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L'histoire du samouraï qui promène son chat

‘Warrior takes armoured cat for a walk’

‘Un guerrier promène un chat en armure’ (着甲武人猫散歩逍遥図) par Noguchi Tetsuya, 2014. Image circulant sur les médias sociaux.

Il existe une image partagée de multiples fois sur les réseaux sociaux ces dernières années, généralement sans attribution. On y voit un samouraï déchaussé promenant un chat en armure. Le samouraï porte un casque avec des oreilles de chat, et l'image semble patinée et ancienne, et dater peut-être du Japon médiéval.

Les interprétations de ce qui est représenté sont variées :

Ma peinture préférée du conquérant mongol Genghis Khan

En réalité, cette peinture est une création de l'artiste japonais Tetsuya Noguchi, dont la spécialité est de représenter des samouraïs dans des situations inattendues et souvent comiques.

Il semble avoir maîtrisé les techniques traditionnelles pour reproduire en tous ses détails une armure qui ne déparerait pas dans un musée.

Dans un article publié par le web-magazine artscape Japan, consacré à la scène artistique japonaise, Alan Gleason a surnommé ce style “surréalisme samouraï”. Il s'en explique :

Every few years an artist gains cachet with pictures of hamburger-munching geishas and the like, painted in the fashion of ukiyoe or Nihonga. Though the gimmick is fun the first time, after a while it gets pretty predictable — good for a laugh or two, but hardly the trenchant commentary on “traditional vs. modern” that the artist usually proclaims it to be.

The best practitioners of this genre (Masami Teraoka comes to mind) make it work not because of the obvious satire, but because of their mastery of the classical art form used to set up the spoof. And once in a while the artist's technique is so exquisite that it elevates the work entirely out of the realm of parody, however droll the subject matter.

Tetsuya Noguchi's work is just such an example.

Tous les deux ou trois ans, un artiste se distingue avec des images de geishas mastiquant des hamburgers et autres du genre, peintes à la manière Ukiyo-e ou Nihonga. Si le procédé est amusant la première fois, il devient assez prévisible au bout d'un moment. On rit une ou deux fois, mais ça n'a rien du propos incisif “tradition contre modernité” auquel l'artiste prétend habituellement.

Les meilleurs pratiquants du genre (on pense à Masami Teraoka) le font fonctionner non pas par la satire évidente, mais par leur maîtrise de la forme artistique classique utilisée pour créer la parodie. Et de temps en temps la technique de l'artiste est si raffinée qu'elle fait entièrement sortir l’œuvre du royaume du travestissement, aussi drôlatique que soit le sujet.

Le travail de Tetsuya Noguchi en est un parfait exemple.

Parmi les autres œuvres de cet artiste tokyoïte, se trouve cette sculpture naturaliste d'un samouraï revêtu d'une armure en forme de coccinelle :

[EN CE MOMENT] “Humain antique” de Tetsuya Noguchi. Là où sont les Samouraïs. Un monde ancien mais nouveau.

Outre ses fréquentes apparitions sur Twitter, le travail de Noguchi est fréquemment montré au Japon. Son exposition ‘From Medieval With Love‘ (‘Bons baisers du Moyen-Âge’) est visible en ce moment à l'annexe du musée Pola à Ginza (Tokyo).

Statues humoristiques de guerriers : Tetsuya Noguchi expose ses sculptures grand format à Ginza à partir de demain ([le 13 juillet  2018).

Ce court documentaire de 2017 décrit son processus créateur (en japonais, sous-titré en anglais par YouTube) :

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