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Les hommages affluent pour Kishori Amonkar, l'une des plus grandes voix de la musique classique indienne

Kishori Amonkar. Capture d'écran de YouTube.

Kishori Amonkar [anglais], interprète légendaire de musique classique indienne [anglais], est décédée dans son appartement de Mumbai dans la nuit du 3 avril après une brève maladie. Elle avait quatre-vingt-quatre ans.

Amonkar était une remarquable chanteuse de musique classique hindoustanie (du nord de l'Inde), dont la tradition remonte au XIIème siècle. Les Indiens pleurent sa disparition et lui rendent hommage sur les médias sociaux.

Attristé par la disparition de la chanteuse légendaire Kishori Amonkar Ji. C'est une grande perte pour la musique classique indienne.

Kishori Amonkar décède. A part sa musique exceptionnelle, beaucoup d'autres choses à apprendre : une intelligence féroce et la défense inébranlable de son art.

Nouvelle tragique. La doyenne de la musique classique hindoustanie Kishori Amonkar, du Gharana de Jaipur, n'est plus ! Vous nous manquerez terriblement. Reposez en paix.

Amonkar jouait un genre de musique appelé khayal, ainsi que des genres classique plus légers tels que le thumri [anglais] et le bhajan. Elle était également un membre innovant du gharana de Jaipur-Atrauli [anglais].

Madame Kishori Amonkar – Raga Basanti Kedar #2 et bhajan.

D'après le blog du Monde de la musique hindoustanie de Deepak Raja [anglais] :

Kishori Amonkar (born: 1932) is by far the most influential female Hindustani vocalist to emerge in independent India. She is the daughter and disciple of the Jaipur-Atrauli gharana (tradition) stalwart, Mogubai Kurdikar, but acquires her stature from her originality as an interpreter of the gharana’s musical wisdom. She jettisoned the classicism of her gharana’s style in favor of a marked romanticism, braved criticism from conservative opinion and triumphed. As a result, her revisionist style has now come to signify Jaipur-Atrauli vocalism, while its orthodox stream drifts towards history.

Kishori Amonkar (née en 1932), est de loin la chanteuse hindoustanie la plus influente qui a émergé dans l'Inde indépendante. Elle est la fille et la disciple du pilier du gharana (tradition) de Jaipur-Atrauli, Mogubai Kurdikar [anglais], mais elle doit son statut à l'originalité de son interprétation de la sagesse musicale du gharana. Elle a délaissé le classicisme de son gharana au profit d'un romantisme marqué, affronté les critiques de l'opinion conservatrice et les a vaincu. En conséquence, son style révisionniste est devenu la définition du chant de Jaipur-Atrauli, alors que son courant orthodoxe est emporté vers le passé.

Bien qu'Amonkar ait commencé à chanter jeune, elle fut reconnue quand elle s'est mise à chanter pour des publics plus larges [anglais] dans les années soixante et soixante-dix. A partir de ce moment-là, ses concerts ont touché de plus en plus de foyers indiens par l'entremise de cassettes et d'enregistrements. Mais elle-même vécut une vie solitaire.

Pour Zakir Hussain, un joueur de tabla célèbre dans le monde entier, Amonkar fait partie des plus grandes chanteuses hindoustanies de tous les temps. Il fait son éloge dans un documentaire de 2011 intitulé “Bhinna Shadja“, un film sur Amonkar commandé par le Ministère indien des Affaires étrangères :

En 2013, le blog de musique Harmonium [anglais] écrivait la critique suivante sur le chant d'Amonkar :

There are certain voices that have the ability to mesmerise and Kishori Amonkar’s is one. I have the feeling as I listen to this record that the music does not come from her but that she is the music. They are indivisible. One and the same. We float with her. We feel weightless and yet never more connected. As she sings we cry and want to curl up in the sound and never be let go.

Certaines voix ont le don d'hypnotiser, et celle de Kishori Amonkar en fait partie. Alors que j'écoute cet enregistrement, j'ai le sentiment que la musique ne vient pas d'elle, mais qu'elle est la musique. Elles sont indivisibles. Une seule et même chose. On flotte avec elle. On se sent en apesanteur et pourtant jamais autant connectés qu'à ce moment. Quand elle chante, on veut pleurer, se rouler en boule dans le son et ne jamais le lâcher.

Amonkar reçut [anglais] deux des décorations civiles indiennes : la Padma Bhushan en 1987 et la Padma Vibhushan en 2002. Sur Internet, le public commémore son héritage et partage ses plus grandes oeuvres :

Triste jour. Kishori Amonkar était un génie sans pareil. Une géante. Elle a tellement donné à la musique indienne.

Personne n'a jamais été aussi surila [musicale, harmonieuse] que vous… A Kishori ! Les dieux doivent être heureux.

Ce rageshri, par feue la grande Kishori Amonkar, est suprême et sublime. Ecoutez-le, et écoutez-le à nouveau.

“Mharo Pranam” en boucle depuis ce matin. Encore en train de chercher les mots pour décrire cette pureté et passion.

Les gens se rappellent aussi de ses citations mémorables :

I believe that Indian music is nothing but the expression of a feeling. If I say, ‘I love you,’ can you measure it? You just have to feel that vibration.

Je crois que la musique indienne n'est rien d'autre que l'expression d'un sentiment. Si je dis “Je vous aime”, pouvez-vous le mesurer ? Vous ne pouvez que ressentir cette vibration.

It is a nice blend of mind and brain which you need in art. You cannot be merely sentimental, devoid of intellect. There should be a perfect balance between intellect and heart.

C'est d'un fin mélange d'esprit et d'intelligence dont vous avez besoin dans l'art. Vous ne pouvez pas être seulement sentimental, dénué d'intellect. Il devrait y avoir un équilibre parfait entre l'intellect et le coeur.

Arnab Chakrabarty [anglais] écrivit sur Scroll.in :

In a field where most successful professionals burn out in their 40s and 50s from complacence, Amonkar’s musical growth continued unabated right until her last days.

Dans une discipline où la plupart des professionnels accomplis s'épuisent de complaisance une fois arrivés à la quarantaine ou à la cinquantaine, la croissance musical d'Amonkar a continué sans relâche jusqu'à ses derniers jours.

Amonkar fut incinérée le 4 avril [anglais] après une cérémonie dans Shivaji Park, à Mumbai. Le Premier ministre indien Narendra Modi lui rend hommage :

Les oeuvres de Kishori Amonkar resteront toujours populaires dans les années à venir.

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