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Le blanchissement des coraux de Tobago indique qu'il n'existe « aucune alternative » à la lutte contre la crise climatique

Corail corne de cerf blanchi. Photo de Matt Kieffer, CC BY-SA 2.0.

Les récifs coralliens de Tobago font partie intégrante de l'écosystème marin de l'île et de son économie. Non seulement ils abritent de nombreuses espèces marines (et sont une source majeure de poissons pour les pêcheurs locaux), mais ils protègent également le littoral de l'érosion due aux vagues et de l'impact des tempêtes tropicales. De plus, les endroits populaires comme la barrière de corail de Buccoo sont très prisés des touristes.

Mais depuis le communiqué de presse émis le 22 août 2019 par l'institut des Affaires maritimes du pays (IMA), tous les regards sont tournés vers l'île. En effet, celui-ci rapporte que, suite aux observations du programme Coral Reef Watch de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA), les récifs coralliens de Tobago ont été placés en « alerte de blanchissement de niveau un ». Il est tout à fait possible que l'alerte de blanchissement atteigne le niveau deux en quelques semaines, ce qui menacerait non seulement l'existence même des récifs, mais aussi les espèces marines et les hommes.

Qu'est-ce que le blanchissement ?

Les coraux abritent des algues symbiotiques avec lesquelles ils coexistent. Ils les aident à stocker des nutriments et à éliminer leurs déchets. En échange, les algues fournissent aux coraux l'énergie dont ils ont besoin. Cependant, des variations considérables de la température de l'eau peuvent menacer cette relation de coopération.

Lorsque l'eau devient trop chaude (ou trop froide), le corail expulse l'algue, et avec cela, sa principale source de nourriture. Le corail finit ainsi par mourir de faim. Le signe extérieur le plus visible de ce phénomène est la perte de couleur du corail, qui passe de teintes brunes et vertes à la couleur ivoire d'un squelette.

L'alerte de blanchissement de niveau un signifie qu'il y a de fortes chances que les coraux commencent à blanchir. L'IMA a ainsi recommandé aux biologistes et aux habitants de guetter les signes de blanchissement dans les prochaines neuf à douze semaines.

Un blanchissement de niveau deux serait signe de blanchissement généralisé des coraux et de mortalité du corail.

Quelle en est la cause ?

Selon Anjani Ganase, spécialiste locale en écologie des récifs coralliens, le principal coupable du blanchissement des coraux à Tobago est l'augmentation de la température de l'eau, qui elle-même résulte du changement climatique.

Mme Ganase a expliqué par e-mail que les océans absorbent la majeure partie de la chaleur de l'atmosphère, ce qui entraîne ainsi un réchauffement de l'eau, et notamment des étendues d'eau peu profondes telles que la mer des Caraïbes.

En réalité, les perspectives de NOAA sur douze semaines vont au-delà de Tobago et s'étendent jusqu'aux récifs des Petites Antilles. D'autres récifs dans la région, notamment dans certaines parties des Grandes Antilles et de Cuba, sont déjà placés en alerte de blanchissement de niveau deux :

Quel est son impact ?

Le blanchissement des coraux est une menace considérable. Étant donné que les récifs fournissent aux poissons un habitat leur offrant nourriture et abri, abri d'autant plus important pour leurs petits qui ne sont pas encore prêts à survivre dans le vaste océan, le fait de perdre ces coraux aura des conséquences sur les capacités de survie des espèces de poissons. Ces effets se feront également ressentir sur la subsistance des pêcheurs locaux.

Tobago dépend énormément de son industrie touristique locale : ses récifs attireraient environ quarante pour cent des touristes de l'île. Si le blanchissement des coraux persiste, il y aura moins de récifs florissants à explorer et fort probablement, une diminution des revenus du tourisme, ce qui touche tout un ensemble d'industries liées à l'hôtellerie : hôtels, restaurants, services de transport et tour-opérateurs.

Comble de l'ironie, les tempêtes tropicales étant de plus en plus violentes en raison de la crise climatique, nous avons plus que jamais besoin des récifs pour absorber la force de la houle et créer une barrière protectrice entre l'océan et le littoral, alors que ceux-ci sont eux-mêmes mis en péril par le réchauffement planétaire.

Des études montrent que les barrières de corail protègent environ quatre-vingt-dix pour cent du littoral de Tobago de l'érosion due aux vagues.

Dans un discours liminaire prononcé dans le cadre de l'Année internationale des récifs coralliens à l'Université des Antilles en 2018, le professeur John Agard a déclaré que l'importance de cette fonction augmenterait avec l'intensification des tempêtes et la montée du niveau de la mer.

Comment y mettre fin ?

Mme Ganase déclare que l'absence de gestion adéquate ayant laissé libre cours à la surpêche et à la pollution a aggravé le blanchissement des coraux de Tobago. Si cela continue, explique-t-elle, une gestion et une protection active seront nécessaires à une restauration complète et à une bonne croissance :

Ideally, coral reefs should be closedto the public and placed intoan intensive recovery programme to ensure healthy fish communities and water quality that will support coral growth and recruitment.

Idéalement, les récifs coralliens devraient être fermés au public et inclus dans un programme intensif de restauration qui garantirait la qualité de l'eau et favoriserait les communautés de poissons florissantes pour encourager la croissance du corail et son recrutement.

Elle a ajouté :

Individual actions to reduce our carbon footprintare are always warranted but we also need citizens to demand more action from our governmentto provide the infrastructure, resources and education for climate conservation and adaptation. Communities need the support to manage and conserve our natural resources not just from governments but from businesses and corporations that also utilise these resources. 

Les actions individuelles pour réduire notre empreinte carbone sont toujours justifiées, mais nous avons aussi besoin que les citoyens demandent à nos gouvernements d'engager davantage d'actions pour fournir les infrastructures, les ressources et les informations nécessaires à la préservation et à l'adaptation du climat. Les communautés ont besoin de soutien pour gérer et préserver nos ressources naturelles, non seulement des gouvernements, mais aussi des entreprises et des grandes sociétés qui utilisent aussi ces ressources

Les gouvernements régionaux de l'île doivent exiger avec urgence un effort international pour lutter contre la crise climatique. Le 11 septembre 2019, la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a traité la question au siège des Nations unies à Genève, et a pressé les grandes nations de faire davantage pour lutter contre le changement climatique. Elle a ajouté que les îles des Caraïbes « n'ont pas le luxe de pouvoir s'y investir parce que [nous] sommes trop occupés à essayer de survivre ».

Mme Ganase convient de l'urgence de la situation. Selon elle, toute forme d'assistance pour lutter contre le changement climatique et le blanchissement des coraux, notamment au niveau politique, « exige des efforts ».

It's not going to be easy as seen internationally, but there is really no alternative.

Comme nous pouvons le voir internationalement, cela ne sera pas chose facile, mais il n'y a vraiment aucune alternative.

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