envahi et occupé le siège de PTV, la télévision d'Etat pakistanaise, dans la capitale Islamabad. Les transmissions de PTV ont été suspendues pendant 35 minutes, jusqu'à ce que les troupes paramilitaires reprennent le contrôle de la chaîne publique. Peu avant l'interruption, le présentateur annonçait : “Ils ont envahi le siège de PTV. Le personnel de PTV présent est roué de coups.”

Deux partis politiques sont à la tête du mouvement contestataire : le Pakistan Tehrik-e-Insaaf (PTI, Mouvement du Pakistan pour la Justice) de l'ex-star du cricket reconverti dans la politique Imran Khan, et le Pakistan Awami Tehreek (PAT, Mouvement Populaire du Pakistan) du prédicateur soufi anti-talibans Tahir-ul-Qadri. Les deux prétendent que l'élection générale du 23 mai, qui a installé le PML-N au pouvoir après une victoire écrasante, était truquée, et ils réclament la démission du Premier Ministre Nawaz Sharif.

Les affrontements ont commencé au petit matin du 30 août, quand les policiers ont refoulé à coup de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc la foule de manifestants — hommes, femmes et enfants — qui tentaient d'envahir les bureaux du premier ministre.

Policiers et manifestants s'affrontent de nouveau sur l'avenue de la Constitution

La scène à Islamabad s'est transformée en champ de bataille, là où des dizaines de milliers de manifestants pacifiques campaient dans le calme depuis le 14 août en réclamant la démission du Premier Ministre Nawaz Sharif.

Le 18 août, les partisans du PTI de Khan et du PAT de Tahirul Qadri ont pénétré la zone rouge, une zone de sécurité délimitée, qui renferme les principaux bâtiments gouvernementaux, avec les bureaux du premier ministre et les ambassades étrangères. D'ordinaire, seules les personnes munies d'autorisations de la sécurité sont habilitées à entrer dans la zone rouge d'Islamabad. Vingt-mille policiers et paramilitaires ont été appelés en renfort pour garder la zone rouge. Presque toutes les missions étrangères ont fermé depuis le début des violences.

Le Pakistan Tehrik-e-Insaaf affirme que des balles réelles ont été utilisées et que le nombre de morts est supérieur à trois :

Autant de preuves que le pouvoir utilise des balles réelles contre les manifestants pacifiques.

Hamza Salman, qui tient le compte Twitter du PTI, a partagé la photo d'un homme ensanglanté :

Les manifestants anti-gouvernement confrontés à une violente répression au Pakistan

Arif Alvi, ex-secrétaire général du PTI, écrit que les manifestants étaient pacifiques et ne portaient ni gourdins ni bâtons :

Le PMLN a voulu détruire une contestation pacifique, mais nous sommes restés pacifiques. Réaction aux balles avec des morceaux de briques et lacrymogènes vont se poursuivre

Le politologue Raza Rumi, pour sa part, a vu des manifestants armés de bâtons :

Mon oeil : manifestants pacifiques :)

Un assaut pacifique contre la maison du premier ministre, c'est la même chose qu'un cambriolage pacifique chez tout un chacun : Asma Jahangir

Natalia Tariq, une citoyenne ordinaire d'Islamabad, a tweeté :

Mon chauffeur attaqué par une bande de manifestants au marché Aabpara, qui avaient des bâtons et des pierres et molestaient les commerçants et les policiers

ARY news, une des plus grosses télévisions du pays, a rapporté que la police faisait des descentes dans les hôpitaux pour arrêter les manifestants blessés, une affirmation que n'a vérifiée aucune autre source journalistique :

La police du Pendjab a raflé les blessés au PIMS ~ ARY. Pakistan pour une vraie démocratie.

Rumeurs et théories du complot circulent sur tous les réseaux sociaux. Les messages étaient envoyés via WhatsApp et Facebook par des faux comptes inconnus relayant des articles de presse qui incitaient à la violence et affirmaient que l'Institut pakistanais des sciences médicales, le PIMS, cachait des cadavres et que le bilan était beaucoup plus lourd :

Des cadavres sont gardés hors de vue dans les hôpitaux. Il est impensable qu'ils aient blessé 400 personnes avec des balles en caoutchouc.

Le journaliste Moeed Pirzada a tweeté :

Je reviens du PIMS ; plus de 300 blessés ; l'hôpital sous pression pour cacher les chiffres des morts et blessés ; policiers anti-émeute dans les couloirs de l'hôpital

De fausses photos des blessés ont aussi été publiées sur les comptes Twitter officiels du PTI et font depuis le tour des médias sociaux. Emrys Schoemaker, un Britannique stratège en communication et expert en technologie installé à Islamabad, a tweeté :

L'image appropriée du PTI d'un enfant tué provenant de la couverture de la révolution égyptienne, une image originellement du massacre de Lahore

Les médias pris à partie 

Des manifestants en colère ont lancé des pierres sur le siège de Geo TV à Islamabad. Le Réseau Geo est le plus grand groupe de médias du Pakistan et passe pour pro-gouvernement et pro-démocratie. Geo a récemment encouru la fermeture et une amende après une dispute avec l’ISI, les services secrets.

Des ouvriers du PTI attaquent le siège de Geo News à Islamabad par GeoNews

Maria Memon, une journaliste de télévision à Islamabad, a tweeté une photo de l'immeuble de Geo :

Salut ! Aujourd'hui ce sont tous des Gullu Butts #PAT #PTI

Gullu Butt” est un terme familier qui désigne au Pakistan un casseur rémunéré, notamment dans un contexte politique.

Journalists of Larkana & Naundero took out separate protest rallies & held demonstrations against beating of Media Persons in Islamabad by Punjab police during crackdown on PTI and PAT political workers. Image by Jamal Dawoodpoto. Copyright Demotix (31/8/2014)

Des journalistes de Larkana et Naundero ont tenu des rassemblements de protestation séparés et manifesté contre le passage à tabac de journalistes à Islamabad par la police du Pendjab lors de la répression de permanents politiques du PTI et du PAT. Photo Jamal Dawoodpoto. Copyright Demotix (31/8/2014)

Dans un autre incident, la police a agressé des journalistes venus couvrir les manifestations.

Le journaliste et présentateur Talat Hussain a tweeté :

Le gouvernement a pété les plombs. Agresser les médias est criminel. Politiquement, c'est suicidaire.

Selon des récits des manifestants armés de bâtons ont aussi attaqué des policiers.

Des manifestants anti-gouvernement pakistanais frappent un policier anti-émeute à Islamabad

Suivez les prochains développements dans les nouveaux articles à paraître.
Anushe Noor Fahim a contribué à cet article.

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