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Voces de Mujeres [Voix de femmes]: “Prendre la parole est un acte révolutionnaire”

La seconde édition [du projet Voces de mujeres raconte] les histoires de ces militantes du genre, femmes indigènes, poétesses, journalistes, footballeuses, boxeuses, activistes pour la protection du territoire et de la nature, motocyclistes, sportives, coursières à vélo, guérisseuses, sages-femmes, bisexuelles et de celles qui ont perdu la vie à cause de violences. Capture d’écran de la vidéo souvenir des ateliers, disponible sur YouTube.

Voces de Mujeres : des histoires qui nous transforment est un laboratoire multimédia qui cherche une nouvelle façon de raconter des histoires sur des femmes qui influent sur leur environnement social et le modifient. Pour les organisatrices, les conventions de genre sont une clé importante pour comprendre comment est perçu le rôle des femmes dans la société et comment les narratifs qui décrivent cette participation ont été élaborés.

Une vidéo du projet disponible sur YouTube met en scène les images et les témoignages de la seconde édition qui a eu lieu en 2017. La réalisation de ce projet a rassemblé des femmes et des militantes du genre de milieux différents et a servi de base à d’autres projets ayant pour but de raconter les histoires  de ces « femmes indigènes, poétesses, journalistes, footballeuses, boxeuses, militantes du genre, activistes pour la défense du territoire et de la nature, motocyclistes, sportives, coursières à vélo, guérisseuses, sages-femmes, bisexuelles et de celles qui ont perdu la vie à cause de violences ».

Eloísa Diez, une des organisatrices, nous explique :

Trabajamos con mujeres y disidentes de género en un laboratorio multimedia donde reflexionamos sobre cómo el género afecta la manera en que se han contado nuestras historias, construyendo narrativas y apropiándonos de la tecnología para visibilizar el rol transformador que tenemos.

Nous travaillons avec des femmes et des militantes du genre dans un laboratoire multimédia où nous analysons de quelle manière le genre influe sur la façon de raconter nos histoires, en élaborant des schémas narratifs et en nous appropriant les technologies qui nous permettent de mettre en évidence le rôle moteur que nous tenons dans ces changements.

Porteuses des sagesses ancestrales, guérisseuses et gardiennes du territoire

Les projets de Voces de Mujeres sont nombreux et l’objectif des ateliers est d’ouvrir des espaces de discussion et de donner des outils à celles qui y participent, pour raconter des histoires qui transforment. Actuellement, dans le cadre de la dynamique de Voces de Mulheres le mot-clé est élargir :  il faut que les participantes travaillent sur les projets d’autres femmes et d’autres militantes du genre, plutôt que sur leurs propres projets. C’est la condition essentielle.

Le travail de Judzil Palma Ortega en est un bon exemple avec son portrait vidéo de Rosalía Méndez Xool. Rosalía est une femme maya du Yucatán, rompue aux pratiques médicinales traditionnelles qui s’imposent aujourd’hui face aux changements découlant des évolutions culturelles mexicaines de la modernité. Ce témoignage met en évidence l’importance de la transmission orale des connaissances qui ont bénéficié aux générations passées et qui peuvent continuer à soigner et nourrir celles d’aujourd’hui :

Esta mujer representa a las mujeres mayas actuales que contribuyen a que la cultura maya resista a los constantes cambios que ocurren en la cultura. Rosalía, nos enseña la importancia de la transmisión oral de estos conocimientos, ya que el uso de plantas en la alimentación y en sus prácticas medicinales han sido favorables para las generaciones pasadas, y las actuales, además de que han mantenido un equilibrio con el medio ambiente.

Cette femme représente les femmes mayas actuelles qui contribuent à ce que la culture maya résiste aux nombreux changements culturels. Rosalia insiste sur l’importance de la transmission orale de ses connaissances, car l’utilisation des plantes dans l’alimentation et les pratiques médicinales, au-delà des bienfaits qu’elles ont apportés aux générations passées et présentes, préservent l’équilibre environnemental.

D’autres expériences, comme celle de Mikeas Sánchez, sont en lien avec la protection des patrimoines culturels et la préservation du territoire. Dans cet extrait audio que l’on peut écouter sur SoundCloud, Azalia Hernández s’entretient avec Mikeas et examine le rôle des femmes dans la communauté Zoque (qui se trouve dans les États mexicains de ChiapasOaxaca et Tabasco) et qui ont la charge des nouvelles générations et de leur éducation conformément aux traditions de la communauté :

Mi abuela nunca aprendió español. Tuvo miedo del olvido de sus dioses. Tuvo miedo de despertarse una mañana sin los prodigios de su prole en la memoria. Mi abuela creía que solo en [lengua] zoque se podía hablar con el viento. [Mi abuela y mi madre] eran mujeres de fuerte carácter [aunque no tuvieran] la posibilidad de acceder a la educación [formal]. Para mi fueron un ejemplo claro de lucha y de justicia social […] Siempre me educaron para conocer toda la filosofía del pueblo zoque.

Ma grand-mère n’a jamais appris l’espagnol. Elle craignait d'oublier ses dieux. Elle craignait de se réveiller un matin, la mémoire vide de toutes les grâces de ses enfants. Ma grand-mère croyait qu’on ne pouvait parler au vent qu’en [langue] zoque. [Ma grand-mère et ma mère] étaient des femmes fortes [même si elles n’ont pas eu] accès à l’éducation [formelle]. Elles ont été pour moi un véritable exemple de lutte et de justice sociale […] Elles m’ont appris à tout savoir de la philosophie du peuple Zoque.

D’autres extraits sonores racontent des histoires de femmes qui apprennent à d’autres femmes à se familiariser avec les différentes et nombreuses manières de prendre soin de leur corps au moment de l’accouchement. Cet extrait s’appelle Femmes qui accouchent et on y découvre les connaissances des femmes sur leur propre corps, le fait qu’elles savent accoucher et « qu’il y a autant de façons de le faire qu’il y a de femmes ».

On trouve de nombreux extraits sonores, vidéos, mais aussi des témoignages d’autres projets sur les réseaux de Voces de Mujeres et dans les archives où sont rassemblés les projets réalisés pendant le programme. On y entend les voix de jeunes joueuses de football originaires des communautés mazahuas, de femmes boxeuses, de « clitoridiennes », de jeunes journalistes, de coursières et bien d’autres encore.

L’expérience Voces de Mujeres, dure depuis environ six mois et lors de sa dernière édition a rassemblé plus de 20 femmes et militantes du genre. Les associations organisatrices comme Luchadoras, La Sandia Digital, SocialTIC, Subversiones et WITNESS [fr] ont apporté leur soutien basé sur leurs activités axées sur la communication pour le changement, la maîtrise de la technologie, les efforts communautaires et les langages de production multimédia du point de vue du genre et du féminisme.

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