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Le fondateur d'une plate-forme de discussion en ligne arrêté en Tanzanie

Maxence Melo, via Facebook.

Maxence Melo, via Facebook.

Le Rapport Netizen de Global Voices Advocacy offre un aperçu international des défis, des victoires et des nouvelles tendances en matière de droits sur Internet dans le monde.

Le co-fondateur de l'un des principaux sites de discussion en ligne d'Afrique de l'Est Jamii Forums a été arrêté à Dar Es Salaam, en Tanzanie, le 13 décembre. Il a été accusé d'entrave à une enquête, pour ne pas s'être conformé aux exigences de la police de fournir les données personnelles des membres du forum.

Jamii Forums est un site web communautaire de partage et de commentaires ainsi que de discussions sur des sujets principalement politiques, et permet également aux utilisateurs de publier des documents et d'autres matériaux sur le site. Maxence Melo et le co-fondateur de Jamii Forums Mike Mushi ont été régulièrement confrontés à des menaces de la part des autorités étatiques depuis les premiers jours, où diverses allégations de corruption contre des responsables gouvernementaux et des membres du parti au pouvoir ont été révélées.

L'accusation se  base sur la relativement nouvelle et controversée loi sur la cybercriminalité [fr], de la Tanzanie qui a été utilisée pour poursuivre de nombreux utilisateurs des médias sociaux depuis son approbation en 2015.

En plus du refus de divulguer les données personnelles de l'utilisateur que les autorités ont demandées en vertu de la loi sur la cybercriminalité [fr], Melo a contesté en justice ces exigences, faisant valoir qu'elles étaient anticonstitutionnelles et que la loi sur la cybercriminalité limitait la liberté d'expression en Tanzanie. Jamii Forums demande aux utilisateurs de consulter sa réglementation officielle avant de le rejoindre, et se réserve le droit de radier les utilisateurs du forum qui ne se conformaient pas aux règles concernant le harcèlement, les discours de haine ou toute autre activité illégale.

L'arrestation de Melo a déclenché une condamnation générale de la part des utilisateurs locaux des médias sociaux, des militants et des groupes de défense des droits humains, comme la Tanzania Human Rights Defenders Coalition (Coalition des défenseurs des droits humains de Tanzanie) et la  Coalition on International ICT Policy in East and Southern Africa (CIPESA) [Coalition pour la politique internationale en matière des TIC en Afrique orientale et australe (CIPESA)].

La république démocratique du Congo (RDC) ordonne aux entreprises des télécoms de bloquer les médias sociaux

Les autorités de la République démocratique du Congo ont enjoint au moins à trois grands FAI de bloquer l'accès [fr] à Facebook, Twitter, WhatsApp et Skype, entre autres plates – formes de communication, à partir du 18 décembre. L'ordre fait suite à des mois de désaccord et de manifestations [fr] en réponse au refus du Président en exercice Joseph Kabila d'organiser les élections, malgré le fait que son mandat prenait fin le 19 décembre. Les partisans de M. Kabila affirment que le pays ne dispose pas des ressources nécessaires pour organiser des élections équitables à l'heure actuelle, mais beaucoup d'autres citoyens croient que c'est tout simplement une tentative de conserver le pouvoir au delà de la limite légale de son mandat.

Un journaliste algérien meurt en prison après une longue grève de la faim

Le journaliste et blogueur algérien Mohammad Tamalt est mort le 12 décembre, à la suite d'une grève de la faim prolongée pour protester contre son arrestation en juin de cette année. Tamalt avait été inculpé et condamné à deux ans de prison pour avoir publié un poème et une vidéo sur Facebook jugés désobligeants à l'égard du Président algérien Abdelaziz Bouteflika et du Premier ministre Abdelmalek Sellal. En réaction à la mort de Tamalt, le journaliste et éditeur Ihsane El Kadi a écrit [fr]:

Le pouvoir politique algérien a commis deux erreurs infamantes pour l’Histoire. Il a mis Mohamed Tamalt en prison pour un délit qui ne doit pas conduire à la détention, en 2016, dans les pays respectueux de la presse et des journalistes ; il a persisté à le laisser en prison lorsque sa grève de la faim a clairement mis, dès la fin juillet, sa santé en danger.

Le Qatar bloque Doha News

Le site d'information indépendant Doha News (Nouvelles de Doha) a été bloqué au Qatar le 30 novembre, et restait inaccessible sur les ordinateurs ainsi que sur les appareils mobiles. Dans une déclaration annonçant le bloc, les rédacteurs du site ont écrit :

“Nous sommes profondément déçus de cette décision, qui semble être un acte de censure … Nous sommes également perplexes parce que les autorités n'ont pas discuté avec nous de leurs préoccupations avant de prendre de telles graves mesures”. Une des rares sources de médias indépendants dans le pays, le site Doha News existe depuis huit ans et a traité des sujets jugés controversés et sensibles pour le gouvernement, y compris l'homosexualité et le traitement des travailleurs migrants.

La Biélorussie tente de bloquer Tor

Le réseau Tor d'anonymisation semble avoir été bloqué [fr] en Biélorussie depuis la fin de novembre, selon des internautes biélorusses. Le ministère des Communications a confirmé le 6 décembre, indiquant que le réseau avait été bloqué pour limiter la distribution de matériel illégal en ligne. Le Ministère a justifié la coupure des services anonymes par un décret publié en février 2015, qui se référait explicitement à Tor.

Cuba et Google signent un accord pour établir des serveurs de mise en cache

Les dirigeants d'Alphabet (la société mère de Google) et ETECSA, la société de télécommunications publique cubaine, ont signé un accord [fr] le 12 décembre pour établir des serveurs de mise en cache à Cuba qui permettront aux internautes cubains d'accéder plus rapidement au réseau Google Cache Global, qui stocke des contenus de sites comme Gmail et YouTube sur des serveurs situés plus près des utilisateurs finaux. Dans un pays où le simple accès à Internet est instable, il est difficile de savoir quel impact cela aura pour les utilisateurs.

Raid de la police dans les bureaux d'une ONG malaisienne

Les employés de EMPOWER, une ONG malaisienne engagée dans la protection des droits des femmes à l'ère numérique, ont été perquisitionnés lors d'une descente de la police le 28 novembre [fr] au courant de laquelle des agents ont fouillé des documents et des ordinateurs et sont partis avec six boîtes de documents. Pendant le raid qui a duré quatre heures, la police a enfermé le personnel, bloqué les fenêtres et leur a refusé l'accès à des avocats. Les agents n'ont pas présenté de mandat de perquisition, mais plutôt cité des infractions de sécurité (mesures spéciales) de 2012. Une descente similaire de la police a eu lieu dans les bureaux du groupe des libertés civiles Bersih 2.0 le mois dernier.

Des entreprises européennes associées à la Syrie pour installer des équipements de surveillance

Les documents nouvellement divulgués obtenus par Privacy International révèlent que les autorités syriennes ont commencé la recherche de matériel de surveillance [fr] pour la collecte de données sur Internet concernant le pays bien avant les soulèvements 2011 qui ont précédé la guerre civile en cours dans le pays. La Syrian Telecommunications Establishment, propriété de l'Etat, avait lancé un appel d'offre en octobre 2007 pour l'aider à construire cette infrastructure de surveillance, et de nombreuses entreprises européennes avaient manifesté leur intérêt. Le contrat a été remporté par un partenariat entre trois entreprises européennes Ultimaco (Allemagne), Area Spa (Italie) et Qosmos  (France).

Les mauvaises cotes de crédit mettent les habitants de Hangzhou sous surveillance

La ville chinoise de Hangzhou est l'une des 30 régions du pays qui expérimentent un nouveau système de crédit social, un modèle par lequel les autorités compilent et évaluent le comportement quotidien des citoyens pour révéler l'historique de leur comportement en matière de crédits. D’après des documents préparatoires, le système vise à “permettre ceux qui sont dignes de confiance de se déplacer partout sous le ciel tout en rendant difficile pour ceux qui ne le sont pas de franchir une seule étape”. Les théoriciens du système, qui n'a pas encore été finalisé, envisagent une étape où les comportements en ligne tels que la demande de crédits, la recherche de travail et les voyages seront enregistrés et évalués. Ouïe.

Cyber-militantisme

La Coalition nationale contre la censure a lancé Censorpedia, un wiki qui vise à constituer une base de données collaborative collectant les cas de censure individualisés.

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