Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Mali : des élections déterminantes en 2018

Opération Barkhane en contact avec la population dans le Sud du Mali par TM1972 – CC-BY-4.0

Un nouvel affrontement entre les forces Barkhane (l’opération de maintien de la paix par les forces françaises) et un groupe jihadiste dans le nord du Mali lors du weekend pascal met en lumière l’insécurité durable qui s’est installée dans le pays, à quelques mois d’élections déterminantes.

« Pas de trêve pascale au Mali » titrait Ouest France. Et pour cause, de violents affrontements ont opposé des djihadistes et combattants pro-régime ce weekend. Une opération de reconnaissance et de contrôle menée conjointement par les forces françaises et des miliciens du MSA-GATIA, un groupe armé qui soutient le gouvernement de Bamako à la frontière entre le Mali et le Niger a ainsi mené à l’élimination de 30 membres d’un groupe armé terroriste. Aucun soldat français de l’opération Barkhane n’a été tué ou blessé, lors des affrontements.

Des inquiétudes persistantes

La réussite de cette opération – comme la plupart des opérations récentes – prête à un certain optimisme, et pourtant, loin de s’apaiser la situation au Nord-Mali stagne depuis des années. Depuis 2013 les groupes djihadistes ont été éparpillés, chassés du nord du Mali. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des autorités – malgré le soutien déterminé de l’armée française. En outre, profitant du chaos laissé par les affrontements, le banditisme a aussi sensiblement progressé comme l’a souligné l’assassinat récent d’un caporal par des inconnus en plein Tombouctou.

Plus grave, le confit déborde désormais sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger. Si bien que l’ONU a mis en garde contre l’insécurité qui :« continue à se développer et gagne de façon progressive le centre du pays » dans un récent rapport. Avec comme crainte plus globale une implantation durable de l’Etat islamique dans le Grand Sahara. L’ONU souligne:

 Des pertes de contrôle territorial, ajoutées à une fragmentation croissante des groupes armés [loyalistes] en fonction de leurs ethnies ce qui mène au développement de groupes armés non-signataires. Ces divisions croissantes représentent aujourd’hui la plus grande menace à l’application de l’accord d’Alger de 2015 et plus largement pour la paix.

Ce texte, signé par l’état malien et l’alliance de groupes armés rebelles touareg et arabes, était censé accompagner la dé-escalade des violences. Seulement, d’après le témoignage d’un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat, la situation n’avance pas non plus sur ce plan. Et les retards actuels sont imputables à « toutes les parties ».

Des élections déterminantes 

Une des portes de sorties envisagées au blocage actuel sont les élections présidentielles prévues dans quatre mois. Si elles ont le potentiel d’apaiser certaines de ces tensions, elles pourraient aussi envenimer la situation encore un peu plus si le scrutin n’est pas crédible. Du fait de la situation du pays, il demeure en effet des incertitudes – en premier lieu, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta va-t-il se présenter à sa propre succession ? Au-delà des questions politiques, il existe aussi des difficultés techniques : comment procéder à l’identification des près de 7 millions d’électeurs ? Comment procéder à une collecte puis une transmission non contestable des résultats ?

Le comité de pilotage des élections a promis « la mise en place d’un système d’authentification biométrique de la carte d’électeur », mais ce projet s’est attiré les critiques de la part de l’opposition, qui l’estiment cher (54 millions d’euros hors taxe) et difficilement réalisable dans les temps.

L’offre retenue me semble difficile, sinon impossible, à mettre en place à quatre mois du scrutin sur un territoire où la couverture Internet et d’électricité reste faible.  On pourrait tout aussi bien s’orienter vers une solution peu coûteuse avec l’usage d’encre indélébile et la signature de registres, comme en France.

 concède un proche conseiller du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site