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Au Sri Lanka, le nouveau Premier ministre contesté est provisoirement écarté de son poste par une Cour d'appel

Image via la page Facebook de Groundviews. Utilisée dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

[Article d'origine publié en anglais le 5 décembre 2018 ]

La lutte pour le pouvoir entre le Premier ministre sri-lankais renvoyé Wickremesinghe et son successeur tout juste nommé Rajapaksa est montée d'un cran. Le 3 décembre 2018, une Cour d'appel sri- sri-lankaise a émis une injonction provisoire écartant Rajapaksa de son poste de premier ministre jusqu'à l'audition de la requête qui conteste sa nomination.

Le Premier ministre déchu Ranil Wickremasinghe, accompagné de 121 autres députés a demandé en justice le mois dernier une ordonnance de Quo Warranto, qui obligerait Rajapaksa à démontrer quelle autorité l'habilite à exercer les fonctions de premier ministre. Les demandeurs ont déclaré que Mahinda Rajapaksa n'y était pas habilité malgré le le rejet par le Président Maithripala Sirisena de deux motions de défiance à l'encontre de Rajapaksa.

La Cour d'appel a émis une injonction provisoire restreignant les fonctions du Premier ministre Mahinda Rajapaksa et de son gouvernement en attendant que la requête soit auditée. Et a aussi émis pour les 49 membres du gouvernement et le Premier ministre des avis à comparaître le 12 décembre pour l'audience de la requête

Sri Lanka : Le dommage qui pourrait résulter de la restriction au fonctionnement d'un gouvernement légitime serait en toute probabilité dépassé par le dommage causé en autorisant un groupe de personnes non habilitées légitimement à agir comme Premier ministre et ministres, a prononcé le juge Surasena

Les Sri Lankais ont été nombreux à se réjouir du jugement :

Quelle différence pour un pays quand ses tribunaux fonctionnent, et sont efficaces ! La plus grande des victoires grâce à #CoupLK : et s'ils tiennent jusqu'au bout, je dirais que ça valait la peine de lutter et de faire le putsch. Un peu de secousses et de désordre amène un plus grand bien !

Les quelques dernières semaines ont vu une justice dynamique en actes – pas seulement les tribunaux au sommet mais aussi ceux de base – dans les affaires de droit public comme de droit pénal. Un moment de fierté pour ceux qui tiennent à l'Etat de droit et à l'indépendance de la Justice dans notre pays

Rajapaksa a tweeté qu'il irait devant la Cour suprême pour contester ce jugement. Dans une autre déclaration, il a appelé à des élections anticipées pour régler le conflit, confiant dans ses chances parce que son parti a balayé les élections locales en février 2018.

“Nous ne sommes pas d'accord avec la décision rendue par la Cour d'appel, car les questions constitutionnelles sont décidées en dernier ressort par la Cour suprême. Nous formerons un recours demain.”

Patali Champika Ranawaka, ex-ministre de Megapolis & Développement occidental au Sri Lanka, a fustigé l'appel de Rajapaksa à des élections :

Mahinda Rajapaksa ne doit pas continuer à produire des déclarations et à demander des élections générales pour résoudre cette crise, qu'il a lui-même créée. Démissionnez simplement de votre poste illégitime de premier ministre. Une affaire de cinq minutes !

Pendant que le processus de décision de quel premier ministre détiendra finalement le poste traîne en longueur, les citoyens continuent à manifester :

A Rise Up #Negombo, nous avons parlé avec un groupe de jeunes séminaristes, tous de moins de 20 ans. Nous leur avons demandé pourquoi ils étaient venus : “Par amour de notre pays”.

Des images enthousiasmantes de manifestations citoyennes venues du Sri Lanka, où la société civile résiste à la saisie inconstitutionnelle du pouvoir par Rajapaksa.
Les femmes marchent sous la pluie, dépliant un long sari devenu une banderole avec des slogans pour la démocratie.

Rohan Samarajiva appelle cette crise au Sri Lanka une collision frontale entre constitution et féodalisme. Il écrit sur un blog :

It appears that the political elite’s dalliance with Constitutionalism has about run its course, sixty years after Independence. We are reverting to our native Feudalism: not just the ruling family but large swaths of the populace, including opinion leaders and intellectuals.

Il semble que le flirt de l'élite politique avec le constitutionnalisme est en train d'arriver à bout de course, soixante ans après l'indépendance. Nous retournons à notre féodalisme originel : pas seulement la famille régnante, mais de larges pans de la population, y compris les leaders d'opinon et les intellectuels.

Sarmini Serasinghe appelle tous les Sri-Lankais à se lever avant qu'il soit trop tard.

The time has come for each and every citizen of Sri Lanka, irrespective of social and professional status, to rise in peace and defend the sacred institution of Democracy in our country before it’s too late. It’s our right and moral duty as its citizens.

Le moment est venu pour tous les citoyen.ne.s du Sri Lanka, quel que soit leur statut professionnel ou social, de se soulever pacifiquement pour défendre l'institution sacrée de la démocratie dans notre pays avant qu'il ne soit trop tard. Ce notre droit et notre devoir moral de citoyens.

Dans l'intervalle, des questions concrètes ont commencé à surgir : par exemple, le titre à donner à Rajapaksa :

Cet article indique la couverture de la presse en cinghalais, tamil et anglais du 1er au 3 décembre à propos du poste tenu par Mahinda Rajapaksa. De nombreux journaux continuent à identifier Rajapaksa comme le Premier ministre. Quel est votre avis ?

Après le vote le 14 novembre par le parlement d'une motion de non-confiance, le 16 le président [du Parlement] a publié une déclaration officielle disant que la motion était adoptée et que le gouvernement était dissous. Est-il convenable que les journaux continuent à appeler Rajapaksa Premier ministre ?

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