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Une expo photo au Liban sur le racisme envers les personnes d'ascendance asiatique ou africaine

Woman looking at photographs from the Mixed Feelings exhibition at AltCity, September 24, 2014, Beirut. Photo by Marta Bogdanska

Visiteuse regardant les photographies de l'exposition “Sentiments mitigés” à AltCity, 24 Septembre 2014, Beyrouth. Photo de Marta Bogdanska (utilisée avec l'autorisation du titulaire)

Cet article a été initialement publié sur le blog libanais Hummus For Thought. Ce qui suit est une version raccourcie de l'article.

Une nouvelle exposition cherche à raconter l'histoire des habitants d'origine africaine et asiatique tout en luttant contre le racisme au Liban. 

L'exposition “Sentiments mitigés”,  du chercheur et activiste libano-nigérian Nisreen Kaj et de la photographe et artiste polonaise Marta Bogdanska, a impliqué plusieurs membres clés de la société civile au Liban, ainsi que plusieurs ONG, afin de mettre en évidence les réalités quotidiennes, souvent ignorées, des Libanais  d’origine africaine ou asiatique et des immigrés travaillant au Liban.

Kaj et Bogdanksa ont présenté le projet, qui fera le tour du Liban, comme se déclinant en 2 volets. Le premier volet, “Des sentiments mitigés: le racisme et ‘l’altérité’ d'un point de vue libanais” est composé de 33 photos de Libanais d'origine africaine ou asiatique. Environ un tiers des participants ont été interrogés, des citations en arabe et en anglais traitant de sujets tels que l'origine ethnique et l'appartenance nationale, accompagnent les photos. 

La deuxième partie du projet est encore en préparation. 

Sur la raison qui a les a motivés pour créer “Sentiments mitigés”, Kaj et Bogdanska expliquent :

Renee Abi Saad from Jisr Qade. Photo by Marta Bogdanska

Renee Abi Saad originaire de Jisr Qade. Photo de Marta Bogdanska

Alors, la motivation principale de ce projet est de parler du racisme, tout simplement. Le racisme est un problème important rarement abordé de manière directe au sein de et par les mouvements de la société civile au Liban ainsi qu'à travers le monde, mais c’est une question qui a vraiment besoin d'être comprise et définie dans son contexte temporel et géographique précis afin d’être résolue

Si vous prenez l’exemple du Liban, nous avons environ 250 000 travailleurs domestiques immigrés (pour un effectif global de 1,45 millions d'habitants, et ce chiffre est plus élevé en réalité, selon les estimations), il s'agit principalement de femmes originaires des Philippines, du Népal, du Sri Lanka, du Bangladesh, de l’Ethiopie, de l’Erythrée, de Madagascar et d’un certain nombre de pays d'Afrique de l'Ouest. Cela représente un nombre important de personnes qui fournissent des services très demandés, qui vivent ici, nouent des relations, ont des familles ici, qui sont assimilés, intégrés, qui dépensent de l’argent, en gagnent, etc. Ils font vraiment partie intégrante du Liban, et constituent une part importante du paysage ethnique du pays. 
Pourtant, en raison d'un certain nombre de facteurs, tels que le statut socio-économique; le fait de faire ce qui est perçu comme un sale boulot ; être perçu comme les étrangers/ les ‘autres'; ajouté aux vulnérabilités liées au genre , ces femmes et les groupes sociaux liés se trouvent souvent marginalisés et exclus, confrontés au racisme et la racialisation, tout cela aboutissant parfois à des conséquences tragiques (comme les suicides, les violences physiques, sexuelles, mentales et psychologiques). 

Ils ont ensuite poursuivi leurs propos en expliquant comment le racisme profond est organisé au sein de la société libanaise:

Audience member looks at a picture that was presented to the public during the panel discusion at IFI in AUB, October 8, 2014, Beirut. Photo by Marta Bogdanska

Un membre du public regarde une photo présentée au public au cours de la table ronde organisée à l'IFI à l'AUB, 8 Octobre 2014,  Beyrouth. Photo de Marta Bogdanska

De plus, la discrimination de classe est généralement liée à des stéréotypes négatifs et s’est transformée en excuse pour cacher les discriminations basées sur la « race » dans le pays, une sorte de discours type du “nous n’avons aucun problème de racisme mais nous ne voulons pas aller à la piscine avec une femme de ménage ou une employée de maison, quelle que soit sa nationalité “, s’est installé ; discours où l’on trouve ces distinctions de classe (qui sont aussi tout à fait inacceptables) basées sur des « marqueurs raciaux », qui constituent ainsi du racisme, et illustrent également la manière dont le racisme se situe,  à l'intersection des oppressions, et pas uniquement celles fondées sur la « couleur de peau ». 

En plus de ce discours “oui aux distinctions de classe, non au racisme”, on trouve également un discours sur le racisme au Liban, qui tient beaucoup du schéma « nous » contre « les autres »; on se trouve donc en présence de deux unités apparemment homogènes et distinctes – nous les Libanais et les étrangers – qui laissent peu ou pas de place à l'exploration d’autres positions ou d’autres expériences liées au racisme dans le pays. 

Ils expliquent que la photographie,a été soigneusement choisie comme média support du projet pour créer un impact maximum : 

Audience listening to the discussion at AltCity on Sep 24, 2014, Beirut. Photo by Marta Bogdanska

Le public écoute le débat à AltCity le 24 Septembre 2014, Beyrouth. Photo de Marta Bogdanska

[La photographie] est accessible à tout le monde et elle vous parle immédiatement, sans mots. Nous voulons un peu désorienter les gens, au début : les faire ensuite réfléchir sur qui sont les personnes sur ces photos au départ, puis les pousser à se rendre compte de qui ils sont et à penser. C’est un projet de sensibilisation, mais parce que tous les participants sont reconnaissables, il devient également intime et personnel. 

Cette année, à travers l'exposition itinérante qui se déplace d'un endroit à un autre, nous essayons également de construire une communauté autour du projet, communauté qui commence à prendre forme. Beaucoup de gens en parlent et nous recevons des réactions positives.

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