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Ossétie du Sud : Photos et reportages depuis Tskhinvali

Le 21 août, la Columbia Journalism Review a publié , sous la signature de Julia Joffe, un panorama des blogs de différents journalistes russes couvrant la guerre en Ossétie du Sud. Son article présente des reportages des utilisateurs de LiveJournal krig42 (le reporter de la Komsomolskaya Pravda Dmitri Stechine) et ep-news (Evgueni Poddoubny, correspondant de TV Center) ; sont également cités m-romanoff (Mikhaïl Romanov, en collaboration avec Ilya Barabanov), barabanch – un reportage depuis Tskhinvali à The New Times Weekly (en russe), ainsi que la correspondante du Moskovski Komsomolets Irina Kursenkova.
Ci-dessous, quelques autres billets parus sur les blogs de journalistes russes et nord-ossètes, avec des photos et des compte-rendus de ce qu'ils ont vu à Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, tout au long de la semaine dernière.
voinodel (Vadim Rechkalov, correspondant de guerre de Moskovski Komsomolets) a publié sept photos de Tskhinvali, prises de différents points de vue, et a écrit ceci (en russe) :
Je vous présente Vitalik. C'est un bon ami, qui est venu tout droit de Khankala (en anglais), une base militaire russe près de Grozny], pour défendre l'Ossétie du Sud. Vitalik et moi allons maintenant vous emmener pour une petite visite guidée de Tskhinvali en ruines.
[photo de Vitalik]
Vous pouvez photographier Tskhinvali ainsi :
[une photo en gros plan de deux chars détruits à côté d'un immeuble résidentiel]
ou comme ceci :
[photo des mêmes deux chars depuis un angle différent]
mais si vous les photographiez comme cela ?
[quatre prises de vues panoramiques de Tskhinvali depuis une colline dominant la ville]
Il y a quatre pages de commentaires sur le billet de Rechkalov. A un moment, le journaliste a estimé nécessaire d’expliquer ce qu'il essayait de démontrer (en russe) quand il a publié les photos :
Ce billet n'a qu'un seul message, tout à fait délibéré et clairement défini. Au cas où quelqu'un aurait oublié les informations des deux premiers jours. Quand Tskhinvali a été appelé le deuxième Stalingrad et qu'on avait dit que la ville n'existait plus. Et tout le reste.
[…]
J'ai l'impression que certains commentateurs qui sont si soucieux de la Patrie qu'ils seraient heureux de ne rien voir d'autre sur ces photos que les fondations [des bâtiments]. Qu'est-ce qui ne va pas chez vous, les gars ? Vous êtes fous ?  Avez-vous déjà habité, vous-mêmes, dans un immeuble réduit à ses fondations ?  Et vous êtes-vous lavés dans un gobelet, avec toute votre famille ? Si on n'a pas confirmé 2000 morts, mais, disons, seulement 300, ça ne vous plaît pas ? Il vous en faut 2000 ? Ou, encore mieux, 10 000 ? Pour que vous puissiez écraser les Géorgiens ? C'est vous qui allez les combattre ? Non, c'est le soldat Bogdanov […]. Et vous allez continuer [à publier des commentaires], sans vous rendre compte que parmi ceux qui ont défendu Tskhinvali il y avait aussi des Géorgiens, et ils étaient de bons combattants, et les gens les respectent.  Parce que l'ethnie n'a rien voir là-dedans.
Il y a un message dans ce billet – Tskhinvali n'est pas Stalingrad. Et vous ne devriez pas utiliser en vain des mots comme Stalingrad. […]
pro100_petrov a publié huit photos de Tskhinvali et a écrit (russe) :
[…] en deux mots : oui, la phrase «a été effacée de la surface de la Terre» est exagérée si on l'applique à cette ville. Il y a des immeubles qui n'ont pas été trop endommagés. Maintenant qu'on y a remplacé les vitres, ils ressemblent à ce qu'ils étaient avant la guerre.
[photo]
Mais en général, la ville ressemble à ça :
[trois photos, la dernière d'une école de Tskhinvali]
[photo de l'hôtel Alan : «Des journalistes étaient cachés dans la cave. […] Les dégâts sont importants.»]
[photo d'une maison en ruines : «Et ça, disent-ils, c'est le résultat du [système de fusées à lancement multiple Grad]. Dites, les militaires ! C'est vraiment des Grad ?»]
[photo d'un char : «Un char géorgien détruit. Il y en a plein comme ça dans toute la ville. A côté du char, il y a un Géorgien mort couché dans les buissons. Il y en a aussi beaucoup ici. […]»]
[photo de gens sur et autour d'un char : «Des irréguliers ossètes. Ils se font prendre en photo à côté de chars détruits avec des téléphones portables qui ne marchent pas.»]
alan_tsurkhbaev (le journaliste nord-ossète Alan Tskhurbaev) a eu l’échange suivant (en russe) sur le degré de destruction à Tskhinvali avec pro100-petrov dans la section de commentaires d'un de ses billets ;
pro100-petrov :
[…] Les tours dans la partie sud [de la ville] ont certes été gravement endommagées. Mais je n'irai pas jusqu'à dire que seulement la moitié des immeubles sont inhabitables. Je pense que c'est 70 à 80 %. Ca dépend de ce que vous considérez comme inhabitable. Si un missile fait un trou dans le mur du bâtiment, mais que la cave et une chambre sont intactes, est-ce qu'on dira que c'est inhabitable ou pas ?
alan_tskhurbaev :
En effet, ce n'est pas une question facile. Précisons qu'il y a un grand immeuble de neuf étages avec un énorme trou sous le toit, fait par un missile. Il y a des gens qui habitent cet immeuble, beaucoup de gens. Cet immeuble devrait-il être considéré comme détruit ou inhabiltable, ou non ? D'autant plus qu'il est probable que le trou existe depuis 1991…
Mais le principal est que Tskhinvali m'avait l'air d'une ville vivante, ni désertée ni détruite, selon la description des médias.
slonopatam a publié une photo de deux femmes âgées posant à côté d'un char détruit au centre de Tskhinvali. Voici le commentaire de  butttto :
La vie continue… Les vieux le savent mieux que les jeunes…
liza-valieva (la journaliste nord-ossète Liza Valieva) a publié trois photos et écrit ceci à propos des efforts pour nettoyer la ville :
[photo]
L'une des premières photos prises à Tskhinvali. Des prisonniers géorgiens, avec des habitants de Tskhinvali, nettoient la ville.
Comme me l'a dit un des officiels du ministère des affaires intérieures d'Ossétie du Sud, les prisonniers géorgiens étaient autorisés à se laver, étaient nourris puis emmenés nettoyer Tskhinvali et les environs. «Qu'ils nettoient ce que leurs compatriotes ont saccagé», a-t-il dit.
Je pense que c'est une sage décision.
[photo]
Je suis entrée dans un des premiers magasins qui a rouvert à Tskhinvali, et où il n'y avait que des ballons colorés, du ketchup et de la mayonnaise. Les vendeuses discutaient avec animation. L'une d'elles m'a dit, consternée :
[photo]
- Vous avez vu les prisonniers géorgiens qui nettoient là-dehors ? Si quelqu'un de ma famille avait été tué, j'irais tuer l'un d'eux.
- Ils sont à plaindre, eux aussi, ai-je dit, en regrettant aussitôt mes paroles. J'imaginais la fureur qui allait s'abattre sur moi. Mais, à ma grande surprise, il n'en a rien été, elle a été immédiatement d'accord avec moi.
- Oui, je comprends, ils sont à plaindre, eux aussi.

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