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Manifestations à Gaza contre le ‘Massacre des salaires’ par l'Autorité Palestinienne

Manifestation à Gaza contre les coupes salariales de l'AP. Capture d'écran Source: Pal+ عربي

Au début du mois, de grandes manifestations ont éclaté dans la bande de Gaza pour protester contre la décision de l'Autorité Palestinienne (AP) de baisser les salaires de ses fonctionnaires et personnels de sécurité à Gaza.

L'AP, l'organisme semi-public dépendant des donateurs qui gouverne la Cisjordanie occupée par Israël, a réduit les salaires de ses agents à Gaza de 30 à 70 pour cent au prétexte de la crise financière causée par l'aide étrangère en baisse.

Les Palestiniens ont dénoncé la décision de l'AP, la qualifiant de “massacre des salaires”. Sur les médias sociaux, le hashtag arabe pour ‘massacre des salaires’ a été utilisé ainsi que “Abbas nous a volés”, en référence au président de l'AP Mahmoud Abbas.

La photo parle d'elle-même. #Abbas_Nous_A_Volés #MassacreDesSalaires

Le 8 avril 2017, des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté dans la ville de Gaza contre les baisses de salaires.Les manifestants ont réclamé le départ du premier ministre de l'AP Rami Hamdallah et la démission du ministre des Finances Bishara.

Ils ont demandé la démission du chef du gouvernement Rami Al Hamdallah… manifestation des employés de l'AP à Gaza contre la baisse de 30% de leurs salaires. #MassacreDesSalaires

Hamdallah a défendu la baisse des salaires de l'AP lors d'une conférence de presse, disant qu'elle était nécessaire pour “gérer les difficultés financières subies par le gouvernement palestinien dues aux réductions ds versements internationaux.”

Il a aussi accusé le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza, d'exacerber la crise financière, affirmant que le Hamas “garde ses recettes pour lui, tadis que l'AP a dépensé plus de 17 milliards de dollars dans la Bande de Gaza pendant les dix dernières années.”

Les organisations palestiniennes de la société civile en Cisjordanie ont entamé un sit-in devant les bureaux du premier ministre à Ramallah. La police de l'AP a toutefois barré toutes les rues conduisant à l'immeuble pour restreindre la contestation.

L'AP emploie environ 56.000 personnes à Gaza. Quand le Hamas prit le contrôle de la Bande en 2007, Abbas exigea des fonctionnaires qu'ils abandonnent leurs postes et restent chez eux en continuant à toucher leurs traitements habituels. Ceux qui ignorèrent l'instruction et poursuivirent leur travail sous l'autorité du Hamas virent des salaires amputés voire supprimés.

La décision discriminatoire de l'AP approfondit le fossé politique entre le Hamas et le Fatah, parti auquel appartient Abbas, et faction la plus large de la confédération multipartite qu'est l'Organisation de Libération de la Palestine (avec leOLP). En 2006, le Hamas remporta les élections parlementaires, ce qui conduisit à un conflit avec le Fatah, avec pour résultat que ce dernier contrôla l'Autorité Palestinienne en Cisjordanie, et le Hamas eut la haute main sur Gaza..

Après la victoire électorale du Hamas, Israël procéda à l’arrestation d'au moins 450 membres du parti et les maintint en détention administrative. Récemment, des manifestants palestiniens ont réclamé la fin de la coordination sécuritaire entre l'AP et l'administration israélienne après l'assassinat du célèbre activiste Bassel Al-Araj à Ramallah.

Hamas a parlé de “nouveau complot” contre Gaza. Salah Al Bardawil, un membre du bureau politique du Hamas, a déclaré que le Hamas n'admettait pas d'être menacé et “ne s'agenouillerait pas devant la pression politique.”

Le président du Syndicat des Employés publics de Gaza, Aref Abu Jarad, a trité la mesure de “crime” contre des dizaines de milliers de familles palestiniennes à Gaza.

La justification du Conseil des Ministres que l'AP traverse une crise financière est un mensonge puisque les coupes ne concernent que les salaires des fonctionnaires de Gaza et pas ceux de Cisjordanie.

Plusieurs cadres du Fatah à Gaza ont démissionné pour protester contre la mesure injuste de l'AP.

Le Coordinateur Spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient Nikolaï Mladenov a également exprimé sa préoccupation devant la décision :

Depuis dix ans, les Palestiniens de Gaza ont vécu quatre guerres, l'absence de libertés, des restrictions israéliennes sans précédent, une grave crise humanitaire, un chômage élevé, les coupures d'électricité, et l'absence d'avenir politique.

Alors que le gouvernement palestinien a besoin d'assurer son équilibre fiscal dans ds conditions économiques de plus en plus difficiles, il importe que les réformes ou décisions de réduction des dépenses soient équitablement réparties et prises en tenant compte de la rudesse des conditions dans lesquelles vit la population de Gaza.

La Bande de Gaza subit d’inhumaines conditions économiques et de vie, résultat de 10 ans de blocus imposé par le gouvernement israélien depuis la victoire de Hamas aux élections parlementaires de 2006 ainsi que des multiples offensives militaires d'Israël contre le territoire, dont la plus récente a eu lieu pendant l'été 2014.

Caricature sur la situation à Gaza. #MassacredesSalaires

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