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Haïti, Porto Rico : Une Journée internationale des femmes dédiée aux Haïtiennes

[Les liens sont en espagnol ou en anglais] La Journée internationale de la femme est célébrée dans le monde entier le 8 mars.  Cette année, la Journée internationale des femme fêtait aussi ses cent ans. A Porto Rico, comme dans de nombreux pays d'Amérique latine , la journée était dédiée aux femmes haïtiennes, pour honorer leur résilience, et les trois Haïtiennes féministes décédées durant le catastrophique séisme qui a dévasté Port-au-Prince le 12 janvier 2010: Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin.

Logo of the International Feminist Solidarity Camp in Haiti.Logo du Camp international de solidarité féminine en Haïti

A Porto Rico, la Coalition du 8 mars, qui réunit des associations citoyennes, féministes, politiques, a ouvert le blog 8 de marzo en Puerto Rico [en espagnol], qui donnait beaucoup d'informations sur la Journée internationale de la femme et les dizaines d'événements prévus pour cette commémoration. Même si des débats ont lieu sur la nécessité de célébrer ou non une “Journée des femmes”, il reste indéniable que l'inégalité, l'injustice et la violence envers les femmes sont des réalités dans le monde entier.

Flyer announcing March 8 activities in Puerto Rico. Affiche annonçant les rendez-vous du 8 mars à Porto-Rico

Ces jours-ci, les blogueurs de porto-Rico ont publié des billets sur diverses questions touchant à la condition des femmes. Sur Poder, Cuerpo y Género, la blogueuse féministe Nahomi Galindo rappelle le décès récent d'une prisonnière, dans une prison de l'ile :

Las instituciones carcelarias son sólo un ejemplo de formas de control social. Se ha comprobado que estas no reducen la criminalidad; por el contrario, crean un círculo vicioso que empieza en el estigma y termina en la reincidencia. Sin embargo, tanto el castigo como el estigma son peores para la mujer, pues al ser confinada transgrede tanto la ley como los roles que la sociedad le ha impuesto.

Les institutions carcérales sont un autre exemple d'une forme de contrôle social. Il a été prouvé que ces institutions ne réduisent en rien la criminalité. Au contraire, elles génèrent un cercle vicieux qui commence par la stigmatisation des prisonniers et finit avec la récidive. Mais la punition et les stigmates sont pires pour les femmes, car quand elles sont en prison, elles commettent une double transgression : elle transgresse la loi et le rôle que la société lui a assigné.

L'étudiante en droit et blogueuse Mariana Iriarte donne des statistiques sur la violence envers les femmes à Porto-Rico, et souligne la résilience et la force des victimes :

En Puerto Rico los indicadores de violencia doméstica y femicidios son alarmantes. Las estadísticas más recientes son del 2008 y revelan que 17,074 mujeres han sido víctimas de violencia doméstica, esto sin tener en cuenta los casos que no se reportan a las autoridades estatales; de esas 17,074 mujeres han muerto 26. A esto debe sumarse el maltrato institucional del cual somos víctimas. No es una novedad que la población que se ha visto más afectada por los despidos del sector público han sido las mujeres, muchas de ellas madres solteras único sustento del hogar.

Ante el embate de las políticas neoliberales de la actual administración las mujeres, aún siendo las más afectadas, hemos salido a la calle a luchar por nuestros empleos, comunidades, hijos e hijas, libertad sexual y reproductiva, entre muchos otras luchas que hemos dado y seguiremos dando. Parece ser que en los albores de un nuevo milenio las mujeres seguimos y seguiremos enfrentado los retos y desafíos que se le presentaron a las mujeres en siglos pasados.

A Porto Rico, les statistiques sur la violence à la maison et les meurtres de femmes sont alarmantes. Les statistiques les plus récentes datent de 2008: 17 074 femmes ont été victimes de violences  (il s'agit uniquement ici des cas où une plainte a été déposée), et 26 femmes ont été tuées. Nous devons ajouter à ces chiffres les cas d'abus institutionnels que les femmes subissent. Il est bien connu  que les femmes ont été les plus affectées par les licenciements dans la fonction publique, et beaucoup sont mères célibataires et chefs de famille.

Confrontée aux politiques néolibérales de l'actuel gouvernement, les femmes ont cependant défilé dans la rue pour défendre leur emploi, leur ville, leurs enfants, et leur liberté sexuelle et de mère. Il semble qu'au seuil d'un nouveau millénaire, les femmes soient toujours confrontées aux mêmes défis que durant les siècles précédents.

Sur Nananinas, Nana décrit les multiples rôles assumés par les femmes :

Cuando hablamos de mujeres trabajadoras no nos referimos únicamente a las que reciben remuneración por sus servicios. Cada una, desde su posición particular, realiza un trabajo necesario para la evolución de la sociedad. Las que crían a sus niños y niñas para que sean ciudadanos y ciudadanas útiles y concientes trabajan. Las que conducen autobuses trabajan. Las que cuidan a un familiar enfermo trabajan. Las que diseñan edificios trabajan. Las que imparten clases trabajan. Las que operan a personas enfermas trabajan. Todas somos trabajadoras.

Quand nous parlons de femmes qui travaillent, nous ne parlons pas uniquement de celles qui perçoivent un salaire. Dans leur rôle spécifique, chaque femme accomplit un type de travail indispensable au développement de la société. Les femmes qui élèvent leurs enfant pour qu'ils deviennent un jour des citoyens responsables sont des femmes au travail. Les femmes qui conduisent les autobus sont des femmes au travail. Les femmes qui prennent soin d'un proche malade sont des femmes au travail. Les femmes qui conçoivent des immeubles sont des femmes au travail. Les femmes qui enseignent sont des femmes au travail. Les femmes qui effectuent des opérations chirurgicales sont des femmes au travail. Nous sommes toutes des femmes au travail.

Ce travail des femmes qu'elle décrit est capital pour la reconstruction de Haïti, et un blog, Haiti Vox, le souligne :

Quand j'étais en Haïti, peu après le séisme, j'ai rencontré des responsables d'organisations féminines haïtiennes pour parler de leurs besoins les plus urgents et de la meilleure façon pour la communauté mondiale des femmes et des associations de les soutenir dans la réorganisation, et pour qu'elles jouent un rôle dans les débats et forums sur la reconstruction de Haïti.

La blogueuse Anne-christine d'Adesky a commencé par proposer une initiative mondiale de solidarité, avec l'aide des Haïtiennes de la diaspora, d'activistes féministes, et c'est ainsi que Poto Mitan: Reconstruire Haïti a été lancée. L'association se consacre à améliorer la distribution de l'aide d'urgence, des ressources et des fonds, à des programmes pour les femmes, les jeunes filles et les associations locales en Haïti. Elle promeut une approche féminine, dédiée au bien de la collectivité, des secours et de la reconstruction dans le cadre du programme plus vaste de reconstruction de Haïti.

Le groupe prévoit différentes activités  (plaidoyer, couverture médiatique, réseautage) afin de répondre aux besoins à long terme des femmes affectées par le tremblement de terre. Elles ont participé elles aussi aux événements organisés pour la Journée internationale des femmes. Plus d'informations sont disponibles sur le forum du groupe et de la communauté.

Janine Mendes-Franco a contribué à ce billet.

3 commentaires

  • Pour complémenter cet article :

    Pour des informations en français sur Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin, auxquelles le mouvement féministe d’Haïti rendait hommage le 8 mats, consultez : http://www.oregand.ca/veille/in-memoriam

    Il y a aussi un groupe facebook à leur mémoire (surtout en français) : http://www.facebook.com/group.php?gid=258802968556

    Le Camp de solidarité international Myriam Merlet, Anne-Marie Coriolan et Magalie Marcelin a été mis sur pied par le mouvement des femmes d’Amérique latine et des Caraïbes. Le 8 mars était lancé le site web du camp, en français, créole, anglais, espagnol et portugais :
    http://www.solidaridadfeministaayiti.org

    Le camp a aussi un groupe facebook (en anglais) :
    http://www.facebook.com/#!/group.php?gid=262277316594&ref=ts

  • Merci de ces précisions, Nicole.

  • .Pourquoi ne pas avoir confié ce mandat à des gens qui parlent la langue de l’Haïtien plutôt que de confier cette tâche à des gens qui ne peuvent communiquer avec les «indigènes». Pourtant il y a près de «7» millions de Québécois qui parlent la langue de ces gens et plus de 60 millions de Français qui peuvent agir aussi biensinon mieux que les Étatsuniens qui organisent le monde dans le désordre le plus complet. Ce n’est pas parce qu’ils sont près , géographiquement de «Haïti»,qu’on doit confier ce mandat à Bill Clinton qui ne pourra comuniquer avec ces gens. Lorsque nous disons que les Anglo-saxons veulent voir disparaître l’influience du français dans l’espace américain et dans le monde, il n’y a pas de moyen plus efficace que celui de prendre toute la place dans tous les domaines de la vie des peuples.L’exemple d’Haïti» en est le parfait modèle

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