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Après 35 ans, Mgr Óscar Romero est reconnu comme martyr

Mural en homenaje a Monseñor Romero hecho por Jamie Morgan, San Francisco. Imagen de Flickr del usuario  Franco Folini (CC BY-SA 2.0).

Mural rendant hommage à Monsignor Romero fait par Jamie Morgan, San Francisco. Image sur Flickr de  l'utilisateur Franco Folin

Lundi, 24 mars 1980, a probablement commencé comme une journée ordinaire pour les paroissiens de San Salvador fréquentant les services à la chapelle de l'hôpital de la Divine Providence. Cependant la violence a entaché ce jour-là et 35 ans plus tard, il est toujours dans les mémoires comme un jour d'infamie. L'officiant de la messe, Mgr Óscar Arnulfo Romero [fr], a été abattu pendant le service. La balle est allé directement dans son cœur. Il avait 62 ans.

En février 2015, après une longue campagne des salvadoriens, l'Eglise catholique a canonisé Mgr Romero.

En plus d'être un prêtre, Mgr Romero était un défenseur bien connu des droits humains. La veille de son assassinat, il s'adressait à des officiers militaires d'El Salvador, en disant:

Yo quisiera hacer un llamamiento muy especial a los hombres del Ejército, y en concreto a las bases de la Guardia Nacional, de la policía, de los cuarteles: Hermanos, son de nuestro mismo pueblo, matan a sus mismos hermanos campesinos y, ante una orden de matar que dé un hombre, debe de prevalecer la ley de Dios que dice: ‘No matar’. Ningún soldado está obligado a obedecer una orden contra la ley de Dios. Una ley inmoral, nadie tiene que cumplirla.

Je veux lancer un appel très spécial aux hommes dans l'armée, et en particulier à la garde nationale, la police et les casernes : Frères, vous venez de ce même peuple, vous tuez vos frères paysans, et quand des hommes vous ordonnent de tuer d'autres hommes, la loi de Dieu doit prévaloir, celle qui déclare: “Tu ne tueras point”. Aucun soldat ne doit obéir à un ordre contre la loi de Dieu. À une loi immorale, personne n'est tenu de se conformer.

En 1993, treize ans après son assassinat, la Commission de la Vérité, une entité créée pour enquêter sur les crimes les plus graves commis pendant la guerre civile salvadorienne [fr], a conclu que c'est un sniper qui avait assassiné Msgr Romero. Le nom du tireur était Marin Samayor Acosta, un caporal de la garde nationale, aujourd'hui disparu, et membre du détachement de sécurité de l'ancien président. Marin Samayor Acosta aurait reçu 114 dollars pour l'assassiner. Le 6 novembre 2009, l'alors Président Mauricio Funes [fr] avait décidé d'enquêter sur l'assassinat de Romero, en conformité avec un ordre de la Cour interaméricaine des droits de l'homme en 2000.

Le 24 mars 1990, dix ans après l'assassinat, le processus de canonisation de Msgr Romero a débuté. Près de trente-cinq ans plus tard, le 3 février, 2015, le Pape François [fr] a officiellement proclamé Msgr Oscar Romero martyr de l'Eglise, assassiné par la “haine contre la foi.”

Bien que plus de 30 années se soient écoulées depuis son assassinat, des hommages sont toujours rendus à Mgr Romero dans différents médias, comme le site LupaProtestante, qui écrivait récemment:

Esa voz comprometida lo llevó [a Romero] a denunciar a los ricos y poderosos. A exigir la defensa de la vida, las corrupciones a todo nivel, la mentira sistemática y estructurada que encubría desde la tortura hasta las desapariciones y los asesinatos. No rehuía presentar casos concretos en sus homilías y reclamarles a los gobernantes y a las fuerzas armadas respeto por la dignidad humana, la promoción de la paz con justicia y preservar para las futuras generaciones una patria en la que cupieran todos y todas en fraternidad y libertad plena.

Avec cette voix engagée, il [Romero] dénonçait les riches et les puissants. Il défendait la vie et condamnait la corruption à tous les niveaux, le mensonge systématique et structuré qui cachait aussi bien la torture que les disparitions et les meurtres. Il n'hésitait pas à présenter des cas spécifiques lors de ses services et disait aux dirigeants et aux forces armées de respecter la dignité humaine. Il a promu la paix avec la justice et a essayé de préserver pour les générations futures une patrie où tout le monde pourrait vivre dans la fraternité et la liberté complète.

Le blog SuperMartyrio, quant à lui, reconnaît la contribution de l'ancien-président Funes à la canonisation de Msgr Romero.

Hay que empezar reconociendo el bien que ha hecho el Pdte. Funes: el primer presidente en reconocer el valor de Mons. Romero para la sociedad y cultura de El Salvador—ya no se diga ser el primer presidente en reconocer la responsabilidad estatal por su asesinato, y pedir perdón por ella. Sus esfuerzos a favor de la canonización también han sido apreciables.

Nous devons commencer par reconnaître l'action du président Funes: [il a été] le premier président à reconnaître la valeur que représentait Mgr Romero pour la société et la culture d'El Salvador et encore plus, il a été le premier président à reconnaître la responsabilité de l'état dans cet assassinat, et demander pardon. Ses efforts dans le processus de canonisation ont également été considérables.

Le site Web Opiniones impertinentes, quant à lui, a relevé certaines des erreurs de Mgr Romero:

Romero no lo hizo todo bien. Romero tuvo errores, se comprometió a veces en exceso con la izquierda […]. Durante todo el tiempo contó con el apoyo expreso de Pablo VI, al que visitó dos veces en sus tres años de gobierno, y de Juan Pablo II, que le conoció en Roma en 1979.

Mgr Romero n'a pas tout bien fait. Il a commis des erreurs, il a parfois été trop proche des gauchistes […]. Tout au long de son parcours, il avait le soutien clair du Pape Paul VI, à qui il a rendu visite à deux reprises au cours de ses trois années de service et l'appui de son successeur Jean-Paul II, qu'il a rencontré à Rome en 1979.

Msgr Romero a aussi été évoqué sur Twitter:

Santiago de María évêque, Rodrigo Orlando Cabrera, a lancé un appel aujourd'hui à Ciudad Barrios [environ à 160 kilomètres de San Salvador] aux catholiques à reconnaître le martyre de Mgr Romero.

Monseigneur Romero s'est battu contre l'injustice et la violence. Il est ironique que [le parti politique du Président Funes] le Front de libération nationale Farabundo Martí [fr] ait pris pied à El Salvador seulement en allant contre ce que prêchait Mgr Romero.

C'est tellement triste de voir comment il y a des gens qui s'expriment de façon péjorative à propos de Mgr Romero … Je prie Dieu qu'ils changent leurs mentalités un jour.

C'est là que Mgr Romero dormait. Pour en savoir plus sur sa vie.[Lien]

Monseigneur Romero n'a pas été entendu. La haine de l'oligarchie était plus forte, et parce qu'il était prêtre catholique, il a été assassiné. C'était son martyre.

Les restes de Mgr Romero sont enterrés dans la crypte de la cathédrale métropolitaine de San Salvador.

Laura Vidal a collaboré dans la rédaction de ce billet.

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